‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 355 sur 607 · COPROLITHES — COPTES · texte numérisé non relu

COPROLITHES — COPTES

York, au milieu d'ossements d'hyènes, de tigres, d'ours, de bœufs , d'éléphants et d’autres animaux. La couleur en était jaunâtre. Ils avaient la forme de masses rondes, contenaient des fragments d’ossements broyés, et ressemblaient tout à fait aux matières fécales des hyènes encore vivantes. On ne tarda pas à reconnaître que les pierres de besoar provenant des ardoisières de Lyme-Regis et Whitby n'étaient autre chose que des excréments pétrifiés de plésiosaures , d'ichthyosaures et autres sauriens antédiluviens.

On rencontre les coprolithes par bancs immenses, dans es plus profondes couches calcaires des montagnes, et toujours dans le voisinage du vieux grès rouge, comme à Bristol, ou bien sous des ardoises bitumineuses, comme sur les bords de la Severn. Ces pétrifications ont dans ces derniers temps été l'objet de recherches attentives de la part des naturalistes ; par leurs formes, leurs dimensions et les matières qu’elles renferment, elles mènent à des inductions sur la nature, l’organisation et le mode de nutrition des animaux du monde primitif, et c’est à ce titre qu’elles méritent de fixer l'attention des géognostes et des zoologistes.

On peut aussi considérer comme une espèce particulière de coprolithes , mais d’une formation appartenant au monde actuel, leguano.

On donne également le nom de coprolithes à des matières excrémentielles non fossiles, mais qui, comme celles des ophidiens, se solidifient très-rapidement au contact de l'air.

COPROPHAGES (de x67905, excrément, et paye, je mange), nom donné par Latreille à une section de la tribu des scarabéides, famille des lamellicornes, dans l’ordre des coléoptères, comprenant ceux qui vivent et se tiennent habituellement dans le fumier et les excréments. ( Voyez BousIER. ) ;

COPROPRIETAIRE, celui qui possède en commun ou par indivis avec un ou plusieurs autres un bien dont ils ne demandent ni la licitation ni le partage.

COPTES, c’est le nom qu'on donne aux chrétiens d'Égypte. On n’est pas d'accord sur son origine. Les Arabes, qui l’employèrent dès le septième siècle de notre ère, l’écrivirent Æobti, et l'appliquèrent à la fois aux Égyptiens, aux Nubéens et aux Éthiopiens. Saumaise le fait dériver de Coptos, ville de la haute Égypte où les Égyptiens soutinrent un long et malheureux siége contre l’empereur Dioclétien ; d’autres auteurs, des Jacohites, secte qui était extrêmement répandue en Égypte, et qui y existe encore. Mais il est beaucoup plus probable que ce nom n’est qu’une corruption du not grec Ai-cyPT-0s, dont on aura supprimé la première et la dernière syllabe. Dans le pays même on les appelle Qibé, au singulier Qibti.

A l’époque de la conquête de l'Égypte par Amrou, on évaluait à 600,000 le nombre de ces chrétiens. I] n’est plus guère aujourd'hui que de 150,000 (chiffre qui répond à la 25° partie de la population totale de l'Égypte), dont 40,000 habitent les quartiers les plus populeux du Caire. Répandus dans la haute et la basse Égypte, ils forment la classe la plus nombreuse parmi la population chrétienne. Dans les villages, la plupart se livrent, ainsi que les Fellahs, aux travaux de la campagne ; d’autres exercent divers méliers. A Syouth, ils tissent le lin; au Fayoum, ils distillent l’eau de rose; dans la province de Menouf, ils font des nattes ; au Caire, ils sont orfévres, tailleurs, menuisiers et maçons,

