‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 340 sur 607 · CONVOI · texte numérisé non relu

CONVOI

fl est destiné. Or, un corps un peu considérable, détaché à une grande distance , ne peut pas tenir son mouvement si caché qu'il soit impossible de prévenir l'effet qu’il doit produire, en envoyant contre lui un détachement aussi fort.

Ces considérations sont celles qui doivent déterminer la composition de l’escorte des différents convois. L'objet de calui qui l'expédte et de celui qui le commande est double : d’abord, de connaître ce qui se passe autour du convoi à une distance assez grande pour qu'on ait le temps de faire les dispositions de la défense avant Pattaque; en second lieu, de connaître la direction des mouvements de l'ennemi, et par là quel est le point du convoi sur lequel doivent porter ses efforts. Il faut donc que l’escorte soit composée de troupes de combat et detroupes qui éclairent, c’est-à-dire de troupes de ligne et de troupes légères. Si Le pays que leconvoi doit traverser est uni e! découvert, les troupes léuères qui doivent léclairer, devant, derrière et sur les flancs, devront être à cheval, c’est-à-dire en entier de cavalerie légère. Si, au contraire, le pays est boisé, montagneux ou accidenté, il faudra que les troupes légères qui couvrent le convoi soient composées d'infanterie et de cavalerie, parce que cette dernière arme seule ne saurait découvrir les embuscades que l’ennemi peut avoir tendues dans des lieux inabordables pour elle. Les troupes proprement chargées de la défense du convoi doivent être de l'infanterie de ligne, parce que leur missior est simplement de l’accompagner et de combattre de pied ferme.

Lorsqu'un convoi est attaqué, le premier soin de l'officier qui est chargé de sa conduite doit être de se concentrer en diminuant la longueur de la colonne. Pour cela il fera doubler et tripler, s’il se peut, les files des voitures, quand même elles pourraient éprouver quelques difficultés à marcher dans cet ordre. Cela fait, il doit, s’il se trouve en avant, dans la direction de la marche, une position : vantageuse où il puisse, soit adosser son convoi à un «stacle, soit se trouver mieux en mesure de le défendre, faire doubler le pas aux voitures pour atteindre cette position le plus promptement possible. Alors il pourra réunir la plus grande partie de ses forces, et tenter contre l'ennemi un effort pour le battre et l'éloigner. Si l'attaque a lieu pendant le passage d’un défilé , ce sera probablement la queue du convoi qui sera attaquée, afin de profiter de la difficulté où l’on se trouvera d'empêcher l’encombrement. Dans ce cas, ce que le commandant aura de mieux à faire sera de faire gagner à la té!e du convoi une distance suffisante pour pouvoir placer en avant du défilé la totalité du convoi, en doublant, triplant ou quadruplant même les files, si on le peut; de couvrir cette tête par son avant garde; de faire occuper l'entrée du défilé par un détache ment chargé de faire filer les voitures au pas redoublé, en empêchant l'encombrement, et de se porter avec ses forces principales à la queue du convoi, pour contenir l'ennemi. Le passage effectué, il fera embarrasser le défilé derrière lui, et fera marcher de nouveau le convoi en dédoublant les files. L'objet principal du commandant de l’escorte doit être d'empêcher l'ennemi de prendre ou brûler le convoi, et ce but est manqué dès l'instant où les troupes se servent des voitures pour se couvrir. Ce moyen ne doit être employé qu’à la dernière extrémité, et alors même il vaut mieux brûler soi-même le convoi, et essayer de se faire jour avec les troupes.

Nous ne dirons rien de l'attaque, dont les dispositions doivent varier selon la nature du terrain où elle a eu lieu, et la proportion qui existe entre les forces assaillantes et les défensives. Gel G. DE VAUDONCOURT.

