‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 330 sur 607 · CONTUSION — CONVALESCENCE · texte numérisé non relu

CONTUSION — CONVALESCENCE

tements nécessitent, exercer des frictions sur la région du cœur, et asperger de l’eau froide sur le visage. Les liqueurs spiritueuses qu’on s’empresse d’administrer en ces cas ont des inconvénients. L'eau pure et froide est la boisson la plus convenable. Au lieu de bassiner la partie contuse avec des liqueurs spiritueuses, l’eau-de-vie camphrée, l'eaa rouge, ou la solution de l’eau de boule de Nancy, il est préférable d'appliquer des compresses trempées dans de l’eau froide, qu’on. renouvelle à mesure qu’elles s’échauffent : cette médication, qu’on peut faciliter avec de la glace, prévient et modère les effets des contusions avec une efficacité trèsgrande, mais qui ne peut surprendre, puisque le résultat des contusions est l’inflammation, dont le froïd est le remède le plus rationnel.

Quand les contusions sont causées par un coup ou par une chute trop peu considérable pour qu’elle soit accompagnée d’une désorganisation notable et d’un dérangement grave dans l’élai habituel de la santé, la douleur qui accompagne ces lésions légères ne tarde pas à se dissiper, ainsi que la tuméfaction ; l’épanchement de sang qui forme des taches qu’on appelle meurtrissures est résorbé après une durée de temps plus ou moins longue ; l'énergie vitale suffit pour réparer ces désordres. D° CHARBONNIER.

CONVALESCENCE (de convalescere, se rétablir, se fortifier), intervalle qui s'écoule entre la cessation d’une maladie plus ou moins grave et le retour à la santé. Ce passage est une époque critique dans l’existence de l’homme : une menace de mort est écartée de lui, il est vrai, mais elle est encore trop peu éloignée pour ne pas être redoutable. Renversé sur sa couche, il demeure haletant et sans force, comme un naufragé que la tempête a jeté sur la rive presque inanimé, et que les vagues peuvent ressaisir. Dans cette situation, sa faiblesse extrême nécessite des secours et des soins presque égaux à ceux que la première enfance exige. La vitalité des organes, dont le jeu compose la vie, a été pervertie durant la maladie; leur tissu peut en outre avoir été altéré ; ils ne sont plus en rapport avec les excitants naturels qui les entretiennent et les font agir. Il faut restaurer les forces ; il faut rétablir la mesure normale de la vitalité de ces instruments ; favoriser la réparation des altérations qu’ils ont pu éprouver; ramener dans leur mouvement la liberté, l'énergie et l'équilibre, qui sont les conditions de la santé. La force conservatrice dont les corps organisés sont doués suffit sans doute pour opérer le rétablissement des malades dans un grand nombre de cas, mais dans plusieurs les impulsions de cette force qu’on appelle de l'instinct sont fallacieuses, et en se conformant à ces suggestions, on ne voit que trop communément résulter des rechutes plus graves que les maladies premières.

Il est difficile de déterminer rigoureusement la dernière période d’une maladie et le commencement de la convalescence : c'est une transition insensible pour tous autres que les médecins expérimentés ; des efforts critiques, l’état du pouls , la forme et la couleur de la langue, l’action générale des organes, ont pour eux des significations qu’on ne peut apprécier sans les connaissances de l’anatomie et de la physiologie. Mais quand l’état morbide a cessé réellement, on ne tarde pas à voir éclater des signes auxquels tout homme peut se fier. La pose du malade dans son lit devient aisée ; il recouvre un sommeil calme ; sa peau s’assouplit et devient humide; sa physionomie exprime le bien-être; sa respiration s’effectue librement; le sang circule chez jui lentement et tranquillement ; les excrétions, qui étaient diminuées ou supprimées, se manifestent de nouveau ; l’appétition des aliments se réveille et sans soif considérable; les mouvements de ses membres sont lents, mais non pénibles. Lorsque ce rétablissement persiste et va s’accroissant de jour en jour, la peau reprend sa couleur naturelle, les forces renaissent et la convalescence devient alors évidente. Mais si le sommeil est agité , si la circulation n’a pas repris un cours tran-

quille, si la pose du malade et son visage décèlenc encore l'anxiété ou le malaise, si la faiblesse persiste au même degré, l’état morbide, quelque amendé qu’il puisse être, existe encore; il peut reprendre une énergie nouvelle ou passer à l’état chronique. Cette dernière transition est souvent appelée, mais à tort, convalescence; cette dénomination ne lui convient point : elle n’est applicable qu'au rétablissement dont nous avons signalé ci-dessus les caractères,

