COPIE — COPISTES
correspondre parfailement les valeurs, en plaçant chaque note au lieu où elle doit être frappée. Puisque la ronde s'attaque sur le premier temps, il faut donc qu’elle s’y trouve, et non pas au milieu de la mesure. Les lignes additionnelles, qui sont destinées à recevoir les notes dont l'élévation ou l’abaissement excède l'étendue de la portée, doivent être faites avant ces mêmes notes, pour que les intervalles postiches soient bien alignés, et conservent des distances parfaitement régulières, relativement à eux-mêmes et à la portée. Les copistes qui, ne pratiquant pas cette méthode, commencent par former la tête et la queue d’une note fort élevée ou fort basse, et marquent ensuite sur sa queue les fragments de ligne qu'elle doit recevoir, n'ont aucune règle fixe pour établir l’éloigaement des notes hors des lignes, et prennent trop ou trop peu d'espace, de manière qu'un ré est au niveau d'un fa, ou un »ñni d’un ré, quoique ces diverses notes soient armées chacune de leurs fragments de ligne comme cela est prescrit; mais il ne suffit pas de poser ces lignes, il faut encore qu'elles soient toutes dans une même direction : les prolonger d’une note à une autre serait tomber dans un défaut plus grave encore. CasTiL-BLAZE.
COPIER (Instruments, Machines et Procédés à). Les instruments dont on se sert pour reproduire, augmenter ou diminuer les proportions des objets matériels peuvent se distribuer en trois classes : 1° ceux avec lesquels on multiplie une lettre ou toute autre pièce d'écriture; 2° les instruments avec lesquels on copie, réduit un dessin, un tableau ; 3° ceux avec lesquels on copie ou réduit des statues, des bas-reliefs, etc.
L'instrument le plus simple pour copier une lettre, ou plutôt pour écrire deux lettres à la fois, se compose de deux tablettes, dont une fixe et l’autre mobile : celle-ci est placée sur là première. Chacune de ces tablettes porte une feuille de papier; celle de la tablette supérieure est pliée en deux, partie en dessous de la tablette, partie en dessus. Pour se faire une idée de cette disposition, on collera une feuille de papier sur un carton, ou prendra une autre feuille ayant les mèmes dimensions, dont on pliera une partie; cela fait, on prendra deux plumes , attachées ensemble, au moyen d’un cordon, comme celles dont les écoliers font usage pour écrire deux lignes à la fois : on conçoit qu’il sera possible de former en même temps une ligne d'écriture sur la feuille inférieure et une autre sur la feuille supérieure, et tout près du pli. Pour écrire une seconde ligne, on fera un second pli à la feuille supérieure, et l’on continuera de la même manière jusqu’à ce que les deux feuilles soient écrites.
Pour garder copie des lettres ou d’autres écritures on a imaginé aussi les presses àcopier. Voici en général comment elles opèrent : on écrit les lettres avec une encre particulière, séchant lentement ; on l’applique sur une feuille de papier transparente ; on met les deux feuilles entre des cartons gras, on presse, et la lettre se trouve écrite au verso du feuillet transparent, que l’on peut lire au recto comme si elle était écrite dessus. D’autres systèmes ontencore été inventés pour écrire plusieurs pages à la fois, notamment le polygraphe : à l'aide de minces cartons maculés de noir de fumée ou de mine de plomb que l’on intercale entre des feuilles de papier blanc, on obtient d’un coup un certain nombre de copies de ce qu’on a écrit sur le premier feuillet. Enfin l’autographie est encore un moyen d'obtenir vivement plusieurs copies d’une même écriture.
, On peut prendre la copie ou le /ac-simile d’une pièce d'écriture très-facilement au moyen d’un carreau de vitre ou d’un papier transparent : c’est ce qu’on appelle calquer (voyez CALQUE ).
