‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 358 sur 607 · COQ — COQ DE BRUYÈRE · texte numérisé non relu

COQ — COQ DE BRUYÈRE

à opérer à grande eau la décoction d’une quantité énorms de haricots; enfin, le cas échéant, à faire, toujours dans sa gigantesque marmite, le pot au feu de l'équipage; et c'est là le triomphe du cog.

COQ-A-L’ÂNE, discoursinterrompu, sans suite et sans liaison, ou dont la suite n’a aucun rapport avec le commencement, {el que serait, par exemple, celui d'une personne qui, ayant commencé à parler de son cog, en viendrait brusquement et sans transition à vous entretenir de son dne, comme on le reproche dans ces vers du Loyer des folles Amours, ouvrages du quizième siècle :

De moi vraiment

Vous vous raillez ;

Trop vous faillez,

Car vous sailles (sautez)

Du coq a l’asne Ménage dit que Marot a été le parrain ou plutôt le père de cette façon de parler, ayant fait une épiître burlesque, ainsi dénuée de suite et de liaison, qu’il intitula Du Cog à l'Ane, et qui fut imitée ensuitepar bon nombre d’auteurs, Un poëte italien, Bur chiello a excellé dans ce genre de poésie, et a eu pour commentateur Fr.-Maria Doni, qui a voulu enchérir sur le texte par ses extravagances. Un écrivain du commencement du dix-septième siècle, Guillaume du Sable, qui avait vécu dans la domesticité de sept rois, François 1°, Henri II, François II, Charles IX, Henri II, Henri IV et Louis XIII, a laissé une satire sur les affaires du temps, présentée sous la forme d’un cog-à-l’âne, qui est une histoire abrégée de la ligue et de quelques événements particuliers, surtout depuis la mort de Henri II. Il y parle avec une liberté souvent cynique non-seulement du pape et de la Sorbonne, mais des personnes qui étaient le plus en crédit à la cour, tels: qu’Albert de Gondi, le chancelier Birague, et de Catherine de Médicis elle-même,

Edme HÉREAU.

COQ BRUANT, COQ DE BOIS, COQ DE BOULEAU, COQ DE MONTAGNE. Voyez CoQ DE BRUYÈRE.

COQ DE BRUYERE, nom vulgaire de plusieurs espèces de gallinacés, qui, réunis aux gélinottes, constituent le genre fetras.

Le grand coq de bruyère (tetras urogallus, Linné ), que l’on appelle encore cog de bois, cog de montagne, coq bruant, est le plus grand dés gallinacés. Le mâle, long de 0°,90,a le plumage ardoisé, rayé finement, en travers, de noirâtre ; la femelle, plus petite d’un tiers, est fauve, avec des lignes transversales brunes ou noirâtres. Les jeunes ressemblent aux femelles jusqu'à la première mue. On trouve cet oiseau en assez grand nombre en Livonie, en Russie, en Sibérie, et généralement dans toutes les parties septentrionales de l'Asie; il est bien plus rare en Allemagne, en Hongrie, et surtout en France, quoiqu’on en rencontre dans les pays de Foix et de Comminges, en Auvergne, dans les Ardendennes et les Vosges lorraines. Il vit toujours dans le même lieu, habite de préférence les forèts montagneuses, et se nourrit principalement de baies, de bourgeons et de jeunes pousses, auxquels il ajoute des graines, des insectes et des vers. Le mâle commence à entrer en chaleur dans les premiers jours de février, et c’est vers la fin de mars que son ardeur amoureuse est dans toute sa force. Chaque coq se tient alors dans un certain canton, dont il ne s'éloigne pas. On le voit, soir et matin, perché sur un gros arbre, ayant la queueétaléeen rond, lesailes tratnantes, le con porté enuvant, la tête enflée par le redressement de ses plumes, el prenant toutes sortes de postures extraordinaires. 11 appelle ses femelles par un cri très-fort, qui commence et se termine par une explosion aiguë et perçante; celles-ci répondent par une sorte de râlement plus doux, et accourent au pied de l'arbre où il se tient, et d'où il descend aussitôt pour les féconder, Cet oiseau, qui dans tout autre temps est fort dif. ficile à approcher, se laisse surprendre très-aisément luis-

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