‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 359 sur 607 · COQ DE BRUYÈRE · texte numérisé non relu

COQ DE BRUYÈRE

qu'il esten amour, et surtout pendant qu’il fait entendre son cri de rappel; il est alors si étourdi du bruit qu’il fait luimême, ou, si l’on veut, tellement enivré, que ni la vue d’un homme, ni même, dit-on, l'explosion de la poudre, ne lui fait prendre sa volée. « On le croit sourd et aveugle, dit un naturaliste : il n’est qu'amoureux. » Ce temps d’amour dure jusqu’au commencement de juin. Chaque femelle fécondée va faire à l'écart à terre, dans la bruyère ou dans tout autre endroit bien couvert, un nid composé de mousse, où elle pond de onze à seize œufs, d’un blanc sale, marqués de taches jaunâtres, un peu plus gros et plus obtus que ceux des poules ordinaires. L'incubation, à laquelle le mâle ne prend aucune part, dure environ quatre semaines, et les femelles couvent avec tant d’assiduité et de passion, qu’il n’est point rare de les prendre vivantes sur leur nid. Dès que les petits sont éclos, ilsse mettent à courir avec beaucoup de légèreté ; la mèreles conduit avec sollicitude, et les promène dans les bois, où ils se nourrissent d’œufs de fourmis, de mûres sauvages, etc. La famille demeure unie tout le reste de l’année, jusqu'à ce que la saison des amours, leur donnant de nouveaux besoins et de nouveaux intérêts, vienne à les disperser, surtout les mâles, qui ne se souffrent pas entre eux, et qui ne vivent guère avec les femelles que pendant le temps de leur chaleur. Hors ce temps, ces oiseaux sont presque toujours à terre et ne se perchent guère que pour passer la nuit. Le grand coq de bruyère est un gibier excellent, surtout lorsqu'il est jeune; aussi a-t-on fait plusieurs fois des tentatives pour le rendre domestique, mais on n’a pas encore pu y réussir. Il languit et ne tarde pas à mourir, quand on le tient en captivité.

Parmi les autres espèces, on distingue encore le cog de bruyère à queue fourchue ou coq de bouleau (tetras tetrix, Linné). Le mâle est noir, irisé de violet sur la tête, le cou, la poitrine et le croupion, avec du blanc aux couvertures des ailes et sous la queue, qui est fourchue, au lieu d’être ronde comme dans le grand coq de bruyère; la femelle, fauve, rayée en travers de noirâtre et de blanchâtre, avec la queue peu fourchue. Leur taille est celle du coq et de la poule. Comme dans l’espèce précédente, les jeunes mâles ressemblent aux femelles jusqu’à leur première mue. Ces oiseaux habitent les mêmes lieux que ceux de l’espèce précédente, mais sont moins rares dans nos contrées tempérées. Ils vivent par troupes dans les forêts plantées de bouleaux, dont les jeunes pousses font leur nourriture favorite. Ils entrent en amour vers la fin de l'hiver, et les mâles se disputent alors les femelles avec un acharnement qui ne cesse bien souvent que par la mort de l’un des combattants. Le vainqueur choisit trois ou quatre femelles, et sa passion amoureuse n’est pas moins violente que celle du grand coq de bruyère. Posé sur les grosses branches des arbres, il est en proie à une agitation continuelle, semble n'avoir de sens que pour ses femelles, et les rappelle fréquemment par un cri d'amour qui s'entend de fort loin. Chaque femelle va faire sa ponte à l'écart dans des taillis épais peu élevés, et sur la terre même; les œufs, au nombre de six à huit, ont des mouchetures de couleur de rouille sur un fond blanc jaunâtre. Les petits prennent un accroissement assez rapide : dès l’âge de cinq à six semaines, ils sont en état de voler et de se percher sur les arbres avec leur mère, qu’ils ne quittent point durant leur première année. Aux approches de l'hiver, toutes les familles se rassemblent et se réunissent aux vieux mâles pour former des bandes nombreuses. Cette espèce est moins farouche que celle qui précède. C'est un gibier moins rare, mais aussi moins exquis et beaucoup moins re-

cherché. DÉMEZIL.

COQ DE ROCHE. Cavier fait de ces oiseaux, qui, à cause de leur ressemblance en quelques points avec les gallinacés et de leur demeure habituelle dans les cavernes, ont été appelés cogs de roche, un genre de la famille des ma-

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