‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 352 sur 607 · COPENHAGUE — COPERNIC · texte numérisé non relu

COPENHAGUE — COPERNIC

l'amiral Nelson, déjà connu par son exploit d'Aboukir. Avant d'arriver devant Copenhague, il fallait forcer l'entrée du Sund : du côté de la Suède, le fort de Helsinborg ; sur Ja rive danoise le château de Kronborg, et plusieurs fortes batteries nouvelles et bien armées, menaçaient d’écraser toute flotte qui oserait tenter de pénétrer dans le détroit ; aussi regardait-on généralement comme impossible de passer le Sund de vive force; et cependant il fallait braver le feu de tous ces forts pour parvenir devant Copenhague. Après plusieurs pourparlers, l'amiral Parker donna enfin le signal de former la ligne de bataille : c'était le 30 mars 1801 ; l'avant garde y répondit par un cri d’enthousiasme ; elle était conduite par le héros du Nil, et l’ordre fut exécuté si rapidement que dès six heures du matin les vaisseaux anglais étaient engagés avec toute la ligne de fortifications danoises, qui firent sur eux un feu bien nourri. Heureusement pour les assaillants , les Suédois, soit jalousie, soit indifférence, ne tirèrent pas; la flotte anglaise put serrer la côte de la Suède à moins d’un mille de distance, et se tenir presque hors de la portée des canons danois. Aussi dès dix heures et demie toute la flotte, poussée par un vent favorable, avait franchi le Sund, n’ayant à déplorer que la perte de six,ou sept hommes, et seulement quelques faibles avaries à réparer. Les vaisseaux anglais mouillèrent à cinq ou six milles de l’ile d’'Hwéen. Les trois amiraux allèrent reconnaître ’état de défense de la place et chercher un passage pour arriver jusque sous les remparts. D’un côté, les murailles étaient flanquées de bastions armés d’une formidable artillerie, dont les feux se croisaient avec ceux de la citadelle et balayaient la rade. A l'entrée du goulet, sur les îles des Couronnes, on avait élevé des batteries’ hérissées de quatrevingt-huit canons ; quatre vaisseaux de ligne amarrés à l’entrée du port et quelques batteries sur l’iled’Amak menaçaient aussi d’une terrible canonnade; mais la principale défense consistait en une ligne d'embossage de six vaisseaux de ligne bien armés, onze batteries flottantes de vingt-six canons de 24 et de dix-huit canons de 18, une bombarde et quelques schooners. Les navires danois, serrés beaupré sur poupe, étaient rangés le long du canal qui suit la côte, et il semblait impossible de les prendre ou même de résister à leur feu.

Nelson lui-même alla sonder pour chercher un chenal, et en ayant découvert un nouveau, il le balisa, et demanda à commander la première colonne d'attaque, formée de douze vaisseaux de ligne et de quelques bâtiments légers ; elle devait attaquer la ligne d’embossage, tandis que l'amiral Parker s’avancerait d’un autre côté pour prendre en flanc les batteries des Couronnes et remorquer les navires qui se laisseraïent dériver. La brise ne permit pas à Parker d’exécuter ce mouvement, et Nelson seul eut les dangers et la gloire de l’action. Le 2 avril il franchit la barre avec neuf de ses vaisseaux seulement, les trois autres s’étant échoués sur les bancs de sable qui sont en face du port, et il vint audacieusement se placer par le travers de la ligne danoise. Là s’engagea un horrible combat : jamais, au rapport de l'amiral anglais lui-même, il ne s’était trouvé à si chaude affaire. Toute la population de Copenhague avait couru aux armes avec un enthousiasme impossible à décrire. De nouveaux équipages de matelots improvisés remplaçaient successivement ceux que les boulets et la mitraille de l'ennemi détruisaient ; les fort et les batteries faisaient continuellement un feu terrible; mais il fallut céder à une force mieux dirigée; et après quatre heures de carnage, le feu des Danois tomba. Nelson proposa alors un armistice, qui fut accepté sur-le-champ. Comment ne pas accéder à ses propositions? il menaçait, en cas de refus, de couler bas tous les navires danois et d'en massacrer les équipages. Outre la destruction de. la flotte danoise, l'Angleterre vbtint encore le résultat qu’elle ambitionnait avec le plus d’ardeur : elle détacha le Danemark de la coalition du Nord.