La function qui est principalement troublée dans le cours des maladies, et qui influence le plus l’ensemble de l’organisme , est celle de la digestion. Les instruments qui l’accomplissent ont été plus ou moins affectés , soit directement, soit par sympathie : il a dû en être ainsi, car c’est sur eux qu’on trouve les racines de la vie animale ; c’est à eux qu’on adresse les substances qui nous alimentent; leur tissu contient des nerfs nombreux et complexes qui établissent d'étroites liaisons avec toutes les parties du corps. C’est de ces organes que les troubles du cœur et du cerveau irradient très-souvent. C'est sur eux en outre qu'on dirige les médications les plus usitées, tirées en grande parties des pharmacies, et si contraires aux excitants naturels de ces organes. Les soins que la fonction digestive, pour ainsi dire renaissante , exige, ont donc une importance majeure.

Le retour de l'appétit est le premier signal de la convalescence pour le vulgaire : c’est ordinairement un indice rassurant, mais il peut être trompeur, et est souvent un écueil dangereux. C’est avec la plus grande réserve qu'il faut satisfaire ce premier besoin des aliments : on doit n’accorder d’abord que des substances d’une facile décomposition : telles sont les fécules, si variées aujourd’hui, qu’on apprête au maigre, soit avec l’eau, soit avec le lait, et dont on corrige l'insipidité par le sucre; les bouillons de poulet, de poissons, de veau, qui servent à composer des potages avec le riz, le maïs et les différentes pâtes farineuses, les échaudés, des biscuits sans aromates , le pain bien cuit, les œufs frais, les gâteaux au riz, au vermicelle, au maïs, etc. On fait un usage trop étendu de bouillons de bœuf au début de la convalescence; ils sont tres-nutritifs, il est vrai, mais trop excitants, comme on le reconnaît à la soif qu'ils allument. C’est plus tard qu’il convient de les donner ; encore faut-il qu’ils soient très-légers ou coupés, soit avec l’eau, soit avec le lait. On peut ajouter à cette liste des légumes et des fruits d’une saveur douce. Quand cette alimentation première resfaure évidemment et sans causer d’accidents, on peut donner des viandes blanches, rôties ou bouillies , et sans épices ; quelques poissons frits, qu’on dépouille ensuite de leur peau, tels que des merlans, limandes , et en général ceux qui sont peu savoureux. Les anguilles, le saumon, l’alose, qui plaisent beaucoup plus au goût, doivent être exclus comme étant d’une digestion difficile. Il est bon de varier l'alimentation, mais quand la convalescence est franche, le goût n’est pas difficile, et c’est un signe très-favorable. Il est important de ne prendre les aliments qu'avec une grande modération, et à ce sujet l’axiome populaire : il faut manger moins et plus souvent est très-plausible. Il ne faut cependant pas pousser la réserve trop loin , surtout chez les enfants et chez certains sujets , comme aussi après quelques maladies accompagnées de perte de sang considérable , des fièvres éruptives, comme la rougeole, la variole, etc. Les boissons doivent être de l’eau pure ou édulcorée avec du sucre ou du sirop de gomme. L’habitude du vin permet d’en ajouter graduellement de faibles quantités. Il fant s’abstenir rigoureusement du café et des liqueurs spiritueuses.

