‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 37 sur 607 · COLLIER -- COLLIN · texte numérisé non relu

COLLIER -- COLLIN

Ces conclusions ne furent pas rendues publiques : elles avaient excité une trop vive agitation au sein du parlement. Les accusés subirent leur dernier interrogatoire sur la sellette. Reteaux de Villette, les yeux baignés de larmes, fut moins favorable au cardinal que dans ses premières déclarations. M®® de La Motte s’assit sur la sellette avec un air d'impudence qu'elle conserva pendant deux heures et jusqu'à ce qu’elle eùt quitté ce siége d'opprobre. Interpellée de s’expliquer sur une lettre attribuée à la reine et commençant par ces mots : Envoyé à la petit : comtesse, l’accusée , après un moment de silence, refusa le rien dire parce que cela offenserait la reine. Forcée de répondre, elle s'écria, avec colère, que cette lettre commençait par ces mots : Je l'envoie, ajoutant que le cardinal lui avait montré d’autres lettres dans lesquelles la reine le tutoyait et lui donnait divers rendez-vous, qui avaient été effectués. L’interrogatoire du cardinal dura deux heures. On avait retiré la sellette : il lui fut permis de s'asseoir sur un fauteuil. 11 était en habit long de cérémonie, très-pâle , et paraissait fatigué. Le lendemain, 31 mai, on interrogea pour la forme d'Oliva et Cagliostro. La cour suspendit l'audience pour Jaisser à d’Oliva le temps d’allaiter son enfant : elle était accouchée peu de temps après son entrée à la Bastille.

La cour, prononçant d’abord sur le comte de La Motte, coutumace, le condamna à l'unanimité, au fouet, à la marque et aux galères à perpétuité; Reteaux de Villette, au bannissement perpétuel, sans fouet ni marque; Mme de La Motte, ad omnia citra mortem. Deux conseillers, Robert de Saint-Vincent et Dionis du Séjour, avaient opiné pour la mort. Mais, à la majorité, le résultat de la condamnation, ad omnia citra mortem, fut : Que Mme de La Motte serait fouettée et marquée par le bourreau sur les deux épaules d’un double W, la corde au cou, et enfermée à l’h6pital pour le reste de ses jours. M!® d’Oliva fut mise hors de cour, attendu que, quoique innocente au fond, il était juste qu’il lui fût imprimé cette tache pour le crime purement matériel qu’elle avait commis, Son amant, Toussaint Beausire, avait été mis hors de prévention dès le 11 mars 1786. Cagliostro, déchargé de l’accusation, obtint immédiatement sa liberté. La comtesse de La Motte subit sa peine le 21 juin au bas du grand escalier du Palais, puis elle fut conduite en fiacre à la Salpétrière, d’où elle s’évada en juin 1787. Ce n’est pas dans le roman, en 2 vol. in-8°, qu’elle a appelé Mémoires, qu’il faut chercher la cause de son évasion, sur laquelle on n’a pu hasarder que des conjectures plus ou moins vraisemblables. Ces Mémoires, publiés à Londres et réimprimés plusieurs fois en France, sont le plus passionné de tous les libelles lancés contre Marie-Antoinette.

Le jour même où Mme de La Motte fut flétrie on fit courir dans Paris cette épigramme, qui faisait allusion à la fleur de li dontle fer du bourreau imprimait l'empreinte sur l’épaule des condamnés :

La Motte, on n’en peut douter, Des Valois est bien la fille, Puisque lon lui fait porter

Les armes de la famille.

Le cardinal de Rohan, déchargé de l’accusation, ainsi que Cagliostro, s’attendait à être, comme lui, mis immédiatement en liberté; mais M. de Launay, gouverneur de la Bastille, qui l’avait accompagné au Palais, avec une escorte spéciale, s’y opposa, et, malgré l’insistance du parlement, le ramena à la Bastille, dont les portes ne s’ouvrirent pour lui que le 1°" juin au soir, à dix heures. Le lendemain inatin, à dix heures et demie, le ministre baron de Breteuil lui notifia lui-même l’ordre du roi : 1° de ne pas sortir de chez lui et de ne recevoir que ses parents et ses gens d’affaires pendant trois jours ; 2° de se rendre après ce délai à l’abbaye de la Chaise-Dieu, en Auvergne, et d'y rester jusqu’à nouvel ordre du roi; 3° de donner sur-le-champ la démission de sa

charge de grand-aumônier : S. Em. avait une heure auparavant envoyé cette démission au ministre des affaires étrangères, M. de Vergennes. Le pape, qui d'abord s'était opposé à ce que le cardinal fût jugé par le parlement, et qui avait appuyé le déclinatoire invoqué par l'assemblée du clergé, crut devoir quelque temps après interdire au prince Louis le titre et les insignes du sacerdoce et du cardinalat, Du reste, cette interdiction temporaire n’était qu’une mesure de convenance. Durey (de l'Yonne).