* Les faits parlent assez haut pour que nous n’ayons pas besoin de dire quel nouveau 1ustre ce glorieux exploit ajouta au nom de Nelson; nous remarquerons seulement qu'ainsi que Blake à Tunis, etDuguay-Trouin à Rio-Janeiro, il prouva que les flottes peuvent.affronter des forteresses, les attaquer, les foudroyer et les démolir, quand leur feu est supérieur. Théogène PAGE, vice-amiral,

COPERNIC ( Nicozas ) naquit le 19 février 1473, à Thorn, sur les bords de la Vistule, où son père, originaire, suivant toute apparence, de Westphalie, était bourgeois, Sa mère était sœur de l’évêque d’Ermeland, Waisselrod dit l'Ancien. Il reçut son éducation à Thorn, où il étudia la médecine, les mathématiques et l'astronomie. En 1497 il se rendit en Italie, où il suivit à Bologne le cours d’astronomie de Domenicus Maria, et où à partir de l’an 1501 il enseigna les mathématiques à Rome avec beaucoup de succès, A son retour à Thorn, son oncle lui fit obtenir un canonicat à l4 cathédrale de Fauenburg. Député par son chapitre à la diète de Graudenz, en 1521, il s’efforça de faire prendre par cette assemblée les mesures propres à mettre un terme au désordre des monnaies ; mais ce ne fut qu'après de longues discussions qu'il lui fut donné de mettre à exécution les idées qu’il avait conçues à cet égard. Depuis lorsil n’exerça plus sa sagacité que sur les sujets les plus élevés de la nature. Il ne pouvait se résoudre à croire qu'il y eût dans les mouvements des corps célestes autant de désordre et de complication que le prétendait le système du monde de Ptolémée. Il avait lu dans les anciens auteurs que déjà les pythagoriciens avaient cru à un mouvement de la terre; mais il ne connaissait pas l'hypothèse d’Aristarque de Samos, suivant laquelle la terre décrit un cercle oblique autour du soleil, en tournant en même temps chaque jour sur son axe, parce qu’elle ne se trouve consignée que dans l’Arenaire d’Archimède, découvert seulement plus tard. Peu à peu il arriva à penser que le soleil est le centre de l'univers, que la terre est une planète tout comme Mars et Vénus, et que les planètes tournent autour du soleil dans l’ordre suivant : Mercure en 87 jours, Vénus en 224, la Terre en 365 jours, Mars en un an et 325 jours, Jupiter en 11 années, et Saturne en 29 années. Son idée fut confirmée par les orbites tracées en conséquence. En effet, quelque simples que fussent ces cercles, ils expliquaient parfaitement tous les mouvements du ciel. Copernic eut donc la gloire de découvrir le véritable système du monde, et à cet égard on peut le considérer comme le père de l'astronomie moderne. Jl mourut le 11 juin 1543, et fut enterré dans la cathédrale de Fauenburg. Ce fut seulement en 1581 que l’évêque d’Ermeland, Martin Cramer, distingua son tombeau de celui des autres chanoines, par une petite plaque en marbre portant une inscription.

Le système de Copernic suffit à lui seul pour prouver que c'était un homme d’une merveilleuse sagacité et d’une fermeté de caractère peu commune; car il ne fallait pas une médiocre force d'esprit pour admettre, contre l'opinion générale, contre celle des hommes les plus savants eux-mêmes, et contre toute apparence, que le soleil est immobile et que c’est la terre qui tourne autour de lui au moyen d’un double mouvement. Il exposa son système dans son immortel ouvrage dédié au pape Paul III, De O)bium cœlestium Revolutionibus libri VI (in-fol., Nuremberg, 1543; in-4°, Bale, 1566). Müller en donna une nouvelle édition, sous le titre d’'Aséronomia instaurata (in-4°, Amsterdam, 1617 et 1640). Indépendamment de ce grand ouvrage, on a de lui un livre De Lateribus et Angulis Triangulorum (in-4°, VWittenberg, 1542); c’est un traité de trigonométrie avec des fables de sinus, que Muller avait réuni à l’Astronomia instaurala.

