‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 302 sur 607 · L. LAURENT · texte numérisé non relu

L. LAURENT

CONTI (Princes de BOURBON- ), branche cadette dela

uaison le Bourbon-Condé. Ces princes emprunterent leur titre du bourg de Conti-sur-Selle , entre Amiens et Montdidier, qui était entré daus les domaines de la maison de Bourbon par le mariage d'Éléonore de Roye avec Louis de Bourbon, premier prince de Condé, et oncle de Henri IV : ce fief fut érigé en principauté en faveur d'Armand pe Bour- Bon, second fils de Henri LH, prince de Condé, et frère cadet du grand Condé.

Armand, doué d’une physionomie agréable et assez spirituelle, mais faible de complexion et contrefait de taille, fut destiné à l’état ecclésiastique. Agé de dix-neuf à vingt ans lorsque éclata la guerre de la Fronde, il fut entramé à y Jouer un rôle actif, par jalousie contre son frère ainé, dont l gloire militaire l'offusquait, et par complaisance pour sa sœur, la belle duchesse de Longueville, que lui et le grand Condé añnaient autrement qu'en frères, s’il faut en eroire les pamphlets et les chansons du temps, autorités, du reste, un peu suspectes. Conti, durant le siége de Paris

DICT. DE LA CONVERS, — @, VI

(1649 ), fut élu général de l’armée du parlement, opposée à l’armée de la cour, que commandait son frère ; ses talents, moins que médiocres , ne lui permettaient guère de soutenir une telle concurrence, et les véritables généraux étaient le coadjuteur et M" de Longueville. Paris, toutefois, ne fut point pris, et une transaction termina cette lutte peu meurtrière. La guerre des intrigues remplaça celle des armes, Conti s'était réconcilié avec son frère, et voulait l'aider à dominer la cour, espérant obtenir pour son compte le chapeau de cardinal; inais dans des combats de celte nature le fougueux vainqueur de Rocroi et ses alliés devaient succomber devant le rusé Mazarin. Condé, Conti et leur beau-frère ( le duc de Longueville), furent arrêtés par surprise au Palais-Royal (1650 ), et détenus pendant treize mois, d’abord à Vincennes, ensuite au Havre. La coalition du parti parlementaire et de la haute noblesse tira entin les princes de leur prison. Depuis ce temps Conti ne figura plus que d’une manière trés-secondaire sur la scène politique, bien qu'il eût abandonné sans retour l'Église pour le siècle : il se rapprocha du cardinal Mazarin , son ancien ennemi, et épousa la nièce de ce ministre, M'*° Martinozzi. Mazarin lu donna le gouvernement de la Guienne , puis celui du Languedoc; il prit part à la guerre contre l'Espagne et ses alliecs, de 1654 à 1657, et mourut en 1666, à l’âge de trente-sept ans, après avoir partagé la conversion et imité la picté exallée de sa sœur, M%° de Longueville.

François-Louis pe BourBon, second fils d’Armand, et prince de Conti après la mort de son frère aîné : c’est l’homme le plus remarquable qu’ait produit cette branche. Le duc de Saint-Simon, ce grand démolisseur de renomimées, fait de ce prince un éloge sans bornes et sans restriction. Añmé et estimé de tous, de la cour, du parlement, du peuple, François de Conti, malgré cette popularité, ou peut-être à cause de cette popularité, fut toujours auprès de Louis XIV en état de suspicion et de disgrâce : le roi ne voulut jamais lui permettre de déployer ses brillantes qualités sur un grand théâtre, et ne lui accorda point de commandement supérieur dans les armées françaises. Le bruit de son mérite s'était cependant répandu hors de France; car la couronne de Pologne lui fut offerte après la mort du grand Sobieski : elle ne fut point toutefois posée sur son front, la majorité de la nation polonaise s'étant prononcée en faveur de lélecteur de Saxe, Auguste IL. François-Louis mourut en 1709.

Son petit-fils, Louis-François, né en 1717, se distingua dans les campagnes d’Italie, d'Allemagne et des Pays-Bas, en 1744, 1745 et 1746; il commanda en chef dans le Piémont en 1744, et y gagna la bataille de Coni sur les lmpériaux ; il prit Mons durant la célèbre campagne de Fontenoy. Lorsque les idées philosophiques du dix-huitième siècle commencèrent à sortir des livres pour descendre sur le terrain des faits, le prince Louis-François se montra un chaud défenseur des abus, et coopéra énergiquement à la chute du sage el vertueux ministre Turgot. Il survécut peu à ce déplorable triomphe. Il mourut en 1776.

