COLLÉGE — COLLÉGE DE FRANCE
teurs, auxquels on donne de l'importance en les versant dans le cœur d’un ami. Il y a aussi de jeunes vertus qui s'encouragent par la confidence des efforts que l’on fait pour échapper à la corruption. L'amitié devient ainsi de bonne heure une consolation et un secours. Je n’appelle pas de ce nom la participation aux mêmes fautes, aux mêmes folies, aux mêmes complots de collége. Dès ce moment l'amitié est quelque chose de saint; elle ne va qu'aux âmes pures. Aussi survit-elle au collége et se répand-elle sur tout le reste de la vie. L'amitié corrompue ne va pas au-delà des égarements qui l'avaient fait naître. «
Il y à un ami dont la pensée reste surtout profondément gravée ; cet ami, c’est le collége lui-même. Il n’est personne, je le crois du moins, qui ne garde avec délices le souvenir de son collége; on a présent à son cœur l'aspect de tous les lieux où s’écoula le premier âge. C’est un besoin de les revoir ; en les retrouvant on croit revenir à la vie; on baise volontiers ces murs autrefois redoutés, et quelquefois odieux. C’est qu’on a su ce que c'était que la liberté du monde, et après beaucoup de malheurs éprouvés, on se souvient avec plus de transports de cette tranquillité de l'âme, de cette innocence de vœux, de ces premiers combats de l’émulation, où se mélaient de vagues espérances sur un avenir trop tôt éprouvé. O enfants ! ce devrait vous être une leçon. Mais rien ne change, et la vie de l’homme s'écoule éternellement au travers des mêmes désirs et des mêmes regrels.
Laissez-moi dire qu’il y a en France 249 colléges communaux en 1869 (il y en avait 257 en 1867), sans COMmPter leslycées. Les colléges communaux sont des établissements d'instruction publique fondés et entretenus en fout ou en partie par les communes. Ces écoles dépendent du ministère de l'instruction publique quant à l’enseignement et au personnel des professeurs. Le chef d’un collége communal se nomme principal. Tantôt il est doté d’un traitement fixe, et alors il administre pour la ville où le collége est établi, tantôt il administre pour son compte, moyennant des conventions avec la commune, soit qu’il obtienne quelques avantages, par exemple la concession d’un local et une subvention annuelle, soit qu’il accepte certaines charges, par exemple l'admission gratuite d’un certain nombre d'élèves pensionnaires ou externes. Les professeurs des colléges communaux ont le titre de régents. Les colléges communaux sont plus modestes et plus peuplés que les lycées ; leur succès tient à la confiance envers le chef, que la localité connaît, Si le système communal était complet, il serait admirable, surtout pour donner de l'indépendance à l’éducation et de la variété aux études.
Il y a encore les colléges particuliers ou de plein exercice, maisons particulières d'éducation qui se distinguent par la force de leurs études ou quelque autre mérite. Ils jouissent des priviléges accordés aux lycées et aux colléges communaux ; les professeurs doivent être agrégés. Deux établissements de ce genre existent à Paris, le Collége Stanislas et le Collége Rollin. Ce dernier appartient à la ville de Paris. Les colléges particuliers ne peuvent recevoir d’externes dans les villes où il existe des lycées ou des colléges communaux. LAURENTIE.
COLLEGE (Sacré). On appelle ainsi le corps des cardinaux. Le nombre de ses membres est fixé par les constitutions pontificales à soixante-dix ; savoir : six cardinaux évêques, cinquante cardinaux prétres, quatorze cardinaux diacres. Il est rare que ce nombre soit rempli, et il y avait longtemps que ce fait ne s’était produit lorsque Pie IX, par une nomination de huit cardinaux , faite le 7 mars 1853, mit le sacré collége au complet, 11 est d’usage en effet à la cour de Rome d’avoir toujours quelques chapeaux en réserve pour les circonstances urgentes. C’est le sacré collége qui, assemblé en conclave, nomme le souverain pontife, C’est au sacré collége réuni en consistoire que le pape adresse ses allocutions, c’est là qu’il proclame les nouveaux cardinaux :
le sacré collége est donc en quelque sorte le conseil privé du pape, surtout pour les affaires de l’Église ; c’est dans le sacré collége qu’il va chercher les préfets des congrégations permanentes ou temporaires auxquelles il délègue une portion de son autorité spirituelle, Le sacré collége a vu surtout son influence grandir durant les querelles du saint Empire avec la chaire de Saint-Pierre, à l'époque du schisme d'Orient et à l’issue des conciles qui ont précédé la Réforme.
