‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 33 sur 607 · COLLETET — COLLIER · texte numérisé non relu

COLLETET — COLLIER

récitait elle-même fort bien en compagnie , comme les fruits de sa propre veine, et qu’il insérait dans ses ouvrages. Tallemant, qui aime peu notre poëte, ne manque pas de dire qu’elle fait mieux les vers que lui : voyez la prévention ! Quand Colletet se sentit sur le point de mourir, il eut la présence d'esprit de composer sous le nom de Claudine une pièce de vers où elle déclarait qu’elle déposait sa plume dans le tombeau de son mari; mais on ne s’y laissa pas prendre, et La Fontaine, entre autres, qui avait, disent quelques-uns, à se venger des rigueurs de la belle veuve, fit à ce sujet une épigramme qui porta le coup fatal à sa réputation poétique, » Cette épigramme commençait ainsi :

Les oracles ont cessé, Colletet est trépassé :

Dès qu’il eut la bouche close, crez û ù {7 Sa femme ne dit plus rien ; Elle enterra vers et prose Avec le pauvre chrétien.

COLLETET (François), fils du précédent et né en 1628, est celni que ridiculisa Boile au. Certes, dans la quantité pro digieuse de vers composés par François Colletet, il était facile de trouver matière à satire ; mais on regrette que le célèbre critique ne sesoit attaché qu’à la‘misère du pauvre Colletet pour le tourner en ridicule. François paraît avoir été militaire ; car fait prisonnier par les Espagnols, en 1651 et condu it en Espagne, il y subit trois ans de captivité. Son attachement pour son père offre quelque chose de touchant. Il le défendit constamment contre ses adversaires, et même après la mort de Guillaume, François lui adressa annuellement le tribut de sa reconnaissance etde son amour. On ignore l’époque de sa mort. Il vivait encore en 1677.

COLLETT (Joxas), homme d'État norvégien, né en 1772 en Séelande, fut appelé en 1813 à faire partie de l'assemblée d’Eidsvold ; nommé te conseiller d'État, il prit part à la conclusion de la convention de Moss par laquelle Ja Suède reconnut l'indépendance de la Norvége. Après la réunion des deux royaumes, il resta conseiller d'État, et administra le département de l'intérieur jnsqu’en 1822, puis celui des finances, et eut alors sa part dans l’impopularité dont le nouveau gouvernement était frappé. En 1827 le Storthing l'accusa même d’avoir commis diverses infractions à Ja loi fondamentale; mais il fut acquitté. En 1829 il fut nommé

président du conseil d'État. Grâce à son habileté, la faveur … publique netarda poiut à lui revenir. Maisen 1836, à la suite d'un conflit entre lui et la cour, il donna sa démission, pour ne plus s'ocruper que de littérature. 11 est mort eu 18%1.

COLLETTA (Prrro), ministre de la guerre du royaume de Naples à l’époque de la révolution de 1820, naquit à Naples, le 23 janvier 1775, d’une respectable famille plébéienne. Jeune encore, il témoigna les dispositions les plus heureuses pour l'étude des mathématiques, ct put entrer dès l’âge de vingt et un ans dans le corps d’artillerie. La part active qu’il prit à la réorganisation du pays, lors de Vinvasion des Français, lui valut à la première restauration de la maïson de Bourbon une incarcération, que l’intervention active de ses parents et de ses amis eut beaucoup de peine à faire cesser. Il rentra alors dans la vie privée comme ingénieur civil; mais quand Joseph Bonaparte devint roi de Naples, en 1806, il recouvra son grade dans l’armée, et prit une part importante au siége de Gaëte, à loccupation de la Calabre et à la prise de l’ile de Caprée. En 1808 Joachim Murat le nomma intendant de la Calabre citérieure, et en 1812 il reçut le grade de général, avec la direction générale des ponts et chaussées. Placé dès l'année suivante à la tête de l’administration des communes, il as sista à la nouvelle révolution que son pays était encore une fois condamné à snbir. En 1815 il négocia pour Murat à Casalanza; et le gouvernement des Bourbons , quelque aversion qu'il eût pour sa personne , n’en jugeant pas Moins ses

services nécessaires, lui confia successivement plusieurs emplois militaires importants,

Lorsque éclata la révolution de 1820 , Colletta fut envoyé en Sicile avec le titre de commandant général et les pouvoirs de vice-roi. 11 sut y maintenir le bon ordre, et.y demeura jusqu’à ce que l'intervention autrichienne le rappela à Naples, où on l'avait nommé ministre de la guerre, lorsque

| déjà la cause de la constitution était définitivement perdue.