Louis-François-Joseph, fils du précédent, né le 1°" septembre 1734, montra d’abord les mêmes sentiments politiques que son père : il combattit les commencements de la Révolution, sans que ses opinions eussent beaucoup de retentissement ; mais lorsqu'il vit le parti populaire conquérir un ascendant irrésistible, il prêta serment à la constitution, s'effaçga complétement, et n’émigra pas, probablement à cause de sa faible santé. En 1793, par suite du décret lancé par la Convention nationale contre les Bourbons restés en France, il fut arrêté, conduit à Marseille, et détenu au fort Saint-Jean, puis traduit en jugement. 11 ne s'était point mélé d’intrigues contre-révolutionnaires ; mais l'innocence élait trop souvent une garantie impuissante en ces jours terribles. 11 eut toutefois le bonheur d'être acquitté, et ce descendant des rois, réduit à l'indigence par la saisie de ses pro-

priétés et les catastrophes du temps, reçut du gouvernement républicain des secours pécuniaires. Après le 18 fructidor, une loi ayant banni du territoire français tous les membres de l'ex-famille royale, le prince Louis-François-Joseph se retira en Espagne, où il mourut : avec lui s’éteignit obscurément la branche de Bourbon-Conti. Henri Marrin. CONTI ( Anronro SCHINELLA-), né à Padoue, en 1677, avait étudié les sciences exactes en même temps que la théologie, et s’attira bientôt par ses recherches mathématiques l'attention de Newton. Renonçant à la carrière ecclésiastique, parce qu’il lui répugnait d’entendre en confession, il vint à Paris en 1713, et se rendit en 1715 à Londres, où, sur la proposition de Newton, il fut nommé membre de la Société Royale. Mêlé à la querelle qui éclata entre Leibuitz et Newton, il ne satisfit ni l’un ni l’autre, en s’efforçant de ne déplaire à aucun d’eux. La faiblesse de sa santé le contraignit en 1726 à chercher de nouveau le climat plus doux de son pays, et à partir de cette époque il habita la plupart du temps Venise, entièrement occupé de travaux littéraires ou poétiques, et mourut en 1749, à Padoue. Le plus connu de ses ouvrages est son grand poème, Z£ Globo di Venere, dans lequel il s’est attaché à développer et rendre sensibles quelques idées de Platon sur le beau. On trouve en lui moins un poëte créateur qu’un penseur abstrait, et on reproche à son style, malgré touteson énergie, de n'être point exempt d'emprunts faits aux langues étrangères. CONTIGUITÉ. Ce terme marque l'état de deux choses qui se touchent sans se tenir, et qu’on peut séparer sans déchirement. Ce nom est usité dans ce sens en anatomie par opposition à continuité. Les surfaces de toutes les parties molles ou dures des animaux qui se meuvent les unes sur les autres dans les mouvements d’expansion, de ballottement et de traction dans tous les sens, étant libres de toute adhérence, sont entre elles dans des rapports de contiguité qui facilitent leurs fonctions. Ces surfaces contigués sont observables dans toutes les articulations plus ou moins mobiles du squelette des animaux vertbrés et autres appareils, dans les grandes cavités splanchniques et sur une portion des viscères et autres organes qui y sont contenus. Elles appartiennent à des membranes connues sous les noms de séreuses et de synoviales, parce qu’elles sont lubriliées par des fluides appelés sérosilé et synovie. Cette addition d’un fluide plus ou moins aqueux ou visqueux, répandu en nappe légère, aux surfaces correspondantes, favorise les mouvements d’une part, et de l’autre s’oppose à ce qu'il s'établisse des adhérences pendant le repos des parties. Lorsque toutes ces parties mobiles les unes sur les autres, qui n’ont entre elles que des rapports de contiguité, restent pendant un temps plus ou moins long dans une immobilité complète, ou lorsqu'il survieut des inflammations des surfaces contiguës, il se forme des adhérences qui sont désignées sous divers noms. Alors la contiguité n'existe plus, du moins sur tous les points, ét il y a continuité. Les jointures ou articulations mobiles des os du squelette dont les surfaces sont libres sont appelées diarthroses de contiguilé, par opposition à celles mobiles aussi, mais dont les surfaces sont adhérentes, qui ont reçu le nom de diarthroses de continuité. C’est par des considérations analogues qu'en botanique on distingue les épines, qui sont continues avec la tige, des aiguillons, qui ne sont que contigus. On dit aussi deux jardins contigus, etc. L, LAURENT. CONTINENCE. Le mot continence est la désignation yhilosophique de cette abstinence de voluptés que la religion prescrit comme vertu, sous le nom de chasteté. Toutefois doit-on remarquer que ce dernier terme exprime beaucoup plus que l'autre, Continence s'entend de l'acte procréateur, dont on se prive ou dont on use avec réserve dans l'intérêt de l'énergie virile ou de la progéniture, tandis que le mot chasteté, envisageant le même objet sous le rapport de la pureté et de l'innocence des sentiments , s’ap-

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