‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 31 sur 607 · COLLÉGE DE FRANCE — COLLÈGUE · texte numérisé non relu

COLLÉGE DE FRANCE — COLLÈGUE

pendu. Sous la république, le même cours, fut encore interrompu, ainsi que ceux de MM. Quinetet Mickiewicz: après le coup d'État du 2 décembre ces professeurs furent éliminés, L'administrateur, M. Barthélemy Saint-Hilaire, se retira également, faute de prêter serment.

On a dit que François 1°" mavait pas assigné de local au Collége de France : on s’est trompé; ce prince, par des lettres du 19 décembre 1559 , avait destiné à la construction du nouvel établissement l'emplacement occupé par l’hôtel de Nesle, où est maintenant la Halle-aux-Blés ; mais il mourut avant que l'exécution de ce projet fût même commencée, Depuis la fondation, les exercices du Collége royal se faisaient dans les salles de divers colléges de l’Université, lorsque Henri 11 leur assigna exclusivement les colléges de Tréguier et de Cambrai, En 1609, Henri IV résolut de faire construire à ses professeurs et lecteurs royaux un édifice particulier pour leurs cours, avec des appartements pour les joger. On allait déjà déblayer les terrains, lorsque le poignard de Ravaillac fit avorter ce beau dessein, aussi bien que l'expédition projetée de Flandre. C'est ce même Henri IV qui, indigné d'apprendre que les professeurs royaux n’étaient pas payés, s’écria : « J'aime mieux qu'on me diminue de ma dépense, et qu’on m'ôte de ma table pour en payer mes lecteurs; je veux les contenter : M. de Rosny les payera ; » et M. de Rosny paya. Louis XIII, en 1610, exécuta le projet deson père, et c'est à lui que l’on dut l'édifice qui subsista jusqu’en 1774 sous le nom de Collége royal. A cette époque il fut reconstruit en entier sur les dessins de larchitecte Chalgrin. Le 22 mars 1774 le duc de La Vrillière en posa la première pierre. Le Collége de France consiste en une grande cour carrée, entourée de trois côtés par des bâtiments. Sur le côté qui longe la place Cambrai règne une grande grille en fer, qui sert d'entrée. En face est la salle des séances publiques, salle assez vaste, dont le plafond est décoré d’un sujet allégorique, peint par Tarraval. On y a construit un amphithéâtre, et on l’a orné d’un tableau de Le Thiers, représentant la fondation de ce collége par François 1‘. Les bâtiments latéraux contiennent plusieurs salles où se font les cours. Les appartements supérieurs sont destinés aux logements des professeurs. Depuis cette époque, l'augmentation du nombre des cours, sinon l’affluence des auditeurs, a engagé l’administration à ajouter à l’ancien édifice une aile de bâtiments absolument semblable qui longe une grande partie de la place Cambrai. Ce raccord, parfaitement entendu, semblerait de la même main que l'édifice principal; il Pagrandit, il le complète, et tel qu'il se présente aujourd’hui sous le rapport monumental , le Collége de France est, par sa grandeur et sa simplicité, tout à fait digne de sa haute et modeste destination.

Le Collége royal, dès Henri I, fut administré par un des professeurs ayant letitré d’inspecteur, avec un préciput. Depuis la réorganisation de 1795, ces fonctions sont dévolues à un administrateur pris parmi les professeurs. Le chef de l'État nomme les professeurs. Leurs cours sont gratuits, mais, avouons-le, 1l n’y en a que fort peu qui soient réellement suivis par les etudiants. Cm. Du Rozorr.

Quatre nouvelles chaires ont été fondées : en 1862, pour

l'épigraphie, et en 186%, pour la grammaire comparée, la

chimie organique et l’histoire de la médecine. A celte dernière date, M. Renan ayant fait à la divinité du Christ une allusion malsonnante, sa chaire lui fut retirée.

