‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 285 sur 607 · CONSTITUTION — CONSTITUTION CIVILE DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

CONSTITUTION — CONSTITUTION CIVILE DU CLERGÉ

visé en quatre départements. Le premier prenait le nom de département de l'Orient; le second, de département de l’Illyrie ; le troisième, de département de l'Italie; le quatrième, de département des Gaules. Chaque département se subdivisait en diocèses, chaque diocèse en provinces. Les départements étaient régis chacun par un préfet du prétoire, les diocèses par des vicaires ; des présides ou correcteurs administraient les provinces. L'empire romain se composait de 14 diocèses et d’environ 120 provinces. Les évêques des chefs-lieux des provinces, qu'on appelait méfropoles, prirent le nom de métropolitains. Ceux des chefs-lieux des diocèses furent appelés patriarches ou exarques, quelquefois primats : Rome, Antioche, Alexandrie et plus tard Constantinople, eurent des patriarches ; Éphèse, Césarée, Héraclée, Thessalonique, Sardes, Milan, Sirmium, Eborax, des exarques ; Carthage, un primat. En Espagne et dans la Gaule, où il n’y avait point de villes capitales , la plus haute dignité fut celle de métropolitain. On distinguait une primatie attachée au siége de Lyon, probablement comme le plus ancien de la Gaule, Ce titre était sans doute plutôt un honneur qu’une juridiction, Tous les évêques d'une province, qu’on nommait suffragants, furent soumis au métropolitain, tous les métropolitains d’un diocèse au patriarche ou à l’exarque, et le patriarche ou l’exa rque à l’assemblée des évêques du diocèse. En Espagne, dans la Gaule, où il n’y avait ni patriarche ni exarque, les métropolitains dépendaient de leurs suffragants réunis en concile. Le métropolitain (Nicée, 4° canon) confirmait dans le synode provincial ses suffragants élus par le peuple et le clergé de la ville où se trouvait le siége vacant. Le patriarche ou l’exarque (Nicée, 6° canon) confirmait les métropolitains élus par le clergé de la métropole. Dans les diocèses sans patriarches ou exarques, c'était de ses suffragants, réunis en concile 4t présidés par le plus ancien d’entre eux , que le métropolitain recevait l'institution canonique. Les patriarches et les exarques, élus de la même manière, étaient confirmés ou par les évêques du diocèse entier, ou seulement par ceux de la province dont le siége patriarcal constituait la métropole. é

Voilà comment se faisaient les promotions aux fonctions pastorales. Sans doute il y avait des exceptions, selon les temps et les circonstances, mais elles ne détruisaient point la règle. « Quelque effort que nous ayons fait, dit Thomassin, pour rechercher dans l’antiquité quelque trace de la police moderne de l'Église, qui a presque réservé au pape seul l'élection et la confirmation des évêques, il a néanmoins paru qu’au contraire presque tous les anciens évêques, surtout dans les patriarcats orientaux, montaient sur le trône épiscopal sans que le pape en fût même averti. Quoique après leur ordination ils lui écrivissent pour témoigner leur union avec le centre de la €ommunion catholique, ce n’était nullement pour obtenir de lui la confirmation de leur dignité, et ce n'était que les patriarches, les exarques et les primats qui devaient entretenir ce commerce de lettres avee l'Église de Pierre, qui est la source de l'unité. Tous les autres lui étaient unis par l'union qu’ils avaient avec leurs chefs. Depuis l’an 500, tous les patriarches écrivaient au pape aussitôt après leur ordination; mais ce n'était rien moins qu’une confirmation de l'élection que le pape donnait ou que les patriarches demandaient au pape; ce n’était qu’une civilité religieuse ou une respectueuse déférence que les premiers de tous les évêques rendaient à leur chef, et une protestation de leur invariable résolution de persévérer dans l'union sainte de la communion indivisible avec le saint siége. » Le pape ne confirmait que dans la préfecture romaine ou les provinces suburbicaires , la Campanie, la Toscane, l'Ombrie, le Picenum suburbicaire, la Sicile, la Pouille, la Calabre, la Corse, la Lucanie, et Valérie, qui formaient son patriarcat, où les choses se passaient comme dans les autres,

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