CONTEUR
cet effet par ses parents à Hambuuy, doù, à partir e 1788, il fit divers voyages en France, en Angleterre et en Espagne. En 1793 il revint dans sa ville natale, prendre la direction de la maison de commerce de son père. Jeune et inexpérimenté, il devint suspect, en 1797, au gouvernement, qui crut devoir le détenir pendant une année à Spandau et à Stettin comme prisonnier d'État. Mais en 1810 il prit une part si active à la nouvelle institution des municipalités, et en 1813 à l’organisation de la landwehr, que Je roi de Prussereconnaissantlui octroya le titre de conseiller de commerce, c’est-à-dire une de ces savonnettes à vilains à l’aide desquelles les souverains du Nord satisfont économiquement les petites vanités de la bourgeoisie. Plus tard, Contessa ne s’occupa plus que de travaux littéraires ; et il moune le 11 septembre 1825, dans sa terre de Liebenthal, en Silésie,
L’'élévation de son âme, sa chaleureuse sensibilité pour le beau et le bon, se réfléchissent vivement dans ses poésies, qui brillent en outre par beaucoup d'originalité, par une grande pureté de style et par une rare richesse d'images. On a de lui Ze Tombeau, ou Amitié et Amour (1792); Almanzor (1808), nouvelle qu’il écrivit pendant sa détention, avec un crayon de mine de plomb, sur les marges d’un livre imprimé; un drame historique , Alfred (1809); Le Baron et son Neveu ( Breslau, 1824), et il publia en société avec son frère, Jeux eë Récits dramatiques (2 vol., Hirschberg, 1812-14 ).
CONTESSA ( CnarLes-WiLneLzm SALICE-), frère du précédent, romancier et poëte comique, naquit le 19 août 1777, à Hirschberg, et fut au collége le camarade de chambrée de Houwald, En 1797 il suivit les cours de l’université de Halle, alla plus tard terminer ses études à Gœættingue, et vécut ensuite à Weimar et à Berlin. En dernier lieu, il habita Neuhaus, terre située près de Lubben et appartenant à son ami Houwald. 11 mourut le 2 juin 1825, à Berlin. Ses romans et ses nouvelles se distinguent par une grande sensibilité, par une douce gaielé; dans ses comédies, et le nombre en est considérable, il est toujours ingénieux et délicat; son style est pur et son vers coule de source. Nous citerons, entre autres, L'Énigme, Le Bavard interrompu, et Le Talisman.
11 publia aussi, en société avec Hoffmann et Fouqué, des Contes pour les petits Enfants. 11 était de plus excellent peintre de paysages, et dans Les Frères Sérapion Hoffmann a parfaitement dépeint, sous le nom de Sylvestre, son caractère heureux et tout à fail exempt de prétentions. Son ami Houwald a donné une édition complète de ses œuvres (2 vol., Leipzig, 1826).
CONTESTATION (du latin contestatio), contradiction, dispute, débat sur quelque chose. Toute discussion dégénère en général en contestation; si ces contestations se rapportent à des intérêts contraires, elles donnent lieu à des procès. Les contestations entre puissances amènent parfois la guerre, En jurisprudence, on nommait autrefois contestation en cause le premier règlement ou appointement qui intervenait sur les demandes et défenses des parties. Avant la contestation en cause, on ne pouvait point appeler, et après la contestation en cause on ne pouvait plus récuser le juge. On n'était censé constitué en mauvaise foi chez les Romains que du jour de la contestation en cause, et non pas du jour de la demande, II n’en est plus de même chez nous ; contestation plus ample signifiait une plus ample information,
CONTEUR, Jusqu'au règne de François 1°° on appela conteurs ou conteours, des farceurs, des histrions, des jongleurs, qui iaventaient, qui improvisaient des contes qu'ils chantaient, qu’ils récitaient en public ou dans les chàteaux. Leurs contes différaient de ceux des trouvères, qui étaienten vers, et qu'ils ne se faisaient pas scrupule aussi de débiter, De là vient que le mot conteur est quelquefois