En Italie ses membres ne sont point soumis aux lois pénales, à moins que le cas n’y soit expressément énoncé. Le pape lui-même n’a d'action contre eux que pour hérésie, schisme, crime de lèse-majesté; et encore lui faut-il le consentement des membres qui se trouvent à Rome. En cas de schisme, le sacré collége a le droit de convoquer un concile général. Les membres du sacré collége sont exempts de toute contribution ordinaire ou extraordinaire, et peuvent transmettre leurs pensions, avoir leurs parents pour héritiers s’ils meurent infestats, accorder des iadulgences à qui bon leur semble, être crus sur parole et valoir en témoignage deux témoins. La chambre apostolique tient compte de 200 ducats par mois à ceux qui n’en ont pas 6,000 de revenus. Sous le titre de légats ils étaient, uvant 1870, commis par le pape au gouvernement des provinces de l'Etat ecclésiastique et aux fonclions de légats a latere ou de nonces auprès des puissances étrangères.
Au commencement de 1853, sur les 70 cardinaux qui composaient le sacré collége, 6 dépassaient 80 ans; 19 avaient de 60 à 70 ans, 24 de 50 à 60 ans, 8 de 40 à 50 ans. Le plus âgé des cardinaux avait 84 ans, le plus jeune, 41. Pour Ja nationalité 54 cardinaux étaient Italiens, 6 Français, 3 Autrichiens, 2 Espagnols, 2 Portugais, 1 Belge, 1 Anglais et 1 Prussien. A la fin de 1868, le sacré collège ne se composait plus que de 58 membres. Au commencement de 1873, ce nombre descendait à 44, ainsi répartis pour les diftérents pays catholiques : 33 Italiens, 4 Français, 3 Espagnols, 2 Autrichiens , 1 Anglais et 1 Prussien.
COLLEGE DE FRANCE. Cette institution eut pour fondateur François I, et suffirait seule à la gloire de ce prince. A l’époque où, par les conseils de Guillaume Parvi, son prédicateur, et du savant Budé, il jeta les fondements d’un établissement littéraire jusque alors sans exemple, la Sorbonneet l'Université élaient plongées dans l’ignorance. Uniquement occupés de disputes et de théologie scolastique, les docteurs et les professeurs employaient, enseignaient un latin barbare : ils étaient entièrement étrangers aux lettres hébraïques et grecques. On disait proverbialement dans les classes : « Cela est du grec pour moi, » afin d'exprimer qu’on ne pouvait lire ou comprendre quelque chose. Le fanatisme entretenait cette ignorance, Aussi, lorsqu’en 1530 François 1° institua les deux premières chaires du nouveau collége pour le grec et l’hébreu, ce fut un soulèvement général dans l’Université. Elle cita les professeurs royaux devant le parlement. Le syndic de la Faculté de Théologie, Noël Beda , plaida lui-même la cause de l’Université. Selon lui, « la religion était perdue si l’on enseignait le grec et l’hébreu : l’autorité de la Vulgate allait être détruite. » L'avocat Marillac plaida la cause des professeurs royaux, et la nouvelle institution fut maintenue.
Ce n’était pas seulement un motif de fanatisme et de jalousie qui animait l’Université, il s’y joignait aussi des raisons d'intérêt. Les nouveaux professeurs étaient dotés , leurs cours étaient gratuits; les anciens vivaient du produit de leurs leçons : ils craignaient que leurs écoles ne fussent abandonnees pour les nouvelles. Par ce motif, le roi avait eu l'intention de ne point fonder d’abord de chaires pour le latin dans le Collége royal, afin que les cours de latin dans les anciens colléges fussent toujours nécessaires. Les appointements des professeurs ou lecteursroyaux furent d’abord de 450 livres, somme alors sullisante; et François E°°
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