CONVOI (Chemins de fer). Il circule sur tous les chemins de fer deux espèces de convois ou de trains (les deux mots sont synonymes) : les convois de voyageurs et les convois de marchandises. Les premiers se subdivisent eux-mêmes en convois express, omnibus et spéciaux ; il

y en à d’autres, dits mixtes, qui transportent à la fois des voyageurs et des marchandises, Celle matière a élé réglée en France par l'ordonnance du 15 novembre 1846. Tout convoi de voyageurs doit contenir en nombre suffisant des voitures de toutes classes, sauf autorisation spéciale, et pourvu que le nombre des voitures à quatre roues n’excède pas 24. Il est accompagné d’un m écanicien, d'un chauffeur et de conducteurs garde-freins, II ne peut être remorqué que par une seule locomotive, placée en tête, sauf les cas déterminés où l'emploi d’une machine de renfort est jugée nécessaire. Chaque convoi doit être éclairé la nuit. Sur les chemins français c’est sur la voie de gauche que marchent les convois. On nomme {rains montants ceux qui s’éloignent du point de départ et trains descendant: ceux qui y reviennent.

Les convois express sont les convois à très-grande vitesse (entre 55 et 65 kilom. à l'heure); ils ne se composent que de 8 ou 10 voitures au plus, réservées à la première classe, et ne desservent ordinairement que les stations les plus importantes.

Les convois omnibus, composés de {outes classes, ont en général une vitesse régulière de 45 kilom. à l'heure; mais leur vitesse effective est beaucoup moindre à cause de leurs nombreux temps d’arrêt aux stations. k

Les convois mixles ont une vitesse toujours moindre que celle des convois qui ne contiennent que des voyageurs.

Quant aux convois spéciaux, dont la marche n’est pas indiquée au tableau, ils comprennent d’une part les /rains de plaisir, qui se sont tant multipliés sur toutes les lignes, et de l’autre les trains qui peuvent être demandés pour Pusage d’un seul voyageur; le prix payé dans ce dernier cas est réglé à raison de 5 fr. par kilomètre.

Enfin les convois de marchandises peuvent se composer d’un nombre quelconque de voitures et ètre remorqués par une ou plusieurs machines. Ils ne sont pas astreints à la même exactitude dans leur marche que les convois de voyageurs; leur vitesse habituelle est de 25 à 30 kilom. à l’heure.

CONVOI (Marine), réunion d’un certain nombre de navires marchands qui font route, en temps de guerre ou dans des mers infestées de pirates, sous l’escorte et la protection d’un ou plusieurs bâtiments de l’État, chargés de les défendre contre toute attaque de l’ennemi. L’ofücier qui commande le convoyeur (navire qui protège le convoi) délivre d'ordinaire à chaque capitaine des bâtiments qui le composent une lettre par laquelle ils sont autorisés à se mettre sous sa protection, et qu'on appelle Leftre de convoi, Il établit de plus sur son bord des signaux réguliers, servant à transmettre ses ordres ou ses avis. Les bâtiments du commerce qui font partie d’un convoi sont assujettis aux lois de la discipline à l'égard de l'officier qui les protège.

On a vu fréquemment un navire convoyeur, quand l’ennemi venait à sa rencontre, livrer bataille et amuser son adversaire, afin de donner le temps au convoi de poursuivre sa route, Aussi le salut du convoi a-t-il été souvent acheté par la prise ou la défaite du convoyeur. Le nombre de navires de l'État affectés à un convoi de voiles marchandes est proportionnel à la quantité de celles-ci, à l'importance de leur cargaison et au plus ou moins de chance de leur arrivée à bon port.

Le combat du 14 prairial, dirigé par Villaret de Joyeuse servit à favoriser l'entrée à Brest du fameux convoi de sub sistances depuis si longtemps attendu, et dont la France avait un si pressant besoin. Souvent un convoi est composé de bâtiments de transport appartenant à PEtat, qui marchent à la suite d’une force navale suffisante pour leur servir d’escorte et les protéger jusqu’à leur destination.

