COQS
nakins, dans l’ordre des passereaux. Les coqs de roche étaient rangés par Linné dans son genre pipra; Brisson les en a séparés, sous le nom générique de rupicola. Ils ont pour caractères : un bec médiocre, robuste, un peu voûté et courbé vers son extrémité, dont la mandibule supérieure, aussi large que haute, a la base comprimée et est échancrée à la pointe, et dont l’inférieure, plus courte, est droite et aiguë; des narines placées de chaque côté du bec, ovoïdes, cachées par les plumes de la huppe, qui s'élèvent en demicercle; des tarses en partie couverts de plumes, des pieds robustes, quatre doigts, trois en avant, l’externe uni à l’intermédiaire au-dessus de la seconde articulation, et l’interne soudé à la base de ce doigt; le pouce, dirigé en arrière, trèsfort et armé d’un ongle crochu; des ailes dont la première rémige est filiforme et presque imberbe vers le bout, et dont les quatrième et cinquième sont les plus longues. On en connaît depuis longtemps deux espèces qui existent à la Guyane et au Pérou, et dont nous allons parler.
Le cog de roche de la Guyane (rupicola aurantia, Vieill.) a le plumage d’un rouge orangé très-vif; sa tête est surmontée d’une belle huppe longitudinale, formée d’une double rangée de plumes très-serrées, qui se recourbent en deni-cercle; il a quelques traits blancs sur les ailes, les rémiges brunes, bordées extérieurement et terminées de jaune, les rectrices brunes terminées de jaune clair; la plupart des plumes sont coupées carrément et frangées; le bec et les pieds d’un jaune très-pâle. La taille du mâle égale à peu près celle du pigeon ramier; maïs la fcmelle, beaucoup plus petite, et entièrement d’un brun verdâtre, avec quelques nuances de roux, ressemble extérieurement à un jeune coq. Les plumes des jeunes mâles sont d’un brun moins foncé que chez les femelles, et l’on y observe des taches de couleur orangée. Ces oiseaux habitent à la Guyane des cavernes aux environs desquelles ils volent pendant le jour; d'un vol bas, court et rapide. Pendant le jour, les femelles sortent de leurs retraites moins fréquemment que les mâles. Elles y établissent un nid composé seulement de quelques brins de boïs et d’herbe sèche, dans lequel elles pondent deux œufs blancs, sphériques, et gros comme ceux des plus forts pigeons. Leur défiance ne permet de les chasser qu’à l’affüt. Ils se nourrissent de fruits sauvages, de baïes et d'insectes qu'ils se procurent en grattant la terre à la manière des poules.
Le cog de roche du Pérou (rupicola peruviana, Dum. } a tout le plumage d’un rouge orangé vif, à l'exception du croupion, qui est d’un gris cendré, des rémiges et des rectrices , qui sont noires ; toutes les plumes sont entières, et celles de la huppe sont peu serrées. Le bec et les pieds sont jaunes. DÉMEZIL.
COQ DES JARDINS, nom vulgaire d’une espèce de tanaisie que l’on nomme encore menthe-cog et herbe au cog.
COQ D'INDE. Voyez Dinnon.
COQ PUANT. Voyez Hupre.
CO@S ( Combats de). Ces combats sont un spectacle essentiellement anglais; ils forment une des nombreuses variétés de ces amusements appelés sporés, qui dans la Grande-Bretagne absorbent une portion assez notable du temps et des idées des hommes riches 6u oïsifs. Chez un pareil peuple, les combats de coqs ne sauraient être un amusement futile; c'est un art qui a ses adeptes, une science qui a ses écrivains, et un spectacle qui compte un public nombreux et empressé. Plusieurs ouvrages existent sur la manière d'élever les poulets, d'essayer leur forces, de les préparer au combat, etc. Des amateurs ont poussé l’amour de l’art jusqu’à réunir en corps de lois toutes les coutumes et toutes les règles qui président à ce genre d’amusement. Le traité le plus complet sur la matière est un petit volume intitulé : Conseils pour élever des cogs de combat, augmentés des calculs pour les paris.