Les coptes sont petits de taille ; ils ont les yeux noirs, les cheveux assez généralement crépus, et offrent encore d'autres traits de ressemblance avec les anciens Égyptiens, dont ils ont conservé l’habitude de pratiquer la circoncision. Leur costume ressemble beaucoup à celui des musulmans ; toutefois, ils diffèrent de cette partie de la population actuelle de l’'É- 8ypte par la couleur de leur turban, qui est généralement noir. En général, le copte est taciturne; son air est sombre et mélancolique, effet de ses abstinences et des sévérités de

son éducation. Il est rampant et souple, quand il est dominé; arrogant, quand l'emploi qu’il occupe lui donne quelque considération. Il fait durement peser son ascendant sur ses subalternes; ses chefs, ses égaux, sont en butte à sa jalousie haineuse. Dans toutes les classes, la dissimulation est l’apanage héréditaire des coptes; défaut commun à toute cette population en général, et qui est le résultat de l’asservissement où elle est plongée. Depuis un temps immémorial, les coptes se distinguent par une grande habileté dans tout ce qui est affaire de comptabilité; aussi, aujourd’hui c’est encore presque exclusivement parmi eux que le gouvernement va prendre ses comptables. Il en est résulté pour eux une influence considérable, à laquelle Méhémet-Ali lui-même a mainte fois inutilement voulu se soustraire,

Ils attribuent leur conversion au christianisme à saint Marc, qu’ils considèrent comme leur premier patriarche, Ils restèrent orthodoxes jusqu'au temps de leur patriarche Dioscure, qui les plongea dans le schisme des monoph ysites, en leur faisant soutenir qu’il n’y avait en Jésus- Christ qu'une seule nature, une substance, une volonté et une opération. Le concile de Chalcédoine condamna cette hérésie et son auteur ; et les coptes qui y persistèrent furent persécutés. Le patriarche d'Alexandrie porte encore ce litre, quoiqu'il réside au Caire. Il est le chef spirituel des Coptes. Il existe en outre un métropolitain des Abyssins, des évêques, des archiprètres, des prêtres, des diacres et des moines. Le patriarche est désigné par son prédécesseur parmi les moines du couvent de Saint-Antoine ou bien élu au sort, et doit garder le célibat. Les évêques sont au nombre de douze. Les coptes sont fort attachés à leurs usages religieux ; et ils haïssent les autres sectes chrétiennes peut-être encore plus que les musulmans. Ils pratiquent le baptème par immersion , l’onction, l’exorcisme et la confession auriculaire. Ils communient sous les deux espèces, avec du pain levé, qu’ils trempent dans le vin. Ils observent le jeûne le plus rigoureux tous les vendredis. Leurs moines et leurs religieuses mènent le genre de vie le plus sévère. C’est le patriarche qui nomme les chefs des différentes maisons religieuses et églises, au nombre de 97. Un copte ne peut être prêtre s’il n’est pas marié, et s’il vient à mourir dans le sacerdoce, sa femme doit demeurer dans l’état de veuvage. Cette condition est d’ailleurs réciproque. On n’admet, au contraire, à la profession de moines que les hommes non mariés. Quant au temporel, les coptes suivent les lois du pays.

On compte en Égypte environ 5,000 coptes catholiques, c’est-à-dire en communion avec l’Église de Rome, et dont les usages sont les mêmes. Jls ne se distinguent des autres que par les cérémonies de l'Église. Au Caire, ils ont leurs prêtres du rit latin; dans le Saïd, ils sont assistés par les missionnaires de la Propagande.

Les coptes possèdent aussi beaucoup d'écoles, inais seulement à l’usage des petits enfants, à qui on fait apprendre les Psaumes, les Évangiles et les Épitres en arabe, et les Évangiles ainsi que les Épitres aussi en copte. Cependant, on n’enseigne plus la langue copte grammaticalement, et on ne la parle plus nulle part. Elle tomba successivement en désuétude à partir de la conquête de l’Égypte par les Arabes; et dès le dixième siècle on avait complétement cessé de la parler dans la basse Égypte, tandis qu’elle se maintint quelques siècles de plus dans la haute Égypte jusqu’à ce qu’elle ait fini par y être remplacée également par l'arabe, Tous les coptes qui ont été à l’école prient encore aujourd'hui en copte à l’église et chez eux; et l'Écriture Sainte est toujours lue encore en copte dans les églises; mais c’est en arabe que se font les commentaires et les explications.

En ce qui touche les mœurs et l’organisation politique actuelles des coptes, les meilleurs ouvrages à consulter sont : Lane, Manners el Customs of the modern Egyptians (Londres, 1837). Quatremère a publié sur leur histoire les deux ouvrages suivants : {° Recherches critiques et histo-

riques sur la Langue et la Littérature de l'Égypte (Paris, 1810),ot Mémoires géographiques et historiques sur l'Égypte (1811).