Parmi les différents ordres de la tactique navale, on dis-

tingue celui de convoi, où tous les vaisseaux (armée ou escadre) sont rangés sur une seule ligne, et naviguent dans les eaux les uns des autres, marchant à la file, dans une même direction autre que le plus près.

CONVOI FUNEBRE. Le Voltaire de l'antiquité, le plus spirituel et le plus original des écrivains grecs, Lucien, se moque assez malignement des croyances et des usages qui présidaient aux funérailles chez les différents peuples. Il s’attaque surtout à ces exagérations de la douleur, qui font que les vivants ont un air plus triste el plus misérable que Le mort. « Plusieurs des assistants, dit-il, se roulent à terre, se frappent la tête contre les murs, s’arrachent les cheveux, s’ensanglantent les joues, fandis que le mort, parfumé, couvert de vêtements magnifiques, la tête couronnée de fleurs, repose en pompe sur un lit de parade, »

Par suite de la décadence morale amenée par les désordreset les scandales de Louis XIV, du régent et de Louis XV, il s'était établi la plus affligeante indifférence des vivants pour les morts, et l'oubli presque général du culte des tombeaux. « On devrait, disait Mercier, louer, comme les anciens , des pleureurs aux enterrements, puisque nous ne venons plus avec une seule larme à la mort de nos parents et de nos amis. » Que si le défunt éiait pauvre, sa dépouille mortelle, renfermée dans trois planches de sapin et assez mal unies, el à peine recouvertes d’un sale drap noir, ne faisait qu’apparaitre sur le seuil de la paroisse ; et comme si l’on eût été pressé dela jeter dehors, on expédiait son âme pour le ciel avec une parcimonie de prières, avec une lésinerie de préparatifs vraiment insultantes sous l’empire de la religion du Christ, le restaurateur de l'égalité dans le monde. Alors, deux hommes, revêtus des livrées de la misère, s’emparaient du corps, qui souvent faisait seul avec eux le triste et dernier voyage, pour aller se perdre dans la fosse commune, où chacun voyait s’engloutir ce qu’il avait de plus cher. Pascal semble avoir caractérisé cette interruption des rapports de la vie avec la mort par ces mots terribles : « On jetteun peu deterre, et en voilà pour jamais, » Maintenant les corps ne sont plus portés à bras par des mercenaires ni exposés à tomber dans la boue et à être arrachés de leur cercueil brisé par une chute. Le pauvre a son char funèbre comme le riche. Les convois sont remarquables par la décente du cortége officiel, par l’affluence des amis et des parents, par l’attitude affligée, ou tout au moins grave et sérieuse. Mercier disait de Paris en 1783 : « Il n’y a point de ville où le spectacle du trépas fasse moins d'impression. » Effectivement, un convoi, à moins qu’il ne fût remarquable per la magnificence, passait inaperçu ; à peine se dérangeait-on pour faire place au mort. De nos jours presque tout le monde se découvre devant un convoi stationnaire ou en marche. On se dit, en regardant le mort inconnu : “ C’est un homme qui va où nous irons fous; » et on le salué comme un membre de la grande famille qui ne cesse de mourir et de renaître.

Un peintre distingué, Vigneron, nous semble avoir conçu à la manière du Poussin le tableau du Convoi du Pauvre, n'ayant pour cortége que son chien. Cette composition rappelle la réponse célèbre d’un mendiant : « Si je perds mon chien, qui est-ce qui m'aimera? » Les convois des ouvriers surtout offrent presque toujours une grande affluence; ou quand un petit nombre de personnes accompagnent le char funèbre, on voit dans ce petit nombre tous les signes d’un véritable deuil. Après le convoi du pauvre, qui reçoit de ses associés d’infortune sa fête de mort, rien ne donne de plus vives et de plus douloureuses émotions que le convoi de la jeune vierge que ses compagnes, vêtues de blanc, le front paré d’innocence, les joues colorées par de brûlantes larmes, conduisent au lieu fatal où tout vient aboutir.

D’autres convois, dont Paris a donné le spectacle, réveil

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