L'ouvrage que nous avons mentionné en premier lieu était terminé dès l’an 1530; mais ce ne fut que sur les instantes sollicitations du cardinal de Schœnberg et d’autres encore, par exemple de Rhæticus, qui avait embrassé ses

idées avec une ardeur extrême, qu’il se décida à le publier; toutefois, il ne vécut pas assez pour le mettre lui-même au jour. Il avait soin d’ailleurs de n’y présenter ses idées que comme une hypothèse qui, suivant lui, expliquait les phénomènes célestes plus facilement qu’on ne l'avait encore fait; précaution que les idées généralement dominantes l’obligeaient d'employer. Mais il suffit de le lire pour voir combien il était profondément convaincu de l'exactitude de son système du monde. Sa vie a été écrite par Gassendi (in-4°, La Haye, 1652) et par Westchal (Constance, 1822 ). Le comte Sierakowski lui a fait élever dans l’église Sainte- Anne de Cracovie un beau monument, avec cette inscription tirée de l'Écriture (Josué, IX, 12): « Sfa sol,ne moveare! » et en 1829 la Société des Amis des sciences de Varsovie lui a fait élever une statue, par Thorwaldsen. Une édition de ses Œuvres a été publiée en {856 à Varsovie.

COPHTES, Voyez CorTes.

COPIAPO, district formant l'extrémité duChili, dans la province de Co quimbo, renferme des mines d'argent découvertes en 1832, et qui se prolongent sur une superficie de 46 myriamètres carrés. Ce district est aussi riche en mines de cuivre. Il a pris son nom d’un volcan de la chaîne des Andes. L'exploitation de ces ressources minérales serait autrement facile et productive si le pays était moins désert et moins pauvre en eau.

La ville de Copiapo est le chef-lieu de la province d’Atacama (Chili); située sur le fleuve du même nom et reliée par un chemin de fer à Caldera, qui lui sert de port, elle est construite en bois et roseaux, et possède plusieurs églises, un lycée, un théâtre, de beaux jardins et quelques fabriques. Elle a été plusieurs fois visitée par des trem-

blements de terre.

COPIE. Ménage fait dériver ce mot de copia, abondance un ouvrage étant en effet d'autant plus abondant que l’on en a fait plus de copies. Il s'emploie indistinctement dans la littérature et dans les beaux-arts pour désigner un objet fait d’après un autre : ainsi on dit la copie d’un poëme, d’une lettre, celle d’un titre ou d’un acte; celle d’un tableau, d’une slatue ou d’une gravure. Dans le premier cas, une copie exacte est quelquefois préférable à l'original, souvent surchargé de ratures et de mots difficiles à lire. En termes d’imprimerie, on donne foujours le nom de copie au manuscrit d’après lequel travaille le compositeur, quand même il serait de la main de l’auteur, parce qu’on suppose qu'il existe un premier brouillon dont le manuscrit livré à l’imprimeur n’est que la copie.

En style de pratique, une copie est la transcription d’un acte. L'acte transcrit se nomme minute ou original. Les copies, lorsque le titre original existe, ne font foi que de ce qui est contenu au titre, dont la représentation peut toujours être exigée. Lorsque le titre original n'existe plus, les copies font foi d’après les distinctions suivantes : 1° les grosses ou premières expéditions font la même foi que l'original ; il en est de même des copies qui ont été tirées par l'autorité du magistrat, parties présentes ou dûment appelées, ou de celles qui ont été tirées en présence des parties et de leur consentement réciproque; 2° les copies qui, sans l'autorité du magistrat, ou sans le consentement des parties, et depuis la délivrance des grosses ou premières expéditions, auront ététirées sur la n:.nute de l'acte, par le notaire qui l’a reçu, ou par l’un de ses successeurs, ou par officiers publics qui, en cette qualité, sont dépositaires des minutes, peuvent, au cas de perte de l'original, faire foi quand elles sont anciennes : elles sont considérées comme anciennes lorsqu'elles ont plus de trente ans; si elles ont moins de trente ans, elles ne peuvent servir que de commencement de preuve par écrit; 3° lorsque les copies tirées sur la minute d’un acte ne l’auront pas été par le notaire qui l'a reçu ou par l’un de ses successeurs, ou par officiers publics qui, en celle qualité, seront dépositaires des minutes, elles ne pour-

