‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 337 sur 607 · CONVERSION — CONVIVE · texte numérisé non relu

CONVERSION — CONVIVE

qui est durable; la conviction peut enfanter l’un sans produire lPautre; elle est parfaite lorsqu’elle réunit les deux conditions. Sans doute la conviction qui est le fruit de la réflexion est fort à priser, parce qu’elle proportionne les moyens au but. Cependant elle se trompe aussi; car enfin elle s’appuie sur le raisonnement, qui en politique peut étre d’une justesse admirable dans les déductions, et rester faux pour toujours dans l'application. Les gens vertueux se trompent encore dans leur conviction : ce ne sont pas les lumières qui leur manquent, mais la bienveillance les couvre, et ils donnent aux autres la pureté de leurs propres sentiments. Quant à la conviction qui naît fout à coup, celle du peuple, elle est souvent sublime, et par les sacrifices qu’elle s'impose et par les résultats qu’elle obtient ; mais elle devient terrible si cette conviction a été soufflée par des sophistes, race perfide et abjecte, qui fait noyer dans le sang toutes les améliorations que le génie et la vertu avaient découvertes et préparées. Les croyances religieuses ont cet avantage sur la conviction, qu’elles y tracent d’une façon impérative la ligne que celle-ci suit à son gré, mais en s’égarant quelquefois. SAINT-PROSPER.

CONVICTOLITAN. César, maître ®Avaricum (Bourges), se préparait à continuer la guerre contre Vercingetorix, lorsque les principaux parmi les Éduens vinrent le prier de secourir leur cité, dans l'extrême danger où elle allait tomber. D’après leurs antiques lois, disaientils, un magistrat unique était créé pour l’année seulement. Or, en ce moment il y en avait deux qui se disaient l'un et l'autre nommés suivant les lois. L'un était Convictolitan, jeune homme d’une naissance illustre ; l'autre Cotus, issu d’une très-ancienne famille, très-puissant par lui-même et par ses grandes alliances, et dont le frère, Valétiac avait, etl'année précédente, rempli la même magistrature. Toute la nation était en armes, le sénat partagé, le peuple divisé, chacun à la tête de ses clients. L'élection de Cotus n'était point légale : d’abord , il était défendu par la loi des Éduens d'admettre dans le sénat deux personnes de la même famille, toutes les deux vivantes, ce qui avait eu lieu pour Cotus; en outre, Cotus avait été proclainé par son frère, en présence d’un petit nombre de personnes secrètement convoquées, dans un temps et dans un lieu autres que le voulait la constitution du pays. Au contraire, Convictolitan avait été élu par les prêtres, suivant l’usagé de la cité, et avecle concours régulier des magistrats. César partit de Bourges et se dirigea sur Décize (sur la Loire), où il manda tout le sénat éduen, Là, après avoir pris connaissance de l'affaire, soit politique, soit équité, il se rangea du côté des lois, obligea Cotus de se démettre de sa magistrature, et ordonna que le pouvoir fût remis à Convictolitan. A peu de temps de là, Convictolitan se trouva engagé dans la défection des Éduens , lesquels scellèrent avec le sang des chevaliers romains égorgés à Nevers leur alliance avec Vercingetorix. César ne dit point ce que devint ce chef des Éduens, ni s’il prit un commandement dans l’armée de la Gaule confédérée. Il fait, au contraire, mention de Cotus, lequel commandait la cavalerie des Éduens, et fut pris dans lecombat de cavalerie qui força Vercingelorix à s’enfermer dans Alise. Une révolution avaitelle eu lieu dans l’intervalle de la réintégration de Convictolitan par César et de la défection des Éduens? cette révo lution l’avait-elle de nouveau dépossédé au profit de Cotus nommé chef des forces éduennes? ou enfin la haine contre César aurait-elle réconcilié Convictolitan et Cotus, investis, dès lors, l’un de la puissance civile et l’autre de la puissance militaire? C’est ce que César n'indique point dans le récit trop sommaire où il a parlé de cette dispute pour Pautorité suprême dans la cité des Éduens.

D. Nisanp, de l’Académie Française,

CONVIÉ, Voyez Cunvive.

CONVIVE, CONVIÉ. Ces mots signifient tous deux personnage invité à un repas, Ils viennent du latin convio

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