= L’instrument le plus simple, un des meilleurs peut-être Fe existent pour prendre ou réduire les proportions d’une 8ure, dun tableau, ce sont les carreaux. Soit un tableau
centimètre en centimètre , soit en iargeur, soit en hauteur, on tire des lignes verticales et horizontales, on divisera le tableau en 12,000 carreaux. Le résultat sera le même si, au lieu de tracer des lignes sur le tableau , on applique dessus un cadre ayant les mêmes dimensions que celui du tableau, et dont l'intérieur soit divisé en un même nombre de carreaux par des fils transversaux et verticaux. Un cadre semblablement divisé étant appliqué sur la toile destinée à recevoir la copie du même tableau, servira de guide très-sûr au dessinateur qui voudra faireune copie exacte de l'original ; car, en subdivisant par des fils plus déliés les carreaux primitifs en carreaux plus petits, il n’est pas d'homme un peu intelligent qui, à l’aide de ce procédé, ne soit en état de’ copier f.dèlement le trait de tout dessin, de tout tableau quelconque. Les carreaux étant bien disposés peuvent servir encore à dessiner d’après nature avec avantage. Le pantographe, lediagraphe, le physionotrace, etc., facilitent encore davantage la copie ou la réduction d’un modèle donné.
Les sculpteurs prennent la copie d’un bas-relief, d’une statue, au moyen d’un moule en plâtre formé sur la statue elle-même,Ce moule se compose de plusieurs pièces, qui, étant toutes réunies, forment un creux dont les proportions sont exactement les mêmes que celles de l’original. On coule du plâtre dans ce creux, et l’on obtient, si toutes Les précautions ont été bien prises, une copie fidèle de l’objet qu’on a voulu reproduire. Le même moule peut servir à former plusieurs copies. En opérant d’une manière semblable, on peut ainsi faire le buste d’une personne. Cependant, l’opération a rarement un bon succès : la bouche se trouve déplacée , les joues déformées. Quoi qu’il en soit, c’est le moyen qu’on emploie pour prendre le masque d’une personne morte.
Du reste, le moulage n’est applicable que lorsque la matière de la copie est susceptible d’être coulée. Mais, si c’est au contraire du marbre, de la pierre, du bois, etc., il faut recourir à d’autres moyens. Les sculpteurs emploient alors le mise au point, qui n’est qu’une sorte de triangulation de l’ouvrage que l’on veut copier. Le praticien relèvetrois points remarquables d’un seul coup à l’aide du compas à trois branches. De proche en proche, il dégrossit le bloc qui lui a été donné, et, en multipliant suffisamment les points, il arrive à une grande exactitude. M. Gatteaux a aussi imaginé le pantographe du sculpteur, machine d'une grande simplicité. Enfin le {our à portrait, borné d'abord dans son emploi, s'applique aujourd’hui à tous les produits dela plastique, grâce aux perfectionnements de M. Collas. Ce mécanicien est même parvenu à faire exécuter à une machine des gravures planes d’après des médailles. |
COPISTES. Avant la découverte de l’'imprimerieet jusqu'aux premières années du seizième siècle, époque à laquelle cet art fut répandu et devint d’un commun usage dans toute l'Europe, il existait, on doit le croire, un grand nombre de copistes (voyez CALLIGRAPHIE). Quand on pense à la multiplicité des ouvrages manuscrits que nous a légués le moyen âge; quand on réfléchit que le cabinet de la Bibliothèque Impériale contient environ 60 mille volumes antérieurs à la fin du quinzième siècle, et qu’il n’est pas de bibliothèque particulière qui n’en possède quelques-uns; et, d’un autre côté, si l’on réfléchit au grand nombre que les révolutions et le temps ont dû anéantir, on doit nécessairement en conclure que l’occupation de copier les manuscrits était devenue celle d'une classe d'hommes tout entière, et d’une classe d'hommes assez considérable. En effet, sans parler des moines, pour lesquels ce genre d'étude était une règle et un devoir de leur profession , il y eut, même avant le quatorzième siècle, des copistes qui faisaient prix avec de riches seigneurs pour leur écrire ces épais volumes dont l'exécution nous étonne quand on pense qu’une vie tout on-
“vant 150 centimètres de hauteur sur 80 de largeur : si de ! tière ne suffirait peut-être pas aujourd’hui pour les lire.