Un décret du gouvernement provisoire, en date du 7 avril 1848, adjoignit au Collège de France une école d’administration. Ce décret supprimait cinq chaires anciennes et en créait douze nouvelles, dont quelques-unes étaient altribuées à des membres du gouvernement provisoire. M. de Lamartine devait professer le droit international et l'histoire des traités; M. Ledru-Rollin, l'histoire des institutions administratives françaises et étrangères ; M.Armand Marrast, le droit privé individuel et social. Les

élèves de la nouvelle école étaient assujetlis à suivre l’'enseignement du Collège de France; c'élait parmi eux que devait se faire le recrutement des divers services administralifs. Le nom d'élèves du Collège de France leur étail spécialement affecté. Moins d’un an après la création de cette école administrative elle n'existait déjà plus.

En 1857 on a créé au Collège de France un aquarium pour des essais de pisciculture et pour les plantes et mollusques de mer.,

COLLÈGE EÉLECTORAL. C'est le nom qu’on à donné en France à différentes assemblées électorales. Sous le régime de la constitution de l'an vur, il y avait autant de colléges electoraux que de départements et d’arrondisse ments. Les colléges d'arrondissement désignaient les candis dats pour le corps législatif et pour le tribunat avant sa suppression, ceux de département choisissaient des candidats au sénat conservateur, au corps législatif et au conseil général du département. Sous la Restauration on nomma collége électoral les réunions d’électeurs ayant les qualités requises par la Charte pour nommer un député. La loi électorale de 1820 créa des colléges de département et d’arrondissement, qui nommaient chacun un député. Les présidents des colléges électoraux étaient désignés par le roi. Sous le gouvernement de Juillet la France fut divisée en 459 colléges électoraux , qui choisissaient eux-mêmes leur président, Le gouvernement désignait seulement le lieu de vote. Avec l’établissement du suffrage universel, le nom de collége électoral a dù disparaître du langage politique.

COLLEGIALE, ou, en vieux style, collégiate, du verbe latin colligo, je réunis. C’est un chapitre de chanoines séculiers ou réguliers, établi dans une église sans siége épiscopal, à la différence des cathédrales, ainsi appelées du siége épiscopal et de l’assistance de l’évêque, et qui sont aussi desservies par des chanoïnes. Il existait autrefois des collégiales en France dans les villes qui n'avaient pas d'évêque. On en comptait même souvent plusieurs dans celles où il y avait une cathédrale. Les églises collégiales faisaient porter leurs croix dans les processions où elles assistaient avec la cathédrale; elles avaient le pas sur toutes les églises paroissiales, Il fallait au moins trois prêtres chanoïnes pour former une collégiale. Les chanoines des collégiales étaient soumis aux mêmes règles que ceux des cathédrales; mais ils n'avaient pas les mêmes prérogatives, celles, par exemple, de nommer les vicaires capitulaires pendant la vacance du siége, de distribuer les saintes huiles, etc. 11 y avait des collégiales fort riches, comme celle de Saint-Julien de Brioude, dont les chanoines devaient faire preuve de quatre quartiers de noblesse du côté paternel et autant du côté maternel, 11 y en avait aussi de très-pauvres. La collégiale de Forcalquier en Provence était la seule en France qui jouit de tous les droits des cathédrales : aussi prenait-elle le titre de concathédrale. On distinguait trois sortes de collégiales, les unes de fondation royale, telles que celles qu'on appelait saintes chapelles, dont le roi conférait les prébendes; les autres étaient des monastères, dont on avait sécularisé les religieux ; les troisièmes, enfin, étaient de fondation ecclésiastique, et les prébendes ne pouvaient en être conférées que par le patron que les fondateurs prêtres ou laïques avaient chargé de ce soin. Ces prébendes se donnaient quelquefcis à des enfants de septans, souvent à l’âge de puberté, la plupart des collégiales ayant été dans l’origine des séminaires, Abolies en France par la révolution de 1792, leurs dotations ont été aliénées au profit du trésor public, ou ont cessé par l'abolition de la dime et de la féodalité. IL n'avait survécu que la collégiale de Saint-Denis, lorsqu'un décret de 1852 rétablit le chapitre de Sainte-Geneviève,