COLLIER (Joux PAYNE), littérateur et critique anglais, qui s’est surtout occupé des antiquités du théâtre de sa nation, est né à Londres, en 1789, d’un père qui s’occupait lui-même de littérature et publiait le Monthly Register et devint plus tard l’un des rédacteurs du Times. La position de son père lui facilita l'entrée de la carrière du journalisme, et il devint l’un des rédacteurs du Morning-Chronicke, en même temps que l’un des collaborateurs les plus féconds de toutes ces Reviews, de tous ces Magazines qui pullulent chez nos voisins. Quelques articles de lui sur l’ancien drame anglais publiés dans l’Edinburgh Magazine eurent pour résultat de le mettre en rapports avec le célèbre libraire d'Édimbourg Constable, qui bientôt après publia de lui deux volumes sous le titre de Poelical Decameron (1820). Deux ans après parut The Poets Pilgrimage, poème dans le rhythme adopté par Spenser, mais que l’auteur ne tarda pas à retirer du commerce de la librairie, reconnaissant lui-même que cette œuvre de sa jeunesse n’était point faite pour la publicité, L'édition qu’il donna des Dodsley's old Plays fut bientôt suivie de son History of dramatic Poetry (3 vol., Londres, 1831), qui lui assigne un rang honorable parmi les historiens littéraires. Il publia ensuite le catalogue raisonné et critique de la bibliothèque de lord Francis Gower (aujourd’hui lord Ellesmere). C’est dans les manuscrits que possède cette bibliothèque qu’il trouva la majeure partie des matériaux et des documents nouveaux qu’ila réunis dans ses New facts regarding the life of Shakspeare (1835), dans ses New particulars (1836), et enfin dans ses Further particulars (1839), tous ouvrages relatifs à l’histoire de la vie et des ouvrages du grand tragique anglais. Ces travaux lui donnaient le droit de publier une édition nouvelle des œuvres de Shakspeare (8 vol., Londres, 1842-1844), dans laquelle il a consigné les résultats de vingt années de laborieuses et patientes recherches. En 1847 il fut désigné par lord Ellesmere pour remplir les fonctions de secrétaire auprès de la commission instituée par le gouvernement pour faire une enquête sur la situation du British Museum ; mais la proposition qu’il fit de dresser le catalogue des richesses de cet établissement ne fut point accueillie. En 1850 la Société des Antiquaires de Londres l’élut pour son président. On a encore de lui Memoirs of the principal actors in the plays of Shakspeare (1846) et une xnportante Histoire du théâtre anglais (1851, 3 vol.). COLLIMATION. En astronomie, on appelle ligne de collimation celle suivant laquelle on vise un objet par les deux pinnules d’ungraphomètre. C’est l'axe optique d’une lunette ou la ligne qui passe par le centre de ses verres. La ligne de collimation doit être parallèle à la ligne de foi, c’est-à-dire à la ligne qui passe par le centre de l'instrument et par le point de l'index qui marque la division. COLLIN (HENRi-JosEPn DE ), poête dramatique distingué, né à Vienne, le 26 décembre 1772, et mort dans cetta capitale, le 28 juillet 1811, était le fils d’un médecin célèbre, et occupait dans l'administration des finances un emploi important, où il mérita l'estime universelle. Dans le monde littéraire il se fit surtout un nom par ses tragédies, dont la plus célèbre, et à tous égards aussi la meilleure, est son Régulus ( Berlin, 1802 ), bien que, par suite d’un pari, cette pièce ait été composée en six semaines. Ses autres ouvrages dramatiques sont : Coriolan, Polyxène, Balboa, Bianca della Porta, enfin Les Horaces et les Curiaces. Is se dis-

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