COPERNIG — COPIE

ront servir, quelle que soit leur ancienneté, que de commen cement de preuve par écrit; 4° les copies de copies pourront, suivant les circonstances, être considérées comme simples renseignements : la transcription d’un acte sur les registres publics ne peut servir que de commencement de preuve par écrit, et il faut même pour cela qu’il soit constant que toutes les minutes du notaire de l’année dans laquelle l'acte paraît avoir été fait soient perdues, ou que l’on prouve que la perte de la minute de cet acte a été faite par un accident particulier; 5° qu'il existe un répertoire en règle, qui constate que l’acte a été fait à la même date : lorsqu'au moyen du concours de ces deux circonstances, la preuve par témoins est admise, il est nécessaire que ceux qui ont été témoins de l’acte, s’ils existent encore, soient entendus.

En termes administratifs, on donne le nom d’ampliation à la copie d’un arrété ou d’un ordre quelconque.

Pour les copies des chartes, en diplomatique, voyez l’article Carre.

COPIE ( Arts du dessin). Dans les beaux-arts, les copies de tableaux ou de statues sont toujours inférieures à l'original, et laissent à désirer plus ou moins en raison de l’habileté du copiste; quel que soit son talent, il règne toujours moins de liberté dans son exécution, par la contrainte que lui occasionne l'obligation où il est de suivre la manière de faire de celui dont il imile l'ouvrage. Cependant, quelquefois on a de la peine à reconnaître si un lableau est original ou copie; maïs on ne peut plus se ruéprendre si on à la possibilité de comparer les deux objets. Il existe encore une autre nature de copies ou plutôt d’imitations de tableaux et de dessins, qui reçoivent le nom depastiches, dans lesquelles l'artiste cherche à composer et à pciudre dans la manière d’un autre.

On a dit aussi qu'une gravure était copiée d’après un fableau ; on s’est trompé en se servant de cette expression : le graveur ne pouvant employer ni les mêmes moyens ni les mêmes ressources que le peintre, il ne peut être regardé comme un cCopiste. Quelques personnes ont voulu le regarder comme un {raducteur. Cela peut avoir quelque apparence de vérité, mais nous nous garderons bien d'engager à adopter ce terme. Nous pensons qu’il est plus convenable de dire qu’une gravure est faite d’après un tableau, que de dire qu’elle est éraduite.

Souvent on a copié avec la plus grande exactitude d’anciens manuscrits, des lettres autographes, des dessins ou des gravures, pour satisfaire la curiosité d’un amateur; quelquefois on a pu séduire ainsi ceux qui, n'ayant pas assez de lurnières, ont pu regarder comme originale une pièce de cette nature, qui dans ce cas reçoit le nom de copie fiqurée, copie trompeuse. Lorsque de semblables copies sont faites dans l'intention de nuire, on leur donne le nom de faux; mais quand les copies de cette espèce sont faites seulement pour imiter et représenter un objet rare ou précieux, et que cela ne peut causer de dommage à personne, on les nomme fac-simile. DUCnESNE aîné.

COPIE ( Musique). Les personnes qui veulent acquérir une belle manière de copier la musique doivent prendre pour modèle les ouvrages gravés par d’habiles graveurs, et en imiter les caractères, ainsi que la disposition, sans s'asservir pourtant à une exactitude puérile, La note doit ètre ronde, bien formée et jetée librement sur la portée. Le copiste donnera aux groupes de notes et aux divers signes tout l’espace nécessaire pour ne laisser aucun doute à l’exécutant, les valeurs ne se distinguant pas bien dans une foule de notes entassées les unes sur les autres. Il lui ménagera un silence de plusieurs mesures pour tourner le feuillet, dût-il sacrifier pour cela dix portées , et même une page entière. Sile morceau de musique n’a que deux pages, il faut nécessairement le commencer au verso, pour qu'on ne soit pas obligé de tourner le feuillet pendant son exécution, Dans les partitions, le copiste aura soin de fuirc

Page 1