CONVOI FUNÈBRE — CONVULSION
lent d’autres pensées et d’autres sentiments. Qu'un grand citoyen meure, la foule le suit à sa dernière demeure. Qu'un grand fonctionnaire quitte ce monde, on va voir passer son char funèbre avec un sentiment de curiosité; des milliers d'inconnus suivent le convoi d’un chef de parti; l’homme privé disparaît devant l’homme public ; un parti croit compter ses adhérents dans le cortége du mort. De sanglantes collisions ont signalé quelques-unes de ces funérailles.
Après chaque révolution, chaque émeute, de longs convois de victimes circulent dans la capitale; les couleurs nationales se marient aux fanfares et au bruit des tambours. On s’incline devant ces martyrs dont le sang a si rarement fait avancer la cause qu'ils croyaient servir.
P.-F. Tissor, de l’Académie Française,
CONVOITISE, penchant déréglé et qui nous porte foujours à tâcher de saisir ce qui appartient à autrui. La convoitise est donc, par sa nature, un vice bas et abject, abstraction faite des objets auxquels elle s’attache. L’envie n'exclut pas les grandes qualités : elle en est quelquefois la compagne et même le véhicule. Maïs la convoitise est timide el peureuse; elle chemine dans les ténèbres ou par des routes détournées : la ruse et l’astuce sont ses moyens favoris de succès; enfin elle corrompt, si le gain doit surpasser pour elle la dépense. L'amour peut quelquefois conduire jusqu’au crime, La convoilise a une autre marche; il faut, pour qu’elle se passionne, qu’elle ait des droits à enfreindre : elle s'attache donc à séduire la femme qui a des devoirs à remplir ; c’est là le stimulant qui l’aiguise, Si maintenant nous passons à des objets purement matériels, nous voyons que la convoitise pousse tôt ou tard dans cette route où aboutit le vol. Le paysan, après avoir quelque temps convoité une portion du champ de son voisin, augmente un peu chaque jour ses tentatives d’empiétement jusqu’à ce que l’usurpation soit accomplie. Le meilleur remède à opposer ici, c’est une éducation qui soit tout à la fois morale et élevée : dans le premier cas, elle délivre de ce genre de convoitise qui s'attache aux plaisirs des sens ; dans le second, elle donne de l'élévation à l'esprit, qui ne cède plus dès lors qu’à une généreuse émulation. SAINT-PROSPER.
CONVOL. En termes de pratique, c’est l’action de contracter un second mariage : on dit dans ce sens convoler à de secondes, à de troisièmes noces. Les dangers de cette union, lorsqu'il existait des enfants d’un premier lit, ont été signalés de tout temps; Athénagore l’appelait même un 2onnêle adultère. On sait cependant que les premiers Romains recommandaient instamment à leurs veuves, lorsqu'ils mouraienl, de se remarier pour donner des enfants à la patrie. Un grand nombre d’édits dans notre ancien droit avaient prohibé les secondes noces lorsqu'il existait des enfants d'un premier mariage. La législation actuelle a conservé quelques traces de cette répugnance pour les seconds mariages; car dans ce cas celui des époux qui convole ne peut attribuer à l’autre par donation contractuelle qu’une part d'enfant le moins prenant, pourvu encore qu’elle ne dépasse pas le quart de ses biens.
CONVOLVULACÉES, famille de plantes dicotylédones monopétales hypogynes, qui tire son nom de son principal genre, le convolvulus, et qui se compose d’un assez grand nombre d’arbrisseaux et d'herbes souvent laiteux, et renfermant des sucs qui possèdent, souvent à un haut degré, des propriétés purgatives. Ce sont des convolvulacées qui fournissent le ja la p et la scammonée.
CONVOLVULUS, nom latin et scientifique du lis eron.
