COQUILLE — COQUILLES
vos coquilles ? Portezvos coquilles à d'autres ; c'est vendre des coquilles à ceux qui viennent de Saint-Michel. Les trois dernières locutions sont proverbiales, et s'adressent à quelqu'un qui veut nous en faire accroire. On dit encore au figuré : ne faire que sortir de sa coquille, être jeune ; rentrer dans sa coquille, au lieu de 1° devenir modeste quand quelqu'un a rabaissé notre caquet, baisser le ton et se taire; 2° se retirer d’une entreprise téméraire. L. LAURENT.
COQUILLE ( Zmprimerie). C’est le nom que les ty- ‘pographes donnent à une faute d'impression qui consiste à mettre une lettre à la place d’une autre. Cette faute, assez commune, peut occasionner une infinité de quiproquos. Un sompositeur a énuméré dans les vers suivants quelques-unes des espiégleries de la coquille :
Toi qu'à bon droit je qualifie Fléau de la typographie,
Pour flétrir tes nombreux méfaits, Ou, pour mieux dire, tes forfaits, 11 faudrait un très-gros volume Et qu'un Despréaux tint la plume, S'agit-il d’un bomme de Lien, Tu m'en fais un homme de rien; Fait-il quelque action ivsigne, Ta malice la rend indigne,
Et par toi sa capacité
Se transforme en rapacité;
Ce qui, soit dit par parenthèse, Dénature un peu trop la thèse, Un cirque a de nombreux gradivs, Et tu le peuples de gredins ; Parle-t-on d'un pouvoir unique, Tu m'en fais un pouvoir inique, Dont toutes les prescriptions Deviennent des proscriptions.
Certain oncle hésitait à faire
Un sien neveu son légataire
Mais il est enfin décidé :
Décidé devient decéde.
À ce prompt trésor, pour sa gloire, Ce neveu hésite de croire,
Et même il est fier d’hésiter :
Mais tu le fais fer... d'hériter.
À ce quiproquo qui l’outrage, C’est vainement que son visage S'empreint d’une vive douleur ; Je dis par toi : vive couleur; Plus, son émotion æisible Devient émotion risible ;
Et s’il allait s’évanouir,
Tu le ferais s'épanouir,
Qu'un as bleu, partant à la noce, Mette des souliers de satin,
Par une noirceur bien atroce, Tu dis des souliers de cation,
Que sur un vaisseau quelque prince Visite vos ports en province,
J'en fais un glorieux amiral :
Tu changes en grand animal.
Te voilà, coquille effrontée ;
T'on allure dévergondée
Ne respecte raison ni sens.
Mais de m'arréter il est temps, Pour compléter la litanie
( Car ce serait chose infinie) Chaque leczeur ajoutera D'innombrables et cætera.
COQUILLE (Gux), sieur pe ROMENAY, l’un des plus célèbres jurisconsultes du seizième siècle, que d’Aguesseau n’appelle jamais que le judicieux Coquille, et dont le nom latinisé, suivant un usage reçu à cette époque parmi les gens de lettres et les savants, était Conchylius, aaquit le 11 novembre 1523 à Décize, dans le Nivernais,
et mourut à l’âge de quatre-vingts ans à Nevers, le {1 mars 16ç3.
Après avoir été étudier la science du droit en Italie sous le célèbre Marianus Sorin, il t&ærmina ses études à Orléans, où il prit ses degrés, et s'attacha d'abord au barreau de Paris, qu’il abandonna ensuite pour se fixer à Nevers, d’où sa réputation s’étendit bientôt au loin. Ses Znstitutes Cou tumières, son Commentaire sur la Coutume du Nivernais, lui assurent un rang distingué dans la science. Ami particulier de Jean Bodin, il fut en relation avec tous les hommes célèbres de son siècle, et entretint une correspondance suivie avec le chancelier Bacon, qui prisait en lui le bon citoyen, l’honnête homme, à légal du publiciste et de l’homme d’État. Guy Coquille se méla, en effet, aux affaires politiques de son pays. Député du tiers état à l’assemblée des états généraux tenue en 1560 à Orléans, et à celles de Blois en 1575 et 1588, il y fut chargé de la rédaction du cahier de son ordre. Il avait laissé sur les états de Blois et d'Orléans des mémoires aujourd’hui perdus pour nous sans retour, parce que le chanoine chargé de publier ses œuvres, regardant, nous dit-il naïvement, ces écrits politiques comme au-dessus de la portée du jugement du vulgaire, prit le parti de ne les pas imprimer. Mais dans un recueil de poésies latines que Guy Coquille publia de son vivant, nous trouvons la preuve du dégoût et du chagrin tout patriotiques qu’il éprouvait à la vue de la profonde corruption de son temps. 11 flétrit en beaux vers, et avec l'indignation de l’honnête homme, ces députés serviles et vendus qui font leurs affaires au lieu de faire celles du pays, qui reçoivent du pouvoir de l’argent ou des places, à la condition d’oublier les intérêts du peuple. Après la clôture des états, Guy Coquille accepta les fonctions de procureur fiscal à Nevers; mais ce futen vain que Henri IV, dans l'espoir de l’attirer à Paris, lui fit offrir une charge de conseiller d’État,
COQUILLE DE PHARAON. Cette coquille, connue aussi sous le nom vulgaire de bouton de camisole, est le irochus Pharaonis de Linné (monodonta Pharaonis de Lamarck). Voyez TROQUE.
COQUILLE DE SAINT-JACQUES. Voyez PEICNE.
COQUILLE DES PEINTRES, nom vulgaire qui s'applique, tantôt à l’unio pictorum (voyez MuLETTE), tantôt au mylilus edulis (voyez Movie), et quelquefois au mactra stuliorum (voyez Macrre), parce que souvent les peintres déposent leurs couleurs préparées dans les valves détachées de ces coquilles.
