COLLÈGUE — COLLETET
sort, et enfin collets traînants, ceux que l’on attache à une ficelle qui traîne à terre et que lon emploie spécialement pour les alouettes. On appelle colleteurs les personnes qui ont l'habitude d’employer les collets.
Le collet d'une dent est la partie rétrécie qui sépare la racine de la couronne.
En botanique le collet de la racine est le point ordinairement placé au ras de la terre, auquel la tige finit et la racine commence, Le collet de l'embryon on œud vital est l'endroit où la plumule et la radicule de la jeune plante se trouvent en contact. P. GERVAIS:
On donne aussi le nom de collet, en termes d’artillerie, à deux petites moulures des pièces de canon, l’une située à la culasse près du bouton, l’autre près du bourrelet : c’est sur ce dernier qu'est tracée la rainure ou la flèche qui doit servir à diriger la ligne de mire. Dans les platines de fusil à pierre, on nomme aussi co/let la partie de la vis du chien la plus près de la tête.
En marine, ce mot a une infinité d'applications dans les agrès d’un navire; la principale est celle qui appartient à la partie la plus grosse de l'ancre, près de sa pointe, à la naïssance des deux bras, et qu’on appelle collet de l'ancre.
Collet est aussi un terme d’arts et métiers. Dans le métier Jacquart, on appelle ainsi, par exemple, de petites ficelles doubles, d'environ 20 centimètres, passées dans chacun des crochets de la mécanique, et terminées par un anneau dans lequel sont retenues les boucles des branches ou arcades qui opèrent le dessin. La planche que traversent ces petites ficelles s'appelle planche à collets. Mer.
COLLETET (GuILLAUME), né à Paris, en 1596, membre de l’Académie Française dès son institution, en 1634. Il avait déjà composé un grand nombre de vers amoureux, des traductions, etc., ete., entièrement oubliés aujourd’hui, quoique ces ouvrages eussent été admirés et quelques-uns magnifiquement rétribués par le cardinal de Richelieu; mais si Colletet fut un poëte médiocre, il fut un littérateur sage et instruit. Ses traités sur différents genres de poésies, réunis sous le titre d’Aré poétique du sieur Colletet (Paris, 1658), indiquent de la part de leur auteur des connaissances approfondies, et prouvent une pureté de goût que ses poésies ne feraient pas soupçonner : c’est un excellent livre à consulter pour les personnes curieuses de connaître notre ancienne littérature. Colletet paraît avoir composé, en outre, une Histoire de La vie des poëtes français, qu'il avait conduite jusqu’à ses contemporains. Cette histoire est restée manuscrite. 11 mourut en 1659, veuf de trois servantes , qu’il avait successivement épousées. La première fut Marie Prunelle, servante de son père; la seconde , une servante de Marie- Prunelle; la troisième, Claudine Le Nain , servante de son frère, qui était jolie et avait de l’esprit, mais n'était pas un modèle de vertu. « A la suite de ce mariage, nous dit M. Fonrnel, dans la Nouvelle Biographie générale, toute la famille de sa femme vint s'établir dans sa maison, qui se trouva dès lors transformée, s’il faut en croire les médisances de Tallemant des Réaux, en une espèce de cabaret où l'on chopinaitnuitet jour. Colletet devait être là dans son élément, lui qui avait agréablement raillé, dans un de ses sonnets, un poête beuveur d'eau, et avait chanté Le poëte ivrongne, dans une longue pièce de vers, pleine d’un lyrisme attendrissant. Claudine elle-même, dit-on, tenait tête aux convives, Aussi l’aima-t-il par-dessus ses autres femmes, et lui fit-il une espèce d'immortalité aussi grande qu'il la lui pouvait faire : il la célébra dans un livre de sonnets, intitulé : Les Amours de Claudine, sans compter toutes les autres pièces en son honneur, où il chante ses louanges avec tous les raffinements de la passion la plus juvénile, quoiqu'il approchât alors de la vieillesse; il y va même souvent jusqu'au ridicule et jusqu'à l'extravagance. Ce ne fut pas sa faute si on ne la compte pas aujourd'hui parmi les muses, avec Sapho et Corinne; car il composait sous son nom des vers qu'elle