‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 345 sur 607 · COOK · texte numérisé non relu

COOK

(3 juillet 1775) Cook fut nommé capitaine de Ja flotte et pourvu d’un emploi à Greenwich.

Le but de la troisième expédition qui devait lui étre si fatale, et dont le succès des deux premières avait donné l'idée à lord Sandwich, alors chef de l’amirauté, était d'arriver enfin à la solution d’un autre problème, qüi occupait depuis longtemps les esprits. Ils s'agissait de tenter encore de péné: trer dans la mer du Sud par la baie d'Hudson et le passage nord-ouest entre l’Amérique et l’Asie. Le départ de Cook eut lieu le 12 juillet 1776 ; il montait son vaisseau la Réso. lulion, qu'accompagnait le capitaine Clarke, commandant la Découverte. Arrivé entre le 57° et le 59° degré de lati. tude nord, Cook ne trouva que des terres partout où eût dû s’ouvrir la prétendue communication avec la baie d’Hudson; à 70° 44° de latitude nord, il fut arrêté par les glaces, ne surmonta qu’à force de prudence les difficultés de la navigation la plus périlleuse, et fut enfin forcé de revenir à la côte d’Asie, après avoir sondé toutes les passes apparentes entre les deux continents. Le résultat unique de cette expédition fut donc la découverte de la partie septentrionale des îles Sandwich , et de la vaste baie Wälliam , ainsi que d’un canal fermé, de cinquante lieues de longueur, à l’endroit où l’on pouvait espérer de communiquer avec la baïe d'Hudson.

C’est à Owhihii, l'une des îles Sandwich, et dans la baie occidentale de Karakacoua, que devait se terminer d’une manière déplorable la carrière si brillante de l’illnstre navigateur. Ses vaisseaux avaient pris le large : un misérable accident survenu au mât de misaine de la Résolution, et qu’il fallait réparer, ramena Cook dans cette baie maudite. L’habitude du vol, enracinée chez ces insulaires, amena des conflits jusque alors apaisés toujours par sa sagesse et par sa fermeté. Cette fois les naturels montrèrént dans leurs larcins réitérés une audace opiniâtre; leur témérité irrita les Anglais. Cook, trop confiant dans la terreur qu'il avait inspirée aux habitants en s’einparant maïntes fois de leurs chefs, voulut employer le même moyen; et, s’écartant pour la première fois de sa prudence habituelle, il se hasarda lui-même à descendre à terre avec un petit détachement de neuf homines. Les naturels s’opposant à l’enlèvement de leur roi, il fallait employer la violence ou céder; Cook avait opté pour ce dernier parti, quand le meurtre d’un des leurs, que commit un Anglais, exaspéra leur fureur. Cette multitude se rue aüssitôt sur les compagnons de Cook; une décharge de mousqueterie ne fait qu’enflammer davantage la rage des assaillants; et à l'instant où Cook se retourne pour donner des ordres, ces furieux le frappent par derrière, le renversent, et mettent son corps en morceaux, qu'ils se partagent comme une proie.

Ainsi périt, le 13 février 1778, le plus illustre des navigateurs modernes, le précurseur de notre infortuné La Peyrouse.

L'âme de Cook était aussi forte que son corps était robuste et endurci aux fatigues, aux privations; rare perspicacité, coup d’œil toujours prompt et sûr, audace de conception, prudence dans l'exécution, persévérance infatigable et à l'épreuve de tous les obstacles comme de tous les périls, courage calme et inébranlable, présence d’esprit inaltérable au milieu des dangers, il réunissait au plus haut degré toutes ces qualités des grands hommes. Doué d’un esprit supérieur, il prouva, dans la relation de son second voyage, rédigée par lui-même, qu'il savait y joindre letalent d'écrivain. Toujours naturel, exact et précis, il instruit et intéresse en même temps. Il a attaché au récit de son séjour à Otaïli et au tableau physique et moral de cette Île renommée un charme que l’on n’avait guère encore trouvé que dans des narrations fabuleuses. Haukesworth avait écrit la relation de son premier voyage; celle du troisième est l'œuvre du lieutenant King. Cette’ dernière a été traduite en français par Démeunier, les deux premières relations l'avaient été par Suard. On a une vie de Cook par Kippis; elle a été traduite en français par Castera. AUBERT DE VITRY.

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