COQUILLES (Or, Argent en). L'or en coquilles est ainsi nommé de ce qu’on est dans l’usage de le conserver dans des coquilles, où on l’étend en couches minces, On le prépare avec de l’or pur, battu à l'ordinaire en feuilles ; on pose ces feuilles ou fragments de feuilles sur une glace, et l’on y ajoute du miel. On broie ensuite le tout au moyen d’une molette, comme les couleurs destinées à la peinture. Après cette opération, on jette ce mélange dans un vase contenant de l’eau bien chaude ; on agite le tout afin d’accélérer la dissolution du miel. Dans cette manipulation, une partie de l’or se tient suspendue dans le liquide à cause de l’extrême ténuité de ses molécules. On décante cette eau aurifère, et le reste du métal broyé moins fin reste au fond dy vase. On remet de la nouvelle eau chaude, et l’on continue à laver et à décanter jusqu’à ce que tout le miel soit emporté On laisse en repos les eaux du lavage ; l’or tombe au fond du vase; on décante, et il ne reste plus qu’à placer la poudre sur un bain de sable pour la débarrasser de toute humidité. Dans l'opération du broyage de l’or en coquilles, on remplace quelquefois le miel par des dissolutions de gomme ayant la consistance de sirop. Lorsqu'on veut employer cet or, ou le mettre ex coquilles, on le broie de nouveau en y mêlant une dissolution de gomme arabique un peu épaisse, dans la proportion de deux à trois gouttes de cette dissolution pour deux grammes d’or. Le mélange, après le broyage, doit être épais et tenace.
L'or en coquilles s'emploie pur sur la porcelaine {endre;
mais, pour la porcelaine dure, il est indispensable d'y ajouter un fondant composé de trois parties de litharge, six de sable, une de sel de soude, deux d’antimoine diaphorétique; on fait fondre le tout, on le broie, et quand on l’emploie, on en met un vingt-quatrième avec l’or. Le mat de la dorure de l'or en coquilles est beaucoup plus beau que celui de l'or précipité (en poudre).
L'argent en coquilles, qui tire son nom de la même cause, se prépare et s'emploie à peu près dans les mêmes conditions. TEYSSÈDRE.
COQUIMBO, vaste province du Chili, située entre celle d'Aconcagua au sud et celle d’Atacama au nord; sa superlcie couvre 762 milles carrés géographiques, et elle est peuplée d'environ 150,000 habitants. Le fleuve du même nom qui la traverse, descend de la chaîne des Andes, et se jette dans le Pacifique. On y trouve en abondance l'or, l’'argent, le cuivre, le mercure et d’autres métaux.
Le chef-lieu du Coquimbo se nomme La Serena. Fondée
en 1543 par Pedro de Valdivia, cette ville est entourée de jardins et possède une belle cathédrale, six églises, un lycée, plusieurs écoles et un hôpital, On y compte 12,000 âmes, . La petite ville de Coquimbo sert de port à la Serena; située à l'embouchure du fleuve de ce nom, elle à un bon mouillage et 1,500 habitants. Un chemin de fer l’unit à las Caldas. Elle a été bien reconstruite à la suite des tremblements de terre de 1820 et de 1822.
COQUIN, COQUINERIE; termes injurieux, qui ont été formés du latin coquus, cuisinier, ou plutôt du qualificatif coguinus, qui s'entend de tout ce qui concerne la cuisine, et que l’on a d'abord appliqué à ceux et à celles qui allaient mendier les restes des repas des riches aux portes des cuisines. Puis, comme ceux qui font mélier de mendier, qui prennent l'habitude du vagabondage, sont par cela même enclins à toutes sortes de vices, bientôt ce nom de coquin est devenu l'appellation des gens sans aveu ou exerçant une profession peu honnête, et on l’a employé comme synonyme de fripon. I] paraît bien prouvé qu’originairement ce mot coquin fut l'appellation des plus bas officiers de la cuisine, et qu’il devint ensuite celle des gens les plus vils et les plus méprisables. Cette application du mot n'était pas du reste nouvelle, puisqu'au témoignage de Plaute les Latins donnaient le nom de cocus à un larron. Du Cange dit aussi que dans la basse latinité on appelait cocciones les vagabonds qui hantaient les foires pour voler, pour couper les bourses. Coquin s’est dit ensuite d’un poltron, d’un homme coupable ou capable de quelque lâcheté; mais son acception la plus générale est celle de gueux , misérable, homme de néant, homme de rien.
Coquin se prend quelquefois dans un sens moins défavorable, et s’adoucit même comme son synonyme fripon , au point de devenir aimable quand cette épithète passe par la bouche d’une jolie femme, qui l'adresse en badinant à un homme; et l'on dit de celui qui est favorisé par les dames que c’est un heureux coquin. 11 n’en est pas de même du qualificatif coquine, qui est toujours pris en mauvaise part, du moins relativement aux personnes, Edme Héreau,
COR (Pathologie). Les callosités ou petites tumeurs dures qui se développent sur les parties du pied les plus exposées aux frottements réitérés des chaussures trop étroites ou trop larges, ont été appelées cors (du latin cornu), parce que leur substance est de même nature que la corne. Les cors ne sont autre chose que des amas toujours croissants de matière épidermique, qui durcit et s’enfonce de plus en plus; on en prévient ordinairement la formation par l'emploi de chaussures bien adaptées à la forme des pieds, et appropriées à tous les genres d'exercice que les hommes des diverses professions sont forcés de faire, Lorsque les cors sont formés, et qu'ils produisent des douleurs très-vives, surtout pendant la marche, on peut les