‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 319 sur 607 · CONTRE-AMIRAL — CONTREBANDE · texte numérisé non relu

CONTRE-AMIRAL — CONTREBANDE

at le même que celui de chef d’escadre autrefois. Dans toutes les marines militaires, le grade de contre-amiral est le troisième (voyez AmiRAL ). Le navire monté par le contreamiral porte au haut du mât d’artimon le pavillon national, de figure carrée, MERLIN.

CONTRE-APPEL, En termes d'escrime, c’est l'appel d'un des combattants, contraire à celui qu’a fait son adversaire : ainsi, si l'appel est un engagement de l'épée en dehors, le contre-appel sera l'engagement de l'épée en dedans,

Contre-appel, en termes d'art militaire, est un nouvel appel fait pour constater l'exactitude du premier et pour s'assurer de la présence de tous les hommes qui doivent y répondre. MERLIN.

CONTRE-APPROCHE. En fortification, c’est une ligne ou tranchée faite par les assiégés pour reconnaître et attaquer les tranchées des assiégeants. Cette ligne se pratique depuis le chemin couvert jusqu'à la droite et la gauche des attaques, pour découvrir ou envelopper les travaux de l’ennemi. Les dangers des contre-anproches en opt pour ainsi dire fait abandonner l'usage.

CONTREBANDE, CONTREBANDIER. La contrevande est une contravention aux lois prohibitives de douanes. Autrefois, elle était jugée et punie à l’égal d’un grand crime. On condamnait les contrebandiers aux galères. Necker écrivait en 1784 que le nombre d'hommes qu’on y envoyait annuellement pour la seule fraude du sel et du tabac dépassait trois cents; il en résultait ce qui arrive toujours quand les châtiments sont trop sévères : la contrebande, traquée et jetée au bagne comme infâme, devenait un méfier lucratif; chacun s’en mêlait. Aujourd’hui, le fait seul de

contrebande, quand il n’est pas accompagné de rébellion, et qu’il se borne à l'introduction frauduleuse de marchandises prohibées, n’emporte plus que la peine de l’emprisonnement et la confiscation des objets saisis, avec amende de cinq cents francs. Il est bien reconnu que les droits trop élevés et surtout les prohibitions sont une prime accordée à la fraude; qu’elles l’encouragent plutôt qu’elles ne l’effrayent ; et à mesure que l'administration, entrée dans la voie de sages améliorations, efface les prohibitions et les taxes exagérées de nos lois, la contrebande s’efface de nos mœurs.

On distingue la contrebande de filtration de celle qui s'opère sur une plus grande échelle pour le compte de spéculateurs. La première est de peu d'importance ; et consiste uniquement en menues quantités de marchandises que les habitants des villes et des villages avoisinant la frontière xont chercher à l'étranger pour leur consommation personnelle. Le café, le sucre et le tabac sont les principaux aliments de ce genre de fraude dans les départements du Nord, où les paysans font un grand usage de ces denrées. Du côté de Genève, il s’importe clandestinement un grand nombre de ressorts de montres ; le petit volume de ces objets aide à les cacher facilement. La vigilance du service des douanes ne saurait dans tous les cas empêcher la filtration Il est juste d'ajouter que toutes les fois qw’il s’agit de denrées apportées de l'étranger en très-petites quantités, et destinées seulement à la consommation de pauvres gens qui y payent le tabac et le café à un prix bien moindre qu’en France, une répression trop sévère, outre qu’elle serait vexatoire et sans profit réel pour le pays, pourrait souvent causer de grands désordres, et rendre impraticable une surveillance plus raisonnable.

Il n’en est pas de même quand la contrebande s’exerce sur de fortes quantités de produits de fabrication étrangère, et au détriment de l’industrie nationale, au profit de spéculateurs intéressés qui risquent leurs fonds contre l’appât de gains considérables. C’est alors que des bandes nombreuses de gens armés se réunissent à la frontière, escortent des voitures chargées de marchandises, et repoussent souvent à coups de fusil les préposés de la douane.

