CONSTITUTION CIVILE DU CLERGÉ
constitution civile du clergé : tout à coup ils changèrent de direction, lorsque, entraînés par des évêques de l'assemblée, ils crurent que leur résistance combinée ferait échouer la loi nouvelle... Elle est étonnante, ajoute-til plus loin, la foule de témoignages consolants que nous avons reçus de ces églises étrangères, où la guerre avait empêché nos communications pendant plusieurs années, où par conséquent le clergé émigré avait eu le loisir d’égarer, d’empoisonner l’opinion ; et cependant des prêtres en très-grand nombre, des évêques catholiques, nous ont donné les gages les plus flatteurs de leur union. Enfin, Pie VII lui-même, étant évêque d’Imola, dit au général Girardon, qui dinait chez lui : J'ai lu et examiné la constitution civile du clergé en prêtre ilalien qui voulait la trouver mauvaise et la réfuter, je n'ai puy réussir. Si j'avais été prétre français : je l'aurais acceptée et signée. » Au concordat de 1801, il admit sans rétractation les évêques constitutionnels que Bonaparte désignaïit pour faire partie du nouveau clergé. Il est vrai qu’il lutta jusqu’au dernier moment. Il revint même à la charge , lors du sacre de Napoléon.
Suivant l'abbé Emery, supérieur du séminaire de Saint- Sulpice, La Providence n'a pas permis que l'Église constitutionnelle ait rien changé dans la doctrine ei Les rites de l’Église. Le fougueux abbé Barruel, qui avait {ant crié contre la constitution civile du clergé, disait, au rapport de Guyot, que Les prétres constitutionnels ne sont pas coupables ; qu’ils sont constamment demeurés attachés à la Joi catholique , apostolique et romaine. Guyot ajoute que les autres vicaires généraux de Paris avouaient de bouche que la constitution civile du clergé ne contenait que des objets de discipline. « On se tromperait, observe l'abbé Grégoire, en croyant que l’opposition aux réformes était uniquement inspirée par un zèle religieux. Ainsi que du temps de la ligue, souvent la religion servit de voile aux passions. Si l’Assemblée constituante, dirigée par une politique plus adroite , eût laissé au clergé, et surtout aux évêques, leurs bénéfices, leurs commendes, en sorte que la réunion des biens au domaine de l'État ne se fût opérée que par la mort des titulaires , la constitution civile leur eût paru trèsorthodoxe. Une preuve de cette assertion , c’est que plusieurs évêques avaient déjà commencé à organiser leur clergé conformément aux lois nouvelles. Les évêchés , les riches bénéfices, étaient une sorte de patrimoine pour les nobles; aussi les évêques et la plupart des ecclésiastiques qui tenaient à la noblesse par leur naïssance , à la cour par des faveurs obtenues ou attendues, refusèrent le serment : leur exemple entraîna des prêtres, qui les imitèrent jusque dans P. ation; mais le serment fut prêté par une grande partie de ce clergé qui, n'étant pas de la caste nobiliaire, étranger à ses prétentions, soupirait après le retour de la discipline primitive, et méditait de la replacer sur ses bases antiques; par son assentiment il sanctionna l'abolition des commendes et la suppression de titres sans fonctions et sans utilité pour l'Église. » Sur les châtiments justement éprouvés par le clergé insermenté, et principalement par les évêques , il est eurieux d'entendre l’un d’entre eux, Bausset, l’ancien évêque d’Alais et l'historien de Fénelon et de Bossuet. « L'aveu si général et si involontaire, dit-il, qui échappe à ceux même qui ont le plus souffert : qu'on a mérité ses malheurs ; qu’on a été injuste par l'excès même du bonheur; qu'on a été entraîné au murmure et à la révolte par caprice, par amourpropre, par légèreté, par esprit de mode, cet aveu seul dénote la justice de la Providence, qui a voulu étendre sa vengeance sur tous, parce que tous ont été plus ou moins coupables. »
« Les évêques, dit le marquis de Ferrières, membres de l'Assemblée constituante, les évêques se rapprochèrent des curés ; les dévots et les dévotes se mirent en mouvement, toutes les conversations ne roulèrent plus que sur le serment du clergé. On eût dit que le destin de la France et le sort