Charles V, qui pendant son gne a tant fait pour les sciences et les lettres, fut un de ceux qui encouragèrent l'exécution de ces beaux monuments littéraires, et l’on peut voir à la Bibliothèque Impériale le superbe Tite-Live, trans- Jaté et copié par ses ordres, Philippe le Bon, duc de Bourgogne , eut aussi un grand nombre de copistes à ses gages, et voici ce que M. Peignot dit à ce sujet : Il est certain que Philippe le Bon a fait composer, traduire et copier un grand nombre d'ouvrages, tant pour enrichir sa bibliothèque et pour son amusement particulier que pour l'instruction de son fils Charles. C’est ce que dénote l'inscription de beaucoup de livres qui lui ont appartenu, comme, par exemple, les suivants : l'Histoire de Gérard de Nevers et de la belle Euryane, sa mie, avec cette suscription à la fin : « Escript par moy Guyot d'Angers, par l8 commandement de mon trèsredoubté ségneur Philippe, paf la grâce de Dieu duc de Bourgogne, etc.; Gérard de Roussillon, traduit du latin en françois » par ordre du duc de Bourgogne, et une infinité d’autres ouvrages portant toujours la même suscription : « Au commandement ou par ordre du duc Philippe le Bon, » Ce prince ne fut pas le seul de sa maison qui aima les livres et encouragea les copistes, Dans des comptes de dépenses manuscrits de la maison de Philippe le Hardi, on trouve ces notes curieuses, qui nous ont été conservées par l’archiviste de Dijon : « 1373 (Amiot Arnaut) Belin, enlumineur à Dijon , escript et enlumine un sept seaumes, pour la duchesse, pour 3 fr. (28 fr. 45 c.). — 1377. Le duc paye à maistre Robert, faiseur de cadrans à Paris, 4 fr, (36 fr. 45 c.), pour un almanach qu’il avait fait pour li, pour ceste année, commençant le 1°" janvier. — 1382. Le duc paye à ‘Henriot Garnier Breton 72 fr. (511 fr. 30 c.), pour ung livre appellé les Chroniques des Rois de France.
Ces écrivains joignaient parfois à leur talent pour copier en lettres rondes, gothiques, ou de forme, les manuscrits qui leur étaient confiés, celui de peindre et d’enluminer toutes ces arabesques, tous ces fleurons dont ils ornaient les marges de leurs livres; ils formaient à Paris au quinzième siècle une confrérie, et la plupart d’entre eux étaient libraires ou « vendoyeurs du parchemin ».
Dans les cloîtres, nous avons dit que c’était un devoir pour certains moines de copier quelques grands ouvrages, la Bible, l'Évangile, ou quelques Pères de l'Église, par exemple, Malheureusement , une piété malentendue portail quelquefois ces cénobites à gratter des ouyrages de l’antiquité, pour les remplacer par leurs saintes mais souvent trop inutiles élucubrations. Il n’en fut pas cependant toujours ainsi, comme se sont plu à le dire quelques critiques peu consciencieux ; et dès le onzième et le douzième siècles nous voyons dans plusieurs abbayes célèbres les frères, et souventle supérieur lui-même, occupésà transcrire les écrivains de Rome ou d'Athènes, dont quelques débris étaient venus jusqu’à eux. L’abbé Lebeuf assure que dès le onzième siècle il y avait en Normandie, dans lemonastère de Saint-Évroul, * une multitude de copisles : « Les bibliothèques furent telfement l’objet de l'attention dans les monastères, ajoutet-il, qu’il y avait des jours destinés à prier Dieu pour ceux qui avaient donné ou écrit des livres... » Plus loin, ce savant dit encore que dans tous les ordres nouveaux, aux onzième et douzième siècles, il s’établissait un grand nombre de copistes qui renouvelèrent presque tous les anciens exemplaires latins des Pères de l'Église, des historiens ecclésiastiques et même des auteurs profanes; et ce fait est prouvé par lé grand nombre de manuscrits de cette époque parvenus jusqu’à nous. Le développement rapide que prit au commencement du seizième siècle l’art de l'imprimerie, et la perfection que cet art atteignit presqu’en naissant, fit tout à coup disparaitre les copistes, devenus presque inutiles Le Roux pe Lincy,
COPLAND (James), célèbre médecin anglais, est né én 1792 dans la paroisse de Deerness, aux iles Orcades.