A l'exception de quelques cas, il ne faut administrer aucun médicament aux convalescents ; le préjugé qui induit à leur donner des potions purgatives, afin de chasser complétement les humeurs, est aussi ridicule que funeste : c’est un moyen très-puissant pour ressusciter les maladies , et on n’en voit que trop souvent des preuves. Aussitôt que les aliments excitent des troubles qui s’annoncent par la soif, la chaleur,

l'accélération du pouls, l'agitation du corps, le malaise, le défaut d’un sommeil tranquille, il faut suspendre complétement l'alimentation solide , donner des boissons aqueuses : cette suspension momentanée suffit communément pour ramener le calme. L'alimentation est plus difficile à régler après des maladies qui ont duré plus ou moins longtemps qu'après celles dont la durée a été plus ou moins brève : le régime convenable doit être observé pour les premières avec beaucoup plus de sévérité et de constance, parce qu’il est souvent le principal moyen de traitement.

Quand la fonction digestive se rétablit dans toute son étendue, on ne tarde pas à s’en apercevoir par un prompt retour à l’état normal; maïs si l’alimentation ne produit pas cet effet, si le manger ne profite point, comme on le dit vulgairement, c’est un augure sinistre, reconnu et signalé par Hippocrate, un des meilleurs observateurs de la nature. La fonction de la respiration doit être favorisée autant que possible. A cet effet, on renouvellera l'atmosphère de la chambre du convalescent, et on s’appliquera à la tenir à la température de 18 à 20 degrés centigrades, en allumant le feu durant l'hiver, en choisissant l'exposition du nord pendant l’été, et en ayant recours aux courants d’air: ces soins erpêcheront en même temps l’air d’être humide, condition qui serait défavorable. Des soins spéciaux sont nécessaires après les affections de poitrine qu'on appelle pleurésies, inflammations ou fluxions de poitrine, etc. Les poumons, instruments de la fonction respiratoire, ayant été principalement affectés, demandent une attention particulière : la première @t de ménager aussi soigneusement qu’on le peut l'exercice de ees organes. L'air, qui est leur excitant naturel, doit être plus frais que chaud ; il est souvent utile d’atténuer son action excitante en vaporisant de l’eau dans l’atmosphère de la chambre et en la renouvelant très-peu. On impose en même temps le silence aux convalescents, soin important, et sur lequel il faut quelquefois insister longtemps et avec la sévérité de ne communiquer que par écrit. La faiblesse, à la suite des inflammations pulmonaires à l’état aigu , est ordinairement très-grande , ayant été produite par le trouble même de la respiration, comme aussi par le traitement qui a exigé des saignées plus ou moins abondantes et une privation d’aliments plus ou moins rigoureuse, Toutefois, cette faiblesse n’est pas redoutable, et il ne faut point recourir à une alimentation copieuse, ainsi qu’à des substarces stimulantes, pour rappeler les forces, parce que ces moyens, qui activent la circulation, réagissentsur les poumons.

Dans le cas où le cœur à été l’origine d’une maladie, il est nécessaire de ménager son action autant que possible par le repos du corps et le calme moral, par une alimentation légère, en plaçant le convalescent dans un milieu très-tempéré, et en veillant à ce que ses vêtements ne puissent entraver le cours du sang. Les fonctions de la peau doivent être entretenues soigneusement et excitées s’il en est besoin. A cet effet, on doit préserver les convalescents du froid par des couvertures et des vêtements convenables; cependant, il serait dangereux de les soumettre à une chaleur au delà des degrés tempérés, parce que le calorique exerce une action excitante des plus énergiques ; il est bon de prescrire quelques bains à la température de 26 à 27°, de pratiquer des lotions et des frictions sur les diverses régions du corps, si la transpiration s'effectue difficilement. On entretiendra la tête aussi proprement que possible, surtout chez les enfants; mais ce n’est que lorsque la santé est rétablie qu’on peut se hasarder à couper les cheveux.

On doit favoriser les évacuations excrémentielles quand elles ne s'effectuent point ; à cet effet, on fera usage de lavements émollients pour remédier à la constipation, qui est assez fréquente durant la convalescence. On administrera des boissons purement aqueuses ou émollientes, si les urines sont trop rares; mais si la convalescence succède à la maladie des reins qu'on appelle néphrile , il faut alors donner très-

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