CONVULSION (en latin convulsio, de convellere, secouer, ébränler). 11 n’est personne à qui ce mot ne représente les mouvements désordonnés que provoquent parfois les souffrances physiques et morales auxquelles la fragile humanité est si souvent en proie, Cependant nous manquons encore d'une bonne définition scientifique des convulsions,
CONV ULSION
Quelques-uns les définissent des mouvements irréguliers des muscles, qui dans l’état ordinaire obéissent à la volonté ; réservant le mot spasme pour exprimer les contractions exagérées des muscles qui entrent dans la composition des viscères de la vie organique. D’autres comprennent par le mot convulsion toute contraction anormale de la fibre musculaire en général. Mais il est des organes non musculaires qui peuvent être le siége de ces contractions ; de sorte que, pour être exact, nous croyons pouvoir définir les convulsions : des mouvements brusques , irréguliers, involontaires de la fibre organisée contractile ; ce qui n’empêche pas que les convulsions ne soient incomparablement plus fréquentes dans les muscles, dans ceux surtout qui sont soumis à l'empire de la volonté,
Les convulsions constituent les phénomènes les plus saillants de certaines maladies nerveuses, telles que l'épile psie, l'hAystérie, la danse de Saint-Guy; ce sont elles qui expulsent le contenu de l'estomac, des intestins, de la vessie, de l’utérus même , lorsque l'aspect d’un objet dégoûtant , la frayeur, le travail de l'accouchement ou quelque maladie de ces organes en déterminent les contractions. Les sanglots de la douleur, les angoisses de l’asthme, la toux de la coqueluche, sont des convulsions de l'appareil respiratoire ; les mouvements violents, précipités, inégaux, par lesquels le cœur répond à tant d’impressions diverses , sont aussi des convulsions de cet organe.
On comprend déjà combien doivent être nombreuses et variées les causes provocatrices du phénomène qui nous occupe. Ces causes tiennent à la constitution particulière de l'individu et à une infinité d’impressions accidentelles. Le système nerveux , agent essentiel des convulsions, présente en effet une susceptibilité très-variée suivant l’âge, le sexe, les habitudes : ainsi les enfants, les femmes, les individus énervés par la mollesse, débilités par les maladies , ou dont ka sensibilité se trouve exaltée par les passions, les travaux intellectuels , etc., sont spécialement sujets aux convulsions. Qui ne sait que certaines personnes ont des spasmes, des convulsions, à l'aspect d’un objet inattendu, à l’odeur d’un parfum pénétrant, aux sons d’une musique passionnée , à la moindre titillation? Qui ne sait les désordres nerveux que peuvent occasionner les passions turbulentes, telles que la joie, la colère, la terreur, la jalousie, même la tristesse et l’ennui prolongé? Cet ébranlement nerveux peut naître même d’un simple souvenir; enfin, il peut dériver de cette tendance à limitation, de celte sympathie qui nous porte à suivre automatiquement les gestes d'autrui. C’est ainsi que s'expliquent en partie les prétendues possessions si communes dans ies siècles d’ignorance (voyez Convu.- SIONNAIRES ), les merveilies du magnétisme et la contagion de certaines maladies nerveuses. Ainsi, les convulsions, comme {ant d’autres infirmités, sont dans bien des cas un funeste présent de la civilisation. Cependant il en est qui résultent de la simple condition d’être vivant, et sujet, par cela même, à d'inévitables maladies : c’est ainsi que la présence des vers et le travail de la dentition chez les enfants, les désordres des fonctions sexuelles, et l’acte de la parturition chez la femme, l’ingestion de substances irritantes et vénéneuses , les hémorrhagies abondantes, les inflammations et les blessures graves, celles surtout qui affectent le tissu nerveux , enfin toutes les lésions internes et externes , constituent des causes indépendantes de la susceptibilité indivi« duelle, laquelle ne fait qu’ajouter à la gravité des accidents.
Toute convulsion suppose une atteinte directe ou inditecte portée au système nerveux; mais sil est permis dans quelques cas d'apprécier la nature et l'intensité de la lésion de ce système, il est une foule de circonstances dans lesquelles cette lésion n’est appréciable que par ses résultats. Ainsi, l'inflammation , ia compression, la déchirure du cerveau, dé la moelle épinière ou des nerfs, expliquent trèsbien ‘’apparilion des accidents convulsifs ; mais où gt la rai-
DICT, DE LA CONVERS. — T. v1.
son de ceux qui se développent sous l'influence d'une impression morale? C’est que tout est encore mystère dans € qui se rattache au phénomène le plus abstrait de la vie, la sensibilité.