Il fut alors arrêté et détenu comme prisonnier d'État au château Saint-Elme, puis exilé à Brunn, en Moravie. Plus tard on lui permit de s'établir à Florence. 11 y vécut dans la pauvreté et dans un complet isolement, occupé uniquement de la composition de sa S£oria del Reame di Napoli dal 1734 al 1825, ouvrage qui ne parut qu'après sa mort (2 vol., Capolago, 1824), et qui a obtenu depuis de nombreuses éditions. Daas ce livre, qui fait honneur à la littérature italienne, l’auteur a retracé beaucoup d'événements auxquels il lui fut personnellement donné de prendre part. Son style, toujours clair et élégant, est parfois empreint d’une remarquable chaleur; et dans ses appréciations il fait preuve d’autant de sagacité que d'indépendance. Le général Colletta mourut le: ii novembre 1831.

COLLIBERTS, nom sous lequel est connue une race proscrite, qui existe encore de nos jours dans les marais de la Vendée (voyez Cacors), où elle diminue chaque jour et finira par s’éteindre. On suppose que pendant la féodalité cette dénomination appartenait à une classe intermédiaire entre les serfs et les hommes libres, et Du Cange la fait dériver des mots latins cum et libertus, désignant les affranchis d’un même patron; elle pourrait aussi signifier francs du col ou du collier. Ce qu’il y a de certain, c’est que, bien que les serfs fussent inférieurs aux Colliberts, ceux-ci étaient privés en partie de leur liberté, et que leur maître pouvait les vendre, les échanger ou les donner comme les serfs. Les Colliberts de Vendée forment une race vagabonde, presque sauvage, n’habitant ordinairement que des bateaux , s’adonnant à la pêche, et objet de mépris et de crainte superstitieuse pour les autres habitants. On regarde ces malheureux , mais à tort, comme des espèces de crétins. Ils ne s’allient qu'entre eux, et se tiennent principalement vers les embouchures du Lay et de la Sèvre niortaise. Il faut se garder de les confondre avec les Huttiers.

COLLIER, en latin collare, dérivé de collum, cou. Ce nom, pris dans son sens propre, sert à désigner un ornement qu’on porte au cou. Les colliers, objets de parure ou marques de distinction, sont, chez les peuples plus ou moins civilisés, des rangs, soit de petites coquilles, soit de grains de corail, de substances végétales très-dures, de perles, ou bien des chaînes d’or, d’autres métaux, de pierres. précieuses et même de diamants. L’usage du collier remonte à la plus haute antiquité; les femmes en portaient pour ornement. On en mettait au cou des déesses : on voit sur les monuments des colliers de perles au cou de Minerve ; la déesse Isis, comme on le lit dans une inscription venue d’Espagne, en avait un orné de plusieurs pierreries. Dans une autre inscription de Gruter, nous lisons que Symphorus de Riez, en Provence, et sa femme Procris, offrirent à Esculape un collier d’or composé de petits serpents. Celui que décrit Aristénète, dans sa première lettre, est plus remarquable : il était orné de pierres précieuses, dont les plus petites étaient disposées de manière qu’elles formaient le nom de la belle Laïs, qui le portait. Celui qu’on donnait aux soldats chez les Gaulois et les Romains, comme une marque d'honneur et une récompense de leur valeur, s’appelait forques. Manlius reçut le surnom de Torquatus pour avoir pris un collier à un Gaulois; on &x donnait encore, selon Capitolin, dans les jeux militaires. Il y en avait d’or simple, d’autres d’or orné de pierreries, quelques-uns d'argent, selon Pline. Les peuples de la Grande-Bretagne em portaient d'ivoire. Au moyen âge le coilier devint un des

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