‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 4 sur 607 · COIFFURE · texte numérisé non relu

COIFFURE

endroits qui en manquaient, Les perruques, enfin, se nommnaient galeri. Les hommes et les femmes en portaient.

Les Romaines, qui avaient en général les cheveux noirs, :

aïnaient beaucoup ceux d’un blond éclatant, et pour leur donner cette couleur elles employaient des pominades et de certaines herbes de Germanie. Ovide dit dans l’Aré d’Aimer :

Femina canitiem Germaois iofcit herbis, Et melior vero quæritur arte color, Femina procedit densissima crinibus emptis ; Proque suis alios efficit ære suos.

. Les cheveux de ces perruques étaient, à ce qu’il paraît, montés sur une peau de chevreau. Les femmes riches et quelquefois les hommes efféminés couvraient leurs cheveux de poudre d’or. Les hommes poudraient aussi leur barbe. L’esclave perruquier et le barbier chargés de préparer ces poudres et ces pommades et de friser les cheveux avec le calamistrum se nommaient ciniflo et cinerarius.

Th. DELBARE.

Les peuples modernes, surtout ceux qui envahirent l'Furope et furent le noyau des différentes nations que nous y voyons aujourd’hui , avaient un grand soin de léur coiffure. Strabon, Tacite, Grégoire de Tours, et d’autres écrivains, représentent tous ces guerriers barbares oignant leurs cheveux avec de la graisse d'animaux ou du vieux beurre qu’ils faisaient avec le lait des cavales. Quelques-uns de ces peuplesnéanmoiïns , principalement ceux quiserapprochaient du midi, au lieu de porter les cheveux longs, se rasaient la tête et ne conservaient qu’une seule houpe ou mèche au milieu :les Tatars et les peuples venant de l'Asie, les Goths, étaient ainsi coiffés. Quant aux femmes, nous trouvons déjà à cette époque reculée une très-grande variété dans la manière dont elles arrangeaient leurs cheveux. Elles les por- {aient tantôt en nattes, tantôt relevés sur la tête, et retenus par des chaînes d’or ou de fer (voyez CHEVELURE).

Si nous cherchons quelles ont été les premières coiffures chez nos Français, nous trouvons que les rois, les reines et les princes de leur famille avaient seuls le droit de porter les cheveux longs; de cette coutume il résulte clairement que le plus grand nombre les avaient courts; mais bientôt il n’en fut pas de même. Les femmes portaient au moyen âge des tresses longues et nattées. Sous Philippe le Bel, séparées en deux ou trois parties, elles étaient fixées sur les tempes; parfois aussi, les femmes avaient la tête presque sans cheveux : un sceau de l’année 1270 représente Jeanne, comtesse de Toulouse, en robe et en manteau, avec la tête rasée. Mais , plus généralement, leur coiffure était un bonnet, qui vaïiait de forme pour les femmes, les filles, les veuves d’un rang différent. Elles portaient dessousunecoiffe appelée escoffion. Nous la mentionnons parce que dans les miniatures de l’époque elle paraît ne pas quilter la tête des femmes; plusieurs, représentées entièrement nues, gardent pourtant cette escoffion plus ou moins ornée. Sous Charles VI elles imaginèrent une haute coiffure conique, à l'extrémité de laquelle elles attachèrent un voile qui pen-

dait plus ou moins bas suivant le rang de la personne. Le.

voile de la bourgeoise descendait à la ceinture, celui de la femme du chevalier aux talons, celui des princesses traînait par terre.

Au quinzième siècle, dit Jouvenel des Ursins , « les dames et damoiselles menaient un excessif estat, portant cornes merveilleusement hautes, lesquelles avoient, de chaque costé, des oreilles si larges, que quand elles vouloient passer par un huis, elles étoient obligées de se baisser et de se présenter de costé. » En Flandre, où ces cornes avaient pris naissance, on les appelait des kennins ; et on les retrouve dans toutes les tapisseries flamandes de l'époque. Les prédicateurs du temps anathématisèrent cette mode. Cinquante ans après, sous Louis XI « les dames mirent sur leurs têtes,

dit Monstrelet, des bonnels ronds, qui s'amenuisoient pardessus à-la hauteur de demie ou trois quarts d’aulne, » Par compensation, sous Charles VIIL elles prirent de petits bonnets fort bas, garnis en dehors de peaux tachetées de noir et de blanc. A la mort de son premier époux, Anne de Bretagne mit sur sa tête un voile noir. Les dames de la cour l’imitèrent, et ornèrent de franges rouges ces voiles, que le. bourgeoises adoptèrent aussi, et dont elles augmentèrent l'éclat en ÿ ajoutant des agrafes d’or et en les chargeant même de perles.