Les convulsions présentent des formes et des combinaisons infinies : elles sont partielles ou générales, suivant qu’elles affectent une partie ou la totalité du corps; intermittentes ou continues , aiguës ou chroniques, suivant leur type et leur durée. Quand elles apparaissent groupées d’une certaine manière et sous des formes déterminées, elles constituent certaines maladies qui ont reçu des noms particuliers : tels sont le {étanos, l'épilepsie, la chorée, l’'Aystérie , les différents {ics, etc. Les autres espèces sont comprises sous le nom générique de convulsions, auquel on ajoute une circonstance explicative : telles sont les convulsions des enfants, liées spécialement à l’inflammation cérébrale; celles des femmes en couches, dues aux congestions vers la tête, à la douleur, aux hémorrhagies, etc.
On conçoit que la gravité des convulsions est principalement en rapport avec la nature des causes qui les provoquent : il en est de fugitives, de superficielles, comme lPaccident qui leur a donné lieu; il en est d’autres qui sont profondes, incurables, comme la lésion organique dont elles dérivent. En général, les convulsions sont d'autant moins sérieuses qu’elles se montrent chez des sujets plus impressionnables; personne ne s’inquiète des spasmes que pourra susciter une simple contrariété chez une femme nerveuse ; mais on sait combien sont fâcheuses les convulsions qui caractérisent le tétanos, la fièvre cérébrale , etc.; maladies dont la vigueur de constitution ne préserve pas, et qu’elle paraît même favoriser.
Le traitement des convulsions doit étre subordonné à la nature des causes, à la constitution des individus, à la forme, à la gravité, à la durée des symptômes, etc. Soustraire le malade à l’impression des objets qui l'ont plongé dans l’état convulsif est le précepte capital; on combattra par des moyens appréciés les inflammations, les blessures graves d’où naissent les accidents. Indépendamment de ces moyens préventifs, il en est de directement applicables à l’état nerveux lui-même : ainsi, la saignée modérée convient chez les individus vigoureux et sanguins; les bains tièdes prolongés sont un des meilleurs calmants de l'irritation nerveuse; d’autres fois, ce sont les bains froids qui conviennent. L’opium est dans beaucoup de cas un remède héroïque. Quant aux excitants décorés du titre d’antispasmodiques, tels que l’éther, le musc, le campbre, etc., ils ne conviennent guère que dans ces états convulsifs passagers qui se manifestent sous l’influence d’une cause éphémère. Lorsque les convulsions affectent le type intermittent, on leur oppose souvent avec avantage le sulfate de quinine; lorsqu'elles sont liées à un état de faiblesse, on les combat par les toniques, surtout par les ferrugineux. D’autres fois on leur oppose les dérivatifs, tels que les sinapismes, les vésicatoires, appliqués aux extrémités, et que l’on combine ordinairement avec les applications froides sur la tête, etc. Mais il est sans contredit plus avantageux pour l'humanité et plus glorieux pour [a science de prévenir les maux que de les guérir. Adressez-vous donc à la constitution, au moral de vos malades; arrachez-les à la mollesse, soustrayez-les aux orages des passions : une vie occupée, un régime salubre, une sage éducation, préviennent plus de maux que ne peut en guérir tout l'arsenal pharmaceutique. Emya-ez-vous de l'esprit du malade, et n'oubliez pas que tel est empire de l'imagination sur les troubles de l'appareil sensitif, qu’on a vu la seule force de la volonté vaincre des maladies jusque là rebelles aux remèdes. Boerhaave parvint à borner une épidémie de convulsions épileptiques parmi des enfants, en menaçant de brüler le premier qui aurait un accès, On a vu la chorée, le télanos lui-même,
* cesser par le ferme vouloir de résister au mal, et l’on sait
qu'il suffit de rudoyer certaines femmes vaporeuses pour prévenir un accès d’hystérie. Certes, en agissant ainsi, le médecin ne fera pas sa cour aux dames du bon ton; sa renommée de boudoir en souffrira peut-être , maïs il aura satisfait un devoir de conscience; car, en fait de maladies nerveuses, l'habitude exerce un souverain empire, et le simulacre devient presque toujours une réalité, si par sa fermeté le médecin n’y met bon ordre. D' ForcEr.