Ces expéditions considérables deviennent de plus en plus rares. Du temps de l’Empire et sous le régime du blocus continental elles étaient très-fréquentes. La douane fut quelquefois obligée d'appeler à son aide des bataillons de grenadiers pour renforcer ses rangs. Quelques prises s’élevèrent alors à une si haute valeur, que Napoléon assembla son conseil pour délibérer sur la répartition qui devait en être faite. Plus d'une fois il fit brûler sur la place publique des tissus de fabrique anglaise qui avaient été saisis. Beaucoup de maisons de commerce très-importantes ne résistèrent point à l’appât d’un gain immense, et se livrèrent à la contrebande. Quelques-uns y firent une belle fortune, le plus grand nombre s’y ruina.

Chaque année de la Restauration a vu s’affaiblir l’ardeur de ces spéculations. Si la contrebande ne porte pas directement atteinte à la richesse du pays, on ne peut nier au moins qu’elle ne frustre les droits du trésor. Elle porte avec elle un caractère de clandestinité qui la flétrit. Elle placele peuple des campagnes en hostilité permanenteavec les agents du gouvernement; elle propage le goût de cette vie aventurière et vagabonde qui en France a alimenté lachouannerie, et qui en Espagne fait de chaque bande de contrebandiers une bande de guerillas.

A les considérer sous un tout autre point de vue que leur aspect moral, les contrebandiers sont souvent des hommes très-remarquables : leur adresse égale leur courage; habitués à braver les rigueurs des saisons, intrépides à la marche, durs aux fatigues, ils se cachent durant le jour, la nuit ils sortent de leurs demeures; ils gravissent les rochers, se glissent à travers les bois, franchissent les torrents, rampent dans les plaines, le dos pliant sous le poids de marchandises prohibées, et accompagnés de chiens chargés comime eux, et qu’ils ont dressés à ce rude métier. Dans les Alpes et dans les Pyrénées, on montre aux voyageurs des sentiers escarpés et presque impraticables où ils passent au milieu des nuits les plus obscures. D’autres font la contrebande d’une manière moins périlleuse, mais non moins habile. Tout ce que la ruse la plus ingénieuse peut inventer, ils le mettent en pratique avec une sagacité et une adresse extraordinaires, pour déjouer la vigilance de la douane. Leur industrie s'exerce de préférence sur les marchandises d’une grande valeur et d’un petit volume. On a trouvé des paquets de coton filé renfermés dans des masses artificielles de charbon de terre composées avec du charbon pilé à la superficie, dans des meules à moudre, dans des rames de payier artistement disposées, dans des crics de diligence, dans des torsades de paille, et jusque dans des pains de munition, et dans des pains de beurre. D’autres fois, c'était sous l’eau, à la traîne des barques, ou dans les brancards creusés d’un cabriolet, qu’on essayait d'introduire la contrebande; sur les frontières de la Suisse, des voyageurs qui entraient en France avaient caché des montres, les uns dans leurs perruques, d’autres dans des bandages herniaires.

En France, la contrebande a peu d’activité à la sortie; mais elle s’exerce surtout à l'importation, et est dans cer- : tains cas très-difficile à réprimer : par exemple, celle sur les chevaux que l’on introduit quelquefois en bandes nombreuses, et qui, par la rapidité de leur course, échappent facilement aux préposés, et franchissent en quelques heures le rayon au delà duquel on ne peut les poursuivre.

