‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 331 sur 607 · CONVALESCENCE — CONVENANCE · texte numérisé non relu

CONVALESCENCE — CONVENANCE

peu de boisson, afin de ne pas activer la fonction des organes sécréteurs de l'urine : dans ces mêmes cas, il faut éviter de donner aux convalescents aucune préparation culinaire dans laquelle il entre de l'oseille, parce que ce végétal coutient un acide qui concourt souvent à la production de calculs, dont l’existence dans les reins ou dans la vessie est trèsredoutable.

Les fonctions cérébrales doivent être aussi l’objet d’une attention très-grande; il est bon de procurer aux convalescents des distractions morales au moyen de la conversation, de la lecture et de la musique, en évitant de causer de la fatigue ; il est important de prévenir autant qu’on le peut les impressions vives. Dr CHANBONNIER.

Des salles destinées aux malades convalescents étaient généralement en usageautrefois dans les hô+itaux de Paris. Au dix-septième siècle deux asiles furent établis pour ceux de l’hôtel-Dieu et de la Charité. En 1819, Montyon légua aux hôpitaux une somme de 4.859,220 fr., dont le revenu devait être distribué aux pauvres malades guéris. On mit alors en avant le projet d’un hôpital de convalescents; mais il fut alors écarté par l'administration, et plusieurs fois depuis. Les convalescents restèrent confondus dans les hôpitaux avecles malades jusqu’à la fondation, en 1855, des asiles spéciaux de Vincennes et du Vésinet, aux environs de Paris,

On doit également à l'initiative privée diverses maisons de convalescence, entre autres l'asile Degérando (1839), à Paris; la Société de patronage des enfants convalescents, qui date de 1847; la maison de La Roche-Guyon (1850), près de Mantes, fondée par le comte de La Rochefoucauld; et l’asile Sainte-Hélène, à Epinay, non loin de Brunoy.

CONVENANCE. Dans son acception morale, ce mot s’entend d’une sériede mille petits devoirs imposés à l’homme dans ses rapports avec la société ou avec ses semblables. Ces devoirs consistent à dire et à faire tout ce qu’il est convenable de faire et de dire, à éviter ce qui ne l’est pas, non d’après les vieilles lois de la nature, qui se résolvent dans cette maxime humaine ou divine : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fût fait à toi-même »; mais d’après les lois que la civilisation y a ajoutées pour gêner, contraindre et fausser la liberté naturelle. Encore ces lois ne sont-elles pas écrites. C’est dans la fréquentation du monde social qu’on les apprend, C’est une longue suite d’usages qu’enseigne l'exemple plutôt que la théorie, d’habitudes qu’on se donne, de chaînes qu’on s'impose; et plus on remonte dans l'échelle sociale, plus ces chaînes se multiplient sous le nom de formes , de façons, de manières, qui, dans la sphère la plus élevée, vulgairement appelée la cour, entrent dans le code souvent bizarre de ce qu'on nomme étiquette.

Il est des convenances qui tiennent aux mœurs de l’huinanité en général; c’est le domaine de la philanthropie, sans distinction de peuples, vertu presque ignorée des anciens, qui n'avaient que du patriotisme ; le moyen âge ne fut pas plus l'époque de cette philanthropie que celle des autres vertus sociales. Le mot convenance n'avait pas alors de pluriel, n'avait pas même d'acception généreuse. On ne l'entendait que dans son intérêt propre. On ne se mettait pas en peine de ce qui convenait à son voisin; on ne voyait que ce qui convenait à soi-même. C'était le contraire du temps qui a succédé à cet âge d'ignorance et de brutalité, Cette pudeur publique, ce respect humain, sont des eréations morales qui datent de ce qu'on appelle la renaissance des lettres. La convenance est aujourd’hui un sacrifice que fait l'individu à l'espèce, la passion individuelle à la morale publique. De cette direction imprimée aux esprits par la marche de la civilisation est né ce qu’en dira-t-on? question que chacun se fait avant de céder à l'impulsion de ses besoins ou de ses désirs. Ce n'est pas toul à fait la vertu, car elle consiste dans l’abnégation de tout égoïsme ; et cette même civilisation a créé trop de besoins nouveaux pour

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