Au seizième siècle la mode changea : les femmes donnèrent à leur coiflure un soin, une attention qui attira sur elles les déclamations des moralistes et des prédicateurs de l’époque. L'auteur d'un livre assez rare, intitulé Remontrance charitable aux dames et damoiselles de France sur leurs ornements dissolus , les engage beaucoup à renoncér à tous ces tortillons de cheveux arrangés d’une façon dissolue , et qu’il appelle ratrepenades. ne dit pas la forme de ces coiffures; peut-être était-elle aussi indécente que celle reprochée aux dames de Toulouse par l’auteur de la Gaulégraphie ou Éloge de la beauté, et qui consistoit en naîtes dont la manière était vilaine et impudique. Quoi qu'il en soit, dans la Source d'Honneur, livre composé vers le commencement du seizième siècle, on conseille aux dames vertueuses de se coiffer de la manière suivante :

Ces beaulx cheveulx pcignez honnestement, D’un blanc ruban vous conviendra brocher Et les coucher sur le chef tellement

Que les cheveulx n’apérent nullement.

Les femmes dequalité, dontlesriches bourgeoises adoptaient toutes les coiffures, imaginèrent sous François 1 de relever leur toupet, de retaper les cheveux des tempes ct de faire du tout une espèce de pyramide, qu’elles rejetaient en arrière; cette mode devint bientôt générale. Cependant, un petit nombre de dames d’un rang élevé ne l'adoptèrent jamais : Marguerite, sœur du roi chevalier, prit une toque surchargée de dorures, qui devint bientôt à la mode et se soutint jusqu’à la fin du règne de Henri II. Dans la dernière moitié du seizième siècle, les coiffures des Françaises varièrent beaucoup : ainsi la coiffure en cœur, qui déjà avait paru au quatorzième et au quinzième siècle, et que Christine de Pisan, Jacqueline de La Grange et Isabeau de Bavière avaient portée quelquefois, fut remise à la mode sous Henri II. Seulement, le cœur, qui était d'abord figuré par un morceau d’étoffe, se fit avec les cheveux. À la cour de Catherine de Médicis les dames portaient une coiffure qu’elles appelaient en raquette, parce que leurs mèches de cheveux formaient une espèce de grillage. Vinrent ensuite jusque sous Henri IV de petits bonnets avec une aigrette. La seconde Marguerite de Valois, femme de ce prince, ne s’assujettit à aucune mode. Cependant sa coiffure favorite était le toupet relevé, les cheveux des tempes frisés, et elle portait un bonnet de velours ou de satin, enrichi de filets de perles et de pierreries, avec un bouquet de plumes. Vers le même temps reparut le chaperon des Mérovingiens, et cette coiffure, que Scaliger trouvait fort sotle, dura jusqu’à Louis XJII. C'était pour les dames de la cour une pièce de velours formant bonnet et revenant sur le front, où elle faisait la pointe; les honrgeoi ses la portaient en drap : on les appelait dames à chaperon. Il nous est nnpossible de mentionner ici toutes les coiffures adoptées par les femmes pendant le dix-septième et le dix-huitième siècle. En 1671 il était de mode de se faire bretauder ( c’est le mot). On coupait les cheveux court et on les frisait : ainsi, dit une contemporaine, on ne ressemblait pas mal à un chou frisé, Mais cette mode dura peu; et comme les cheveux ne poussent pas aussi vite que le caprice, on s’arrangea de demi-perruques, séparées en deux parties égales, étagées de chaque côté de la tête. En 1680,

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