La contrebande pour le compte de spéculateurs se pratique presque toujours par l'entremise de compagnies d’assurances, qui garantissent l'opération, moyennant une prime qu’elles prélèvent. C'est d’après le taux de l'assurance dans les départements de la frontière et des côtes que l’administration constate le degré d'activité de la contrebande, et le résultat des mesures déployées contre elle. Il faut espérer qu'avant quelques années ce mot sera effacé de nos dictionnaires et de nos codes, en même temps que celui de prohibition sera rayé de nus tarifs de douanes. Plusieurs

économistes, convaincus que l'importation des marchandises étrangères est un bienfait pour le consommateur, et ne porte point préjudice au commerce, partagent l'avis de J.-B. Say, que « La contrebande est une action innocente en elle-même , et que les lois seules rendent criminelle. » J1 ajoute que « Dans le faitles contrebandiers travaillent à la prospérité générale, » D’autres écrivains, dont l’opinion est respectable, pensent, au contraire, que la contrebande tend en définitive à ruiner les fabriques nationales en inondant nos marchés de produits étrangers, souvent plus parfaits, d’une qualité supérieure, et d’un moindre prix que les nôtres. PARENT pu Moro.

CONTRE-BASSE, l'instrument le plus volumineux de la famille des violons. En France, la contre-basse est montée de trois cordes, qu’on accorde à la quinte, savoir : La, la plus haute; ré, la moyenne ; et s0/, la plus basse. En Italie, elle est également montée de trois cordes, mais accordées par quorte : La la plus basse; ré, la moyenne; s0/ la plus haute. En Allemagne, elle a quatre curdes, accordées à la quarte l’une de l’autre, ce qui facilite beaucoup le doigté. L'influence de la contre-basse sur l’orchestre est toute-puissante ; elle soutient énergiquement les masses harmoniques. Que sa marche soit grave et sévère ou qu’elle suive l’orchestre dans les morceaux rapides, elle produit toujours les plus grands effets. Dans les passages vigoureux, elle est ordinairement appuyée par les basses.

On appelle encore confre-basse un jeu d'orgue dont les tuyaux, de cinq à onze mètres de long, sont ouverts ou fermés, selon la qualité de l’orgue. A. LEGOyT.

CONTRE-COEUR. On appelle ainsi le fond d’une cheminée, ou la partie située entre les jamhages, et qui est ordinoirement construite en briques et recouverte d’une plaque de fonte. Ces plaques, coulées d'avance dans les grosses forges, se distinguaient jadis à l’envi par des figures et des moulures de toute espèce. Rien ne pouvait être plus mal imaginé. Il serait au contraire, à désirer qu’elles fussent le plus unies possible, et qu’on les entretint constamment dans un grand état de propreté, en en faisant chaque jour soigneusement tomber la suie qui s’y attache : elles seraient alors bien plus aptes à réfléchir dans les appartements le calorique rayonnant.

Beaucoup de constructeurs attribuent à tort une grande influence à la forme du contre-cœur au fond de la cheminée sur le tirage de celle-ci. Dans le fait, cependant, aucune forme particulière n’exerce cette influence, excepté ce qui est de la hauteur de ce contre-cœur, par rapport au tube de la cheminée; mais cette hauteur et cette largeur sont chose fort importante. La plupart des cheminées ne fument en effet que parce qu’elles ont une trop vaste ouverture dans la chambre. PELOUZE père.

CNTRE-COUP. C'est en général la répercussion d’an corps sur un autre, On le dit aussi de l’ébranlement produit dans les organes par une chute. Les fractures par contre-coup sont celles qui ont lieu dans un autre point que celui qui a reçu l'effort contondant.

Comme le mot coup, contre-coup a été transporté dans le langage figuré , où ses diverses acceptions rappellent son sens propre.

CONTRE-DANSE, sorte de danse à huit, à douze, à seize, et même à un nombre indéterminé de personnes. Les danseurs sont divisés par couples, placés en face les uns des autres, et exécutent par moitié des pas et des figures qui sont immédiatement répétés par le reste des figurants. L'origine de la contre-danse a échappé aux recherches des érudits, qui ne savent s’il faut en rapporter l'honneur aux anciens ou aux modernes. Quant aux différentes étymologies de ce mot, qui vient, selon les uns, du latin, suivant les autres de l'italien ou de l'allemand, nous n’en signalerôns qu'une seule, assez vraisemblable d'ailleurs, sielle n’est vas la plus certaine : savoir que contre-danse a été formé

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