COIFFEUR -— COIFFURE
précisément au moment où le monarque arrivait ; ce qui ocsasionna son arrestation.
Léonard suivit ses princes dans lexil, et alla exercer zur les têtes moscovites la dextérité de son peigne aristocratique, que la république laissait, pour le quart d'heure, sans emploi. Du reste, cette émigration du peigne en Allemagne et en Russie n’avait pas attendu les commotions politiques : il y avait déjà longtemps que la France fournissait à l'Europe des valets de chambre coiffeurs, des femmes de chambre coiffeuses, comme elle leur fournissait des maitres de danse et des cuisiniers. L
Dès que le calme fut de retour chez nous, on vit briller
Hippolyte sous le directoire et sous l'empire Michalon, parent du peintre et du statuaire de ce nom, peintre et statuaire estimab'e lui-même, à qui nos maisons de coiffu:e doivent l’origine des bustes en cire qui les décorent, Michaton, \'habitué de Feydeau, avec son élégant cabriolet armorié, son jockey nor et ses séances à vingt francs le cachet. Marion était le coiffeur de Louis-Philippe, qui dans les derniers temps de son règne portait perruque; il créa plusieurs journaux de mode, entre autres a Sylphide, et fit une grosse fortune en spéculant sur les terrains. Le dernier empire marqua l'apogée de cette industrie: Napoléon HI avait Majesté pour coifleur, l’impératrice Le Roi, puis le fameux Félix, qui ajustait aussi les grandes dames de la cour,
Au premier aperçu, on pourrait croire que perruquier et coiffeur sont synonymes, et en effet de prime abord l’analogie est frappante; on doit remarquer toutefois que si les perruquiers sont de plus ou moins habiles coiffeurs, les coiffeurs ne font pas tous des perruques; et les uns etles autres renoncent de bon cœur au titre de barbier, qui n’est que la mauvaisequeue de leur profession. Nos coiffeurs modernes, aux élégantes boutiques parfumées d’essences et de senteurs, prendraient ‘aussi en fort mauvaise part la dénomination de perruquier, qui ne s'applique plus qu’à de rares vétérans de Part, encore humides de poudre blanche, qui s’éteignent dans quelques villes stationnaires du centre, de la Bretagne ou du midi.
COIFFURE. Ce mot, qui ala même origine que coiffe et qui s’est écrit aussi anciennement avec un é, au lieu de li, se prend dans deux acceptions , soit pour désigner l’arrangement des cheveux, soil pour indiquer tout ce qui sert à couvrir ou à orner la tête. C’est dans ce dernier sens que Molière fait dire à Sganarelle, dans l’École des Maris :
Je veux une coiffure, en dépit de la mode, . Sous qui toute ma tête ait un abri commode.
On ignore si à l’époque des patriarches il était d'usage chez les peuples de l'Asie, parmi les hommes, de se couvrir la tête : on voit seulement , dans quelques occasions, les femmes se voiler. L'usage de se coiffer était. du reste déjà trèsrépandu du temps d’Hérodote, qui en fait l'observation; et quoique les Grecs et les Romains soient le plus ordinairement représentés tête nue, les premiers avaient cependant leur ntoç, niliayxos et leur réracoc, et les seconds, leur pileus, signe exclusif de l'homme libre : aussi ce bonnet paraît-il de bonne heure sur les médailles comme symbole de liberté,
De tout temps la coiffure des femmes a été, chez toutes les nations, sujette à de grands changements. Les modes variaient aussi chez les anciens Dans les dix-neuf années du règne de Marc-Aurèle sa femme paraît avec trois ou quatre coiffures diflérentes, qui devaient avoir leur nom particulier ; mais de tous ces noms de coiflure il ne nous est resté que les suivants : la calantique, la calyptre, la mitre, le flammeum et le caliendrum. Les deux premières étaient des couvre: chef dont on ne connaît pas bien la forme; la mitre consistæit dans l’origine en un ruban ou bandélette dont les femmes se servaient pour se ceindre la tête ou pour contenir
et orner leur chevelure; les Grecs l’appelaient &vañèoun. Elle faisait partie de la coiffure d’Andromaque, et d’après l’épithète qu'Homère y adapte, il paraîtrait que c'était une bandelette tressée ou une natte, Le flammeum servait aux nouvelles mariées le jour de leurs noces; il servait aussi aux matrones. Les femmes chrétiennes en faisaient usage du temps de Tertullien : c’était un voile d’un jaune wif, ou de couleur de feu, et quelquefois de pourpre. Le caliendrum était un tour de cheveux que les dames ajoutaient à leur chevelure naturelle pour se faire de plus longues tresses. Jules Pojllux traite fort au long d’une espèce de coiffure nommée ovcoç, qui consistait en une touffe élevée ou un toupet de cheveux, se terminant d’ordinaire en pointe, el ayant la forme du lambda; c'étaitune coiffure tragique plus ou moins haute, selon le caractère et la complexion des personnages. Si l'acteur était blond et d’un caractère doux, il portait un oveoc de grandeur médiocre; maïs si son rôle était fier et emporté, s’il avait les cheveux et la barbe noirs, l’ovsoc était très-élevé. Aussi donnait-on aux personnes hautaines et fastueuses l'épithète d’urepoveos ou à toupet élevé.