COLLEGUE, en latin collega, fait de cum, avec, et lex, loi. Ce mot chez les Romains désignait un homme associé à un autre dans les fonctions d’une magistrature , et se disait de ceux qui exerçarent ensemble le consulat ou rem-

plissaient ensemble toute autre charge éminente de l'État, telles que la censure, la préture, le sacerdoce, l'augure , etc. Transporté dans le même sens chez les modernes, il se dit aujourd'hui ordinairement des hommes revêtus des mêmes fonctions ou de la même mission, à la différence de confrère, qui se dit généralement de ceux qui exercent la mème profession ou qui sont membres de la même corporation. Les ministres, les ambassadeurs, les sénateurs, les conseillers d'État, les députés au corps législatif, les magistrats d’un même parquet se qualifient entre eux de collègues. Les membres des Académies, les avocats, les médecins échangent le titre de confrères. Les notaires, qui se qualifiaient de confrères sous l’ancien régime, ont substitué à cette désignation celle de collègue, et le protocole de tous les actes notariés commence inévitablement ainsi : « Par-devant maître N. et son collèque, notaires à... » La confraternilé suppose une conformité de vues et d'opinions qui n'existe pas toujours malheureusement entre des collègues.

COLLERETTE. Ce mot, dérivé de col, est employé dans plusieurs acceptions. Dans le langage usuel, il signifie une sorte de vêtement ou d'ornement en étoffe légère qui recouvre les épaules, la poitrine, et ceint le cou. La collerelte est généralement remplacée aujourd’hui par le cof, qui est plus simple et plus léger. Les tissus dont on se sert pour la confection des collerettes et des cols sont très-fins : ce sont des jaconas, des batistes, des blondes, des dentelles, etc. Ces ornements du cou ne doivent jamais être appliqués trop immédiatement sur la peau, afin de se prêter aux divers mouvements de la tête balancée par sa tige cervicale. Toute constriction, toute compression du cou, surtout en avant et par les côtés, par des collerettes trop roides ou trop étroites et trop serrées aurait de graves inconvénients, en gênant la circulation de la tête et surtout de l’intérieur du crâne.

En botanique, on appelle collerettes : 1° l’involucre des ombellifères, qui, étant composé d’un seul rang de bractées verticillées, ressemble à ce genre de vêtement ; 2° les franges qui restent sur le stipe après que la membrane du chapeau des champignons s’est déchirée; 3° le sommet de la gaine des feuilles des graminées, qui porte l’appendice membraneux appelé languette ou ligule. L. LAURENT.

COLLE, On appelle ainsi, ou bien encore col, la partie de l’habillement qui est placée autour du cou : c’est le collet de l’habit, de la robe, de la chemise, etc., selon qu’elle appartient à l’un ou à l’autre de ces vêtements. C’est aussi quelquefois une pièce accessoire de linge, ordinairement fin et brodé, assez semblable à la pèlerine, et que l'on nomme aussi un co! Autrefois, les collets de cette sorte étaient redressés et soutenus par une carte ou un fil de fer; on les appelait collels montés ; maïs la mode en a passé depuis bien des années : aussi dit-on quelquefois, pour indiquer qu’une parure est ancienne ou de mauvais goût, que c’est un colle monté, qu’elle est du temps des collels montés, ce qui se dit aussi d'une personne affectant une gravité outrée.

En style familier, sauter au collet de quelqu'un, prendre quelqu'un au collet, c’est lui sauter dessus pour lui faire violence, ou bien, par extension, l'arrêter pour le faire prisonnier ; préler le collet à une personne, c’est se présenter pour colleter ou combattre contre elle, et, au sens figuré, lui tenir tête dans une affaire ou dans une controverse. Les chasseurs emploient le mot co/let pour indiquer un piége qui se faitle plus souvent avec des crins de cheval que l’on tend «ans les endroits que le gibier fréquente, et qui se ferme au moyen d'un nœud coulant, 1] y en a de plusieurs sortes : on nomme Collels à piquets ceux qui sont tenus dans la fente de piques, où fichés à terre , et que l'on emploie surtout pour ea ; pour les grives; collets suspendus, ceux qui x Pr d5 y pl un fil à une baguette de bois vert, qu'on ne pr os Y: qui se relève avec l'oiseau, lorsque celui-ci, try Ph Rd l'amorce, fait lâcher la détente; collets àres-

, qui produisent un pareil effet au moyen d'un res-

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