‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 309 sur 607 · CONTRADICTION — CONTRADICTOIRE · texte numérisé non relu

CONTRADICTION — CONTRADICTOIRE

nue, c’est du choc des opinions qu'est sortie pour lui la lumière, Je n’ai jamais assisté à des discussions sans 7 rencontrer de ces esprits frondeurs et tracassiers qni, cher chant à briller, attaquent toujours l'opinion la plus vraisemblable, Pour leur répondre alors, on s’évertuait à chercher des raisons plus solides ou plus claires que celles qui avaient été apportées d’abord, et on en trouvait beaucoup. On finissait par rencontrer les meilleures, tous les termes de la question se démélaient peu à peu, et ce qui n’était auparavant qu’une opinion vraisemblable devenait une conviction. La contradiction a été pour l'esprit un stimulant nécessaire, elle l’a empêché de s'endormir au sein d’une foi aveugle, l’a fait remonter jusqu'aux principes de ses croyances, et l’a forcé à les asseoir sur d’inébranlables fondements. Tous les obstacles dont elle hérissait sa route n’ont servi qu’à affermir ses pas et à l’attacher plus fortement à ses convictions, si péniblement acquises ; et de même que les membres n’acquièrent de la vigueur, de l’agilité que par les luttes et les combats, de même l'esprit humain est redevable de la force de ses croyances et de la fécondité de ses resspurces à l’antagonisme de la contradiction. C.-M. PAFFE.

CONTRADICTION (Principe de). Platon avait reconnu le principe de contradiction; Leïbnitz l’a élevé au rang de criterium de la vérité. Ce principe s'énonce ainsi : le sujet et l’attribut d’une proposilion ne doivent pas mutuellement s’exclure. La fameuse preuve de l’existence de Dieu, qu’on trouve déjà dans les écrits d’Anselme, archevêque de Cantorbéry, au onzième siècle, tire sa force de cette loi logique ; la voici : « L'idée d’un être suprême qui possède toutes les réalités, et qui soit cause première de tout ce qui existe, ne renferme en soi nulle contradiction. Une chose dont l’idée n’implique pas contradiction est possible. Dieu est donc possible; or, toutes les réalités devant se trouver dans l’idée de Dieu, la réalité de l'existence lui appartient nécessairement, par où il est démontré que Dieu existe. En un mot, l’ècre réel absolu est possible : donc il est; ou s’il n’était pas, il lui manquerait quelque réalité. »

11 faut bien remarquer que le principe de contradiction, comme tous les principes semblables, n’est un criferium positif de la légitimité des idées que quant à leur valeur logique, et qu’il est négatif quant à leur valeur matérielle. Car toute idée qui a saisi le rapport du subjectif à Vobjectif, c'est-à-dire toute vérité humaine , est conforme à ce principe; mais nous ne pouvons pas assurer que toute idée conforme à ce même principe a saisi le rapport du subjectif à l'objectif. De manière que la violation du principe montre bien que l’on n’est pas dansle vrai, tandis que son observation ne prouve pas toujours qu'on y soit parvenu. Et la raison en est simple, puisqu’ure connaissance n'étant telle que par la pensée, nulles connaissances ne peuvent être vraies matériellement que si la pensée qui leur sert de fondement est soumise à ses lois, tandis que la pensée pourrait être d'accord avec ses lois, c’est-à-dire pourrait être subjectivement régulière, sans qu’elle eût le droit de rien affirmer hors d’elle-même. Ces règles, toutes négatives qu’elles sont sous le rapport objectif, n’en offrent pas moins, lorsqu'on les a exactement suivies, une grande probabilité en faveur de la valeur matérielle des idées, attendu l'harmonie qui existe nécessairement entre le monde extérieur et le monde intérieur, et qui constitue les rapports de l’homme à la nature et de la nature à l’homme. Les moyens possibles d’expérience élèvent dans certains cas cette pro babililéà la certitude. De REIFFENBERG.

CONTRADICTOIRE. Les logiciens entendent par contradictoires deux propositions dont l’une dit simplement ce qui est nécessaire pour réfuter l'autre; exemple : Toutes Les idées naissent de la sensation. Quelques idées ne naissent pas de la sensation. Les propositions contradictoires sont donc opposées en quantité et en qualité. Elles

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