Les femmes se servaient d’aiguilles, soit pour séparer leurs cheveux sur le front, soit pour les fixer après les avoir réu-" nis en nœuds, en nattes ou en tresses derrière la tête, On appelait discriminales ou discernicula les aiguilles qu’elles employaient à séparer en deux les cheveux sur ledevant, séparation qui distinguait les femmes mariées. Ces aiguilles ne faisaient point partie de la coiffure, Chezles anciens Rômaïns le jour des noces on séparait avec la pointe d’une lance les cheveux de la mariée, pour lui faire comprendre qu’elle devait donner naissance à des hommes courageux. Les autres aiguilles qui servaient à la coiffure se nommaient crina- Les ou comatoriæ. Elles étaient de toutes les formes, droites, circulaires, en or, en argent, en cuivre, en ivoire, et longues de huit à vingt centimètres. Dans les collections d’antiquités on en voit qui sont terminées par.des figurines de Vénus et d’autres divinités, très-bien travaillées. Ces aiguilles servaient en général à retenir les boucles de cheveux. Les Romains nommaient cirri, cincinni, et les Grecs xA6zxaot, les boucles, ou mèches, ou anneaux de cheveux qui tombaient près des oreilles. IL y en avait de serrés, de légers, d’ondulés, derelevés, de tortillés. On appelait calamis ou ca- Lamos le fer en forme de roseau creux qui servait à boucler ou à friser les cheveux. Les Romains en avaient fait leur calamistrum, et désignaient par l’épithète de calamistrala ou de La femme aux cheveux frisés et en anneaux la lionne ou la lorette de cette époque. Les Athéniennes portaient dans leurs cheveux des cigales d’or ; Athénée nous dit qu’elles en suspendaïent aux anneaux qui leur tombaient sur le front. Enfin on donnait le nom de xopégétov à une sorte de coiffure qui, réunissant les cheveux en touffe sur le haut de la tête, rappelait les‘grappes du lierre. Telle est celle de l'Apotlon du Belvédère et de la Vénus de Médicis, Les bandes, ou bandelettes, ou cordons, qui soutenaient la coiffure ou lui servaient d'ornement, avaient aussi différents noms, suivant leur forme ou léur emploi, Les vit{æ étaient de larges bandes qui assujettissaient la coiffure; de leurs extrémités descendaient des bandelettes plus étroites, et souvent de plusieurs couleurs, qu’on appelait {æniæ. Le strophium était ou un bandeau contenant et ornant la chevelure des femmes, ou une large ceinture dont elles se serraient la taille sous le sein pour le maintenir. L'infula était une
-bande, ou plutôt un cordon épais, de laine blanche, dont
les prêtres et les femmes dévotes se ceignaient la tête, et d'où pendaient des deux côtés des bandelettes plus étroites, qui servaient à l’attacher, et qu'on nommait anssi viféæ, L'usage des faux cheveux et des perruques se répandit de bonne heure parmi les Romains. Pollux les désigne sous les noms d’Evrpuyov, rrvñyn et mpoxémeov. La nnvñyn était la partie la plus avancée du tour de cheveux où rpoxépoy ; l'evrpuyov designait les faux cheveux qu'on plaçait aux