COQUILLE
vors testacés, et qui depuis G. Cuvier ont été scientifiquement caractérisés sous la dénomination de mollusques. L'enveloppe solide plus où moins crétacée de l'œuf des oiseaux et des reptiles, la partie ligneuse qui entoure la graine dans les drupes, les noix, les nuculaires, sont encore appelées coquille ou coque.
Envisagée sous le rapport de l’histoire naturelle, l'étude de ce-corps protecteur des mollusques se rattache à cellé de la peau de ces animaux dont la coquille est évidemment un produit et une partie distincte. La coquille ne peut être confondue avec d’autres parties solides, qui ont reçu les noms d’opercules, d’épiphragmes. Son mode de formation bien connu consiste dans lexhalation d’une matière muqueuse, qui contient et réunit des molécules calcaires ou cornées, et souvent des matières colorantes. Ces molécules se disposent les unes à côté des autres, et forment en se desséchant des couches plus ou moins nombreuses, dont la dernière formée est la seule qui adhère à l’animal dans une étendue plus ou moins grande. Le plus souvent le dépôt calcaire qui constitue la coquille se fait à lextérieur du derme, sous forme de couches imbriquées plus ou moins colorées, et recouvertes par une sorte d’épiderme plus ou moins épais, qu’on nomme drap marin, et quelquefois par de petites productions piliformes, connues sous le nom d'épiphlose. Les coquilles ainsi formées sont dites externes, et se distinguent des coquilles internes, ou dermiques, qui sont entièrement cachées dans l'épaisseur de la peau, et déposées dans une grande maille du tissu du derme. Il y à aussi des coquilles intermédiaires à celles dites externes et internes, qui sont par conséquent en partie cachées dans la peau, et en partie plus ou moins apparentes à l'extérieur. Quoique la coquille ait été considérée avec raison comme un véritable corps sans vie, et comparable à la partie morte d’une dent ou d’un poil, son adhérence au tissu vivant et sa place dans le corps des mollusques démontrent bien évidemment qu’elle est destinée à protéger le corps, soit entier, soit dans une étendue qui diminue progressivement, et enfin, lorsqu'elle est devenue rudimentaire, les organes respiratoires et le cœur seulement. Plus la coquille d’un mollusque est grande, plus sa peau, qui est abritée par elle, est fine, et vice versü.
L’arrangement moléculaire du tissu non vivant des coquilles, ou les diverses sortes de textures qu’elles offrent ont été spécifiées sous les épithètes de Zamelleuse ou feuilletée, de fibreuse, fibro-lamelleuse, nacrée, vitreuse ou émaillée , et cellulaire. La cire noire qu’on presse sur la surface nacrée d’une coquille pour en recevoir lempreinte, prend l'aspect de la nacre. Cette expérience sert à prouver que ce genre de texture, comme tous les autres, n’est qu’un arrangement moléculaire. D’après l’analyse chimique des coquilles, distinguées par Hatchett en coquitles porcelaines et en coquilles formées de nacre de perle, les premières sont composées de sous-carbonate de chaux et d’une très- petite quantité de matière azotée, analogue à la gélatine;
les secondes sont formées de 66 parties de sous-carbonate de chaux et de 34 parties de membranes organiques. Vauquelin a trouvé en outre de ces matériaux, dans les coquilles d’huitre et celles d’œuf de poule, du phosphate de.chaux, du sous-carbonate de magnésie et de l’oxyde de fer. Les anatomistes se bornent à faire remarquer que les coquilles sont, dans le plus grand nombre de cas, composées de matière calcaire, et quelquefois de substance muqueuse presque entièrement.