Lorsque les enfants-sont menacés de convulsions, on remarque quls se trouvent souvent dans un état de somnolence presque voisin de l’état comateu x. Leur sommeil dure peu de temps; ils ont les yeux à demi fermés, mais la pupille reste cachée constamment pendant le sommeil; la sclérotique seule se laisse apercevoir entre les paupières. La respiration est supérieure; on entend des cris plaintifs et quelquefois, mais rarement, un cri continuel. L'enfant éprouve aussi des vomissements; il {end ses bras, écarte fortement ses doigts, et tressaille de tout son corps et plus souvent d’une seule partie. Les convulsions peuvent aussi se rnanifester, sans aucun prélude, d’une manière foudroyante. Chez les enfants, la durée des convulsions varie depuis quelques minutes jusqu’à deux heures et quelquefois plus. C’est pendant cet intervalle que se présentent les vomissements , l’écume à la bouche, que la respiration s’embarrasse graduellement, que le corps se roidit, que la tête se renverse en arrière, et que surviennent des complications nombreuses. Si l'accès est léger, quelquefois il ne se reproduit plus. Plus souvent il se manifeste en trois ou quatre reprises, et dure jusqu’à cinq jours, mais seulement par exception. Outre les causes déjà indiquées, les convulsions des enfants peuvent provenir d’une altération du cerveau, d’une irritation de’ cet organe, et elles réclament alors la plus grande attention. Quand il est impossible de reconnaître la nature des convulsions, il est toujours bon de recourir aux antispasmodiques; si elles cèdent facilement à l’action de ces médicaments, elles sont rarement dangereuses. Maïs si l’enfant a le cou court, le visage plein et coloré, il conviendra de lui appliquer quelques sangsues derrière les oreilles ou aux tempes. S'il éprouve des nausées et que sa Jangue soit blanche, on lui administrera du sirop d’ipécacuanha, Si la langue est rouge, on fera l'application de sangsues sur l’estomac. Si le ventre est tuméfié et que les selles ne se soient point produites depuis plusieursjours, on usera d’un purgatif doux , tel que l'huile de ricin ou d’amandes douces. Si l'enfant a des vers, une décoction de rhubarbe ou de mousse de Corse, en les détruisant, fera disparaître la cause de ses convulsions. Il existe encore des vermifuges dont on ne doit pas négliger l'emploi dans de pareilles circonstances : telles sont les infusions d’absinthe, de tanaisie, de camomille, ete. L'émétique a aussi été préconisé dans le même cas. Si enfin les convulsions viennent de la difficulté qu’éprouvent les dents de percer les gencives, il conviendra de les inciser pour faciliter leur sortie ; on a vu des convulsions cesser instantanément par ce seul procédé. CONVULSIONNAIRES , fanatiques du dix-huitième siècle, La bulle Unigenitus était venue jeter la division dans le clergé de France ; les parlements refusèrent de l’enregistrer, L'abbé Dubois, qui n'avait oblenu le cardinalat qu'à la condition de la faire recevoir par l'Église de France , avait fait enregistrer cette bulle au grand conseil, laissant cours sonveraines et saint-siége se débattre comme ils l’entendraïent dans cette controverse théologique. S'il gardait lui-même la neutralité , c’est qu’il avait compris que le gouvernement du régent devait rester étranger à ces disputes d'école ; mais les jésuites, auteurs de la bulle, qu’ils aveient rédigée à Paris et expédiée à Rome, n’attendaient qu’une occasion pour forcer le gouvernement à prendre parti dans celle querelle, et la mort dudiacre Paris la tit naître. Bientôt iUne fut plus question que des miracles opérés chaque jour sur le tombeau du bienheureux diacre. Il avait été enterré le 3 mai