Lorsque doit se livrer une lutte de ce genre, le public en est avefti à l’aide d'annonces pompeuses insérées dans les journaux les plus répandus. Ces annonces, rédigées en fermés techniques tout à fait ignorés du vulgaire, indiquent le gain de la partie, qui se monte parfois à 2 ou 300 guinées ( 5,000 ou 7,500 fr.), et disent les nombreux paris qui doivent s'engager, ainsi que les noms des amateurs fammeux qui ont promis d’assister à la séance.
A Londres, le champ-clos se tient habituellement dans le quartier de Westminster, Tufton-Street, au Royal-Cockpit, vieil édifice à la porte duquel on voit se presser, aux jours de représentation, une foule de vieux cochers, de vieux grooms, de vieilles culottes de peau, qui attendent avec une frémissante impatience l’heure où ils pourront pénétrer dans le temple. Le sanctuaire est une rotonde autour de laquelle trois ou quatre rangs de gradins s’élèvent en amphithéâtre. Une estrade arrondie, de 6 à7 mètres de diamètre, et que recouvre un paillasson circulaire, occupe le centre de la salle; les bords de cette estrade présentent un surexhaussement de 21 à 27 centimètres, destiné à empêcher les cogs de tomber par terre durant le combat La lice accordée aux charnpions est circonscrite dans un cercle de 80 centimètres de diamètre, tracée à la craie au centre du paillasson; ce premier cercle en comprend un second, aussi tracé à la craie, mais beaucoup plus étroit, et dans lequel on place les coqs bec contre bec, lorsque, n’ayant plus la force de s'attaquer on est obligé de les exciter à s’entre-déchirer. Enfin, un chandelier colossal, fixé au plafond, et ayant pour mission d'éclairer l’assemblée lorsque la lutte a lieu pendant la nuit , complète la décoration intérieure du Royal- Cockpit.
Quelques instants.avant le combat, on a soin de répandre de l’eau sur toute la surface du paillasson afin d’empècher les cos de glisser. Ce préliminaire rempli, les champions paraissent. On les tire de deux cages ow volières placées dans l’intérieur de la salle, mais à des coins opposés ; nous ne devons pas oublier de dire que les combattants ont été au préalable pesés et appareïllés, puis marqués et numérotés: Les soins les plus scrupuieux et la solennité la plus grande président à chacune de ces opérations : ainsi, la clef de chaque volière est non-seulement posée sur la table où se fait la pesée, mais chaque parti a le droit, en outre, d’ajouter un cadenas à chacune des deux portes. Ces précautions ont pour but de garantir les parieurs contre toute substitution de combattants : tel en effet qui, séduit par la renommée d'un athlète sorti, vainqueur de plus d’un combat, ou bien par le plumage bleu, gris ou jaune d’un inconnu, par la pefitesse de sa tête, le feu de ses yeux, par ses jambes fortes et osseuses, par son talon court et pointu’, tel, disons-nous , qui risque alors des sommes considérables, ne voudrait pas hasarder un seul penny s’il avait chance de voir son favori subrepticement remplacé par un coq blanc ou noir, et dont les plumes du cou seraient pâles et fanées,
Les champions ont les éperons garnis de pointes d’acier très-acérées, Lorsque leurs maîtres les ontplacés sur le paillasson, les conversations s’arrêtent, les doctes de l’assemblée suspendent leur enseignement, puis, après un examen de quelques minutes, les paris s’établissent de tous côtés avec fureur, et les voûtes de la salle retentissent de ces cris: deux contreun pour…..l une couronne pour…..! pour... une quinée! Pendant ce temps!, les deux maitres, tenant les deux coqs dans leurs mains, caressent la tête et le cou de ces animaux, humectent les bandages qui servent à raffermir les éperons, placent par intervalles les champions en face l’un de l’autre, les irritent par tous les moyens, et cherchent à accrottre leur fureur en faisant semblant de les jeter bec contre bec; puis lorsqu'ils les jugent suffisamment excités, il les lâchent en même temps. La première attitude des coqs lorsqu'ils se voient en présence est noble et magni-