D’après le nombre des pièces dites valves dont elles se composent, les coquilles ont été distinguées en univalves, bivalves, et multi ou plurivalves. De Blainville a proposé de désigner les coquilles univalves operculées sous le nom de Subbivalves, et sous celui de {ubivalves certaines coquilles (fistulanes) enveloppées d’un tube. Dans les univalves, la coquille est située sur le dos de l'animal; dans les
DICT, DE LA CONYERS. — T, VI
bivalves , les deux pièces sont placées, soit, l’une sous le ventre, l’autre sur le dos (térébratules, lingules, orbicules ), soit une sur chaqueflanc (huître, peigne, moule, etc.). En outre des deux valves latérales, il y a des valves accessoires dorsales dans les pholades ou un tube extérieur, Dans les multivalves, les pièces qui composent la coquille sont disposées de trois manières, savoir : 1° en couronne, tout autour du corps et s’engrenant par les bords, d’où la dénomination de coquille multivalve coronale ; 2° sous forme d’écailles où squamunes, encore autour du corps, mais se touchant à peine et ne s’engrenant point (coquilles multivalves squammeuses, anatifes, etc.); 3° en série, les unes à la suite des autres sur le dos de l'animal (coquilles multivalves sériales, oscabrions). Dans les multivalves en couronne, la cavité de la coquille est quelquefois ouverte inférieurement et toujours close supérieurernent par €çux ou quatre petites pièces mobiles qui font l'office d’opercules.
Les coquilles univalves ou formées d’une seule pièce sont distinguées en terrestres, fluviatiles et marines. Les premières, généralement plus minces, ne présentent jamais d’épines, et ont très-rarement des tubercules. Leur bouche arrondie, quelquefois anguleuse, n’est jamais oanaliculée. Les coquilles univalves fluviatiles, dont la forme est intermédiaire à celles des coquilles terrestres et marines, s'en distinguent par un épiderme vert ou brun. Parfois épineuses, quelquefois tuberculeuses, elles ne sont jamais échencrées à la base, si l’on excepte les mélanopsides. Les univalves marines sont remarquables par leur épaisseur, par des bourrelets, des épines, et par l'existence d’un canal à la base chez le plus grand nombre.
La détermination des différentes parties d’une coquille univalve doit être faite en considérant la coquille sur l’animal qui marche devant l'observateur et renfermée entre six plans. Dans cette position, la partie de la coquille qui correspond au plan antérieur, sur laquelle on voit l'ombilic, se nomme la base; la partie diamétralement opposée correspond au sommet du cône ou de la spire. A la face inférieure se trouve la bouche de la coquille et une portion de la spire. La face supérieure comprend le dos de la coquille et l’autre portion de la spire. Enfin, aux deux faces latérales correspondent à droite la lèvre droite, à gauche la lèvre gauche de la coquille. Les univalves sont äites, 1° wniloculaires où monothalames, lorsque leur cavité est simple; 2° mulliloculaires ou polythalames, lorsque des cloisons plus ou moins nombreuses divisent leur cavité en plusieurs loges. La pièce unique qui constitue les coquilles dites univalves peut être tout à fait plane, très-rarement convexe sur les denx côtés, comme dans l'os de la sèche, et très-souvent de plus en plus convexe et concave en sens opposé et s'élevant en cône plus ou moins allongé. Ce cône esttantôt droit et vertical, et tantôt courbé et enroulé. Cet enroulement se fait dans trois directions : 1° longitudinalement, 2° transversalement, 3° en spire composée d’un nombre plus ou moins grand de tours, le plus souvent de gauche à droite (coquilles dextres ), quelquefois dans certaines espèces et quelques individus d’une même espèce de droite à gauche (coquille sénestres ou gauches ). Dans ces trois modes d'enroulement, on à égard, 1° à la ligne fictive autour de laquelle ils s’effectuent, c’est l'axe de La coquille; 2° au côté interne du cône enroulé et plus ou moins distant de l'axe, d’ou résulte un trou ou une cavité allongée dite ombilic de la coquille; 3° au côté interne de ce même cône atteignant ou dépassant l’axe fictif, et produisant une sorte de pilier tordu‘appelé columelle. Le commencement de la cavité d’une coquille bivalve s’appelleouverture ou bouche ; sa circonférence ou son bord a reçu le nom de péristome, dont les parties droite et gauche sont appelées lèvres, l’une interne gauche et columellaire, l’autre externe et droite, Parmi les modifications nombreuses de l'ouverture ou bouche d’une coquille univalve, on a surtout égard à l'existence
d'une échancrure et à celle d’un #ube ou canal. Toutes les saillies qui hérissent la surface de ce grand groupe de coquilles ( tubercules, cordons, varices, côtes, stries, sillons plus ou moïns profonds, soit verticaux, soit transverses ) sont dues à des formes correspondantes dans le bord du manteau et à l'accroissement progressif de la coquille par l'augmentation du nombre et des dimensions des {ours de la spire. La nomenclature de toutes les différences qu’offrent les parties que nous venons d’énumérer ( bouche, lèvres, échancrure, canal, ombilic, columelle, base, etc. ) est si surchargée et si minutieuse, que nous devons renvoyer aux ouŸrages spéciaux de conchyliologie.
