CONSTRUCTIONS NAVALES
de transport. Les premiers étaient lougs : on les désignait sous le nom de galères ; leur force consistait dans l’éperon ou bec pointu, dont la proue était armée. Ea samine, ou vaisseau de Samos, dont parle Plutarque, avait la proue fort basse et le corps fort large; il ajoute qu’il était trèspropre à la haute mer et léger à la course ; sa construction aurait fait supposer le contraire. Il en attribue l'invention à Polycrate, ce tyran de Samos qui avait fait construire jusqu’à cent galères à cinquante rames, Quant aux navires de transport, ils étaient courts et longs.
Les Romains, qui héritèrent de la puissance des Carthaginois et résumèrent l’art naval de la Grèce, ne naviguaïent que le long des côtes. Ils eurent aussi des galères et des navires de transport d’une espèce particulière (naves onerariæ). Leur caractère général était d’avoir les extrémités pointues, dans la partie extérieure comme dans la partie plongée : elles se terminaient par une pièce de bois arquée où venaient aboutir les bordages ; et cette pièce portait, comme de nos jours, une figure, un symbole. C'était ordinairement une tête d’oie (anserculus), peut-être un cou de cygne, qu’ils mettaient à la proue, sans doute en souvenir du Capitole sauvé. Sur le gaillard-d’avant:se trouvait une petite guérite où se juchait ordinairement le second maître de l’équipage. Ces navires avaient les côtes arrondies et la marche lente; on les gouvernaïit à l’aide de deux longues rames, à tribord et à babord.
Au temps de la république romaine, quelques peuples barbares des rives de l'Océan construisaient des navires plus forts que ceux de Rome et de toute la Méditerranée. La marine celtique, que César anéantit en un seul jour à Dorioragum , comptait un grand nombre de vaisseaux à voiles, de haut bord, et bien supérieurs aux galères. Leurs bancs avaient 07,30 d’équarrissage ; ils étaient pontés,
Dans le moyen âge, Charlemagne, imitant la politique de Rome, maintenaïit des flottes stationnées à l'embouchure des rivières et le long des côtes pour s'opposer aux descentes des barbares; mais tous ces navires n'étaient guère que des barques. Les hommes du Nord qui l’attaquaient venaient souvent dans des bateaux recouverts de peaux de bêtes, sans clous, cemme chez les Arabes. Un siècle plus tard, quand Alfred, roi d'Angleterre, repoussa l'invasion des Danois, la construction prit un certain degré de force et de grandeur. Les Danois avaient adopté pour leurs navires la forme des galères de la Méditerranée un peu modifiées : Alfred imita leur construction; seulement il donna à ses vaisseaux un plus grand nombre d’avirons. Ils étaient très-longs , étroits et peu profonds , avec trente-huit bancs de rameurs de chaque bord : chaque aviron était mis en mouvement par quatre rameurs, ce qui faisait trois cents hommes d'équipage par navire : ils n’avaient qu’un seul mât, qu’on installait ou qu’on enlevait à volonté, et portaient un pont très-élevé, d'où les guerriers pouvaient écraser leurs adversaires; aussi Alfred eut-il toujours l'avantage. Leur fond était plat, letirant d’eau faible, ce qui exigeait pour la stabilité un lest considérable,
Les Vénitiens vinrent ensuite, qui poussèrent loin la construction des galères. Ils leur donnaient 57 mètres de quille et plus de 300 hommes d'équipage ; l’idée qu’ils avaient de leurs grosses galères ou galéasses était telle, que les officiers commandants s’engageaient par serment à ne pas refuser le combat contre vingt-cinq galères ennemies. Les plus légères étaient armées d’un éperon de fer; les plus grandes suspendaient à leur grand mât une grosse poutre garnie de fer des deux côtés, qu'on lançait sur le pont des ennemis , el qui quelquefois lentr'ouvrait. Elles avaient en outre des espèces de tours en bois pour attaquer les remparts des villes, Le grand mouvement que la fièvre des croisades excita parmi les nations de l'Europe et de l'Asie fit faire un pas à la construction. Les découvertes nouvelles apparaissaient dès que le besoin s’en faisait sentir : pour transporter des armées en-