[En se convertissant au christianisme, les anciens Égypfiens conservèrent bien leur antique langue ; mais ils renoncèrent à l’ancienne écriture; et au lieu d'écrire cette langne avec les signes alphabétiques figuratifs ou symboliques qui composaient l'écriture hiéroglyphique, ils écrivirent les mots avec les lettres de l’alphabet grec, accru de cinq ou six signes alphabétiques de l’ancienne écriture, qui étaient nécessaires pour exprimer des articulations qui n'étaient pas usitées par les Grecs. C’est donc avec toute raison qu’on a dit que la langue copte n’est que l’ancienne langue des Pharaons, écrite avec les lettres de l'alphabet grec, et dans laquelle se sont introduits des mots grecs ou autres dont les nouvelles destinées de l'Égypte ont rendu l’adoption nécesseire. Il existe de cette langue une grammaire rédigée en copte et en arabe par le patriarche Tuky, et d’autres grammaires plus modernes, rédigées par des savants de l'Occident, tels que Scholtz, Ungarelli, Peyron, Tattam (Londres, 1831), Valperga de Coluso, et. des dictionnaires par Vayssière- Lacroze (Oxford, 1778), Peyron, Tattam et Parthey. Enfin, Champollion le jeune a laissé parmi ses autres ouvrages manuscrits une Grammaire analytique de la Langue Copte et un Dictionnaire Copte selon les trois dialectes thébain, memphitique et baschmourique (ou du Fayoum). Il existe un grand nombre de manuscrits coptes dans les bibliothèques de l’Europe; maïs, à très-peu d’exceptions près, ils ne contiennent que la traduction, faite assez tard, des livres de la Bible; des ouvrages ascétiques et liturgiques, des Vies des Pères du Désert, des grammaires et des dictionnaires ou nomenclatures par ordre, non pas alphabétique, mais de matières, concernant, par exemple, les animaux, le ciel, l’homme, les régions et les lieux ; et quelques phrases pour faciliter les relations avec les étrangers, telles que celles que nous avons publiées nous-même, et qui sont des phrases de la langue romane cu provençale, écrites en lettres coptes pour les coptes, et expliquées en arabe. Les exceptions indiquées plus hautne consistent jusqu’à présent qu’en quelques contrats écrits sur peau, qu'on croit être de gazelle; en nn traité sur les gnostiques, manuscrits de la bibliothèque d’Oxford, et en un recueil de recettes médicales contre les maladies de la peau, Il existe aussi quelques inscriptions coptes tracées sur des pierres isolées ou des tessons de poterie. Enfin, on a recueilli quelques fragments de manuscrits coptes sur papyrus; les autres sont écrits sur parchemin ou sur papier. Le Pentateuque, plusieurs livres de l'Ancien Testament, les Évangiles et d’autres portions des livres saints ont été imprimés, le plus grand nombre à Rome, ainsi que les livres liturgiques. Zoega, dans son Catalogue des manuscrits coptes du Vatican, a publié un très-grand nombre d’autres textes coptes, notamment les recettes médicales déjà citées, et dont Champollion le jeune a aussi laissé une traduction avec le texte revu et commenté. Il existe enfin un recueil d’hymnes coptes en vers et en rimes, et on sait aujourd’hui, par les travaux et les recherches de Champollion le jeune, toute l'utilité et l'indispensable nécessité de la langue copte pour pénétrer dans l’histoire de l'antique Égypte : ses monuments sont couverts d'inscriptions écrites dans cette même langue; il n’y a de différence qu'entre le nouveau et l’ancien alphabet, et Champollion a donné la clef de celui-ci : ses découvertes ont élevé la langue copte, jusque là reléguée au simple rang d’idiome d'une secte chrétienne, au rang des plus importants dans les recherches sur l’histoire primitive de l'intelligence humaine.

La langue copte se partage en deux dialectes principaux , le haut égyptien ou thébain, et le bas égyptien ou memphilique, le dialecte copte proprement dit. On en parle encore un troisième, le baschmourique, dans une partie du Delta, tuais il n’en existe plus que quelques débris. Ce qui donne

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