Les coquilles bivalves étant placées dans la position qu’elles ont sur leurs animaux lorsqu'ils marchent devant l’observateur (position considérée comme la plus rationnelle par Linné, de Blainville et Deshaies), on en détermine exactement les diverses parties, quisont, dans chaque valve droite ou gauche, les faces et les bords. Les faces se distinguent en externe et en interne, la première le plus souvent convexe. On y considère un ventre, ou partie la plus bombée, un disque ou partie convexe qui est au-dessus du ventre, et le Zimbe ou la circonférence des valves depuis le disque jusqu’au bord : cette surface peut êtrelisse ou présenter toutes les sortes de saillies déjà indiquées ci-dessus pour les coquilles univalves dont la production reconnaît la même cause. L'indication des aspects de cette face externe exige encore un grand nombre d’épithètes indispensables pour la caractérisation des espèces. La face interne des coquilles bivalves offre une concavité qui ne répond pas toujours à la convexité de la face externe. Sa surface, presque toujours lisse, présente des impressions qu’on a distinguées en 1° musculaires, c’est-à-dire impressions pour l’attache des muscles, qui sont uniques ou doubles, d’où la subdivision des conchifères en monomyaires et dymyaires; 2° palléales ou impressions faites par le manteau (pallium), et 3° glandulaires ou innominées, c'est-à-dire impressions correspondant à des glandes ou autres organes particuliers parsemés sur le manteau. Les bords des valves se prêtent ou se refusent à des distinctions d’antériorité, de postériorité, etc., selon que la forme de la coquille est plus ou moins longitudinale, ou plus ou moins transversale,
Au côté ou au bord supérieur des coquilles bivalves transversales, au sommet et aux bords antérieur et postérieur de celles qui sont longitudinales, on remarque des parties qui sont plus ou moins marquées, auxquelles les conchyliologistes ont donné les noms de crochets, de corselet, comprenant l’écusson et les lèvres; de Zunule, de charnière, et de ligament. Les divers genres de mobilité et de solidité de la charnière ont nécessité des modifications très nombreuses, qui consistent principalement dans l’absence ou la présence, le nombre et la forme de dents plus ou moins saillantes et séparées par des intervalles ( fossettes, gouttières ), dans sa forme générale ét sa position par raport aux crochets. Ces modifications 6nt entraîné toutes celles qu’on observe dans le ligament, substance cornée dont l'élasticité fait bâiller la coquille pendant que les muscles qui la ferment n’agissent point. Le ligament est simple, double ou multiple, et plus ou moins extérieur ou intérieur, plus ou moins saillant et plus ou moins étendu. Toutes les différences qu'il offre sous ces rapports sont mises à profit pour caractériser les espèces.
Les coquilles bivalves ou conques sont les unes fluviafiles, les autres marines. L'observation à fait découvrir que quelques espèces vivant dans l’eau douce deviennent par degré marines, et réciproquement que certaines espèces marines s’habituent successivement à vivre dans l'eau douce, Les conques marines se distinguent en général par l'absence d'épiderme et par les saillies de leur surface externe, Les coquilles bivalves se divisent encore en Libres, ou pouvent changer de lieu, et en adhérentes, c'est-à-dire fixées