‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 339 sur 607 · CONVIVE — CONVOI · texte numérisé non relu

CONVIVE — CONVOI

logiques; mais cette année-là, sous prétexte qu'il était une cause de dissensions dans l’Église, la couronne lui enleva jusqu’au droit de délibérer. Depuis, ses réunions n’ont donc plus été qu’une affaire de forme, une pure fiction, comme tant d’autres vieilles coutumes constituant ce qu'on appelle la constitution anglaise. Tous les ans, quand la couronne convoque la chambre des lords et la chambre des communes, le même wrif convoque les chambres ecclésiastiques ; mais ce parlement dérisoire ne tient qu’une seule séance, au milieu de laquelle un huissier vient infailliblement lire une ordonnance de prorogation; et cela se renouvelle à chaque session.

Tout récemment on a vu se former dans le clergé anglican un parti nombreux, obéissant à l'agitation religiense provoquée par les doctrines du puseysme et ne supportant qu'avec impatience l’état d’asservissement où l'élément spirituel est depuis longtemps réduit en Angleterre par le pouvoir temporel, alors que sous ses yeux, et au cœur même de son domaine, l’Église catholique, libre de toute entrave temporelle, découpe tranquillement sa carte en diocèses, tient des conciles et brave impunément des lois désormais impuissantes. Ce parti a donc senti le besoin de défendre l'Église anglicane; résultat qui u’est possible qu’à la condition de rendre à cette Église sa liberté d’action. II s’est en conséquence efforcé de rendre à la Convocation quelque peu de l’importance et de la vie qu’elle avait autrefois; mais jusqu’à ce jour cette agitation angiicane, dans laquelle on a voulu voir des tendances secrètes à reconstituer au profit de la haute Église un pouvoir clérical et théocratique complétement indépendant de l'État, n’a produit aucun résultat appréciable.

CONVOI. Dans l’art militaire, on appelle ainsi une réunion de transports conduisant d’un point à un autre des munitions de guerre ou de bouche, des bagages, des effets d’armement et d'habillement, etc. On donne ce même nom à des colonnes de malades, de blessés, de prisonniers de guerre, qu’on est obligé de faire marcher sous escorte, pour les couvrir d’une attaque ou pour les empêcher de se débander. Les convois les plus importants sont ceux de munitions de guerre, de vivres et d'effets d’habillement et d’armement, parce que, devant servir au remplacement des consommations journalières, leur mouvement est obligé, et on ne peut presque jamais choisir les circonstances dans lesquelles ils pourraient avoir lieu d’une manière plus commode et plus sûre. Les autres convois peuvent presque toujours se retarder assez pour qu’on puisse choisir des circonstances opportunes.

La formation de l’escorte des convois, sous le rapport de l'espèce des troupes qui y sont employées et de leur nombre, dépend de la double considération de la nature du terrain qu'ils ont à parcourir et du danger qu'on peut prévoir qu'ils auront à courir, Quelques considérations sufiront pour donner une idée des règles générales à suivre dans les différents cas. Un convoi de 800 voitures forme une colonne d’une lieue de long, s’il marche sur deux de front , ce qui n’est guère possible que sur une grande route, Dans les chemins vrdinaires, la colonne est d'une longueur double, Il est donc facile de concevoir que l’escorte ne saurait être assez nombreuse pour la couvrir dans toute son étendue, de manière à la défendre partout à la fois. L'emnemi ne l'attaquera lui-même pas partout en force. 11 faudrait alors, de part et d'autre, une armée, et l'attaque et la défense d'un convoi deviendraient une bataille, L’escorte ne doit donc avoir que la force suffisante pour résister avec succès au corps ennemi qu'on peut présumer devoir l'attaquer, et ce corps est de moins en moins fort, à mesure que la route du convoi est plus éloignée de l’armée ennemie; car l'attaque d’un convoi ne peut avoir lieu, avec quelques chances de succès, que par une espèce de surprise, c'est-à-dire par un mouvement dérobé à la connaissance de l’armée à laquelle

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