COR — CORAIL
die doit rester immobile : aussi les parties de cor ou de trompette sont-elles toujours notées en w£ (certains solos exceptés), et cet uf devenant successivement un ré, un mi, un Ja, elc., tout le système des aliquotes change en mème temps que la tonique. L'exécutant voit sans cesse ut mi sol sur le papier, et l'oreille entend ré fa la, mi sol si, Ja la ut, siré fa, selon que l'instrument se trouve disposé d’après les indications qui se trouvent en têtedes morceaux de musique.
Le système harmonique du cor est pareil en tout à celui de la trompette; mais ses tuyaux, du double plus longs, et terminés par un grand pavillon, donnent l'octave basse de cet instrument. Ce pavillon est disposé de manière à recevoir la main, qui réunit son artifice au pouvoir de l’'embouchure, pour maitriser la colonne d’air et la forcer à articuler les tons que la résonnance multiple ne fait point entendre, et que l’on nomme vulgairement sons bouchés. C’est pour obvier à cet inconvénient qu’un Allemand nommé Stæœlzel a imaginé d’ajouter au cor des pistons, au moyen desquels on obtient des sons ouverts à toutes les notes. Mais ce moyen, quelque ingénieux qu'il soit, a le défaut d’altérer la belle et pure qualité de son du cor ; et si l’on ne parvient à y remédier complétement, ce défaut sera toujours un obstacle à l'admission générale du cor à pistons dans les orchestres.
Comme la faculté d'obtenir sur le cor les sons très-élevés ou très-bas provient d'une disposition particulière que l’exécutant reçoit de la nature, et que ies exercices qui ont pour objet d'apprendre à monter contrarient ceux que l’on prescrit pour faire résonner les sons graves, un élève doit se destiner de bonne heure à la première ou à la seconde partie: la qualité de son embouchure, les conseils des professeurs, lui serviront de règle pour son choix, et dès lors il travaillera exclusivement les tons élevés ou les basses.
La musique de cor se note sur la clef de so]; on se sert néanmoins de la clef de ja quatrième ligne pour quelques notes graves. Autrefois on avait soin de changer la clef toutes les fois que le cor changeait de ton, et de lui donner celle qui pouvait mettre la partie de cet instrument en rapport avec le reste de l'orchestre. Par exemple, la clef de so/ ne servait que pour le mode d’ut, celle de fa pour celui de mi, celle dut troisième ligne pour le ton de ré, celle d’ut quatrième ligne pour celui de si, etc.; : la transposition se trouvait ainsi toute faite. Cet usage s’est perdu, et l’on écrit maintenant toute |: .ausique de cor sur la clef de sol, ce qui est plus simple. CasriL-BLAZE.
CORACOIDE (Apophyse). Voyez OMOPLATE.
CORACOIDIENNE (Clavicule). Voyez CLAVICULE.
CORAH, CORÉ ou CORACH, fils aîné du lévite Jézéar, est connu par la conspiration que son orgueil le porta à tramer contre Moïse, et par la mort qui le frappa, lui et ses complices Dathan et Abiron : tous trois furent engloutis, dit l’Écriture, par la terre qui s’ouvrit sous leurs pas. On attribue onze des plus anciens psaumes aux descendants de Corach, les Coraîtes, qui étaient consacrés au service du temple, et dont il est particulièrement fait mention comme de chanteurs aux ordres de Josaphat.
CORAIL. C’est le résultat de la sécrétion d’un polype, dont les caractères ont été donnés par M. Milne-Edwards. Pour l'aspect et le port, l’élégant corail est semblable à un petit arbre qui aurait été dépouillé de ses feuilles ; il croît aussi, du moins en apparence, à la manière des plantes; Mais la matière qui le constitue offre en presque totalité du carbonate de chaux, empâté par une sorte de gélatine, et peut-être d’albumine animale, teinte d’une vive couleur rouge. La substance calcaire du corail est dure, formée de couches concentriques, striée, d’un rouge éclatant. Elle est recouverte, dans l’état de fraîcheur, d’une chair vivante, mince, mais évidemment organisée : c’est celle de animal procréateur du squelette qu’il enveloppe. Cette chair, en se desséchant à l’air, devient une couche friable.
On trouve le corail, à partir d'une très-petite profondeur dans les eaux, jusqu’à plus de cent mètres dans la mer : c’est dans la Méditerranée, et principalement sur les côtes de Barbarie, que la pêche du corail, objet d’une industrie développée et quelquefois très-profitable , s'exerce en Europe sur une grande échelle. Pour extraire Le corail de son gisement, on fait descendre dans la mer une espèce de drague formée de branches de fer, disposées en croix horizontale, qui accroche les ramifications que l’on recherche.
Le tissu du corail est d'un grain fin et compacte, assez analogue à celui des marbres les plus précieux, et susceptible comme eux , et plus qu'eux encore, de recevoir le plus beau poli. Chacun connaît les nombreuses variétés de bijoux de toutes formes et à tous usages dont le corail est la matière principale : croix, colliers, boucles d'oreilles, bracelets, etc. Les vertus chimériques attribuées si largement et avec tant de confiance au corail par les anciens doivent être rangées parmi les contes bleus; mais ce qui est plus vrai, c’est lattrait que les ornements en corail ont pour le beau sexe, et ce goût est bien justifié par tout le charme qu’il ajoute à une belle ct jeune carnation. Peu de pierres précieuses, malgré leur haut prix et leur richesse, sont aussi dignes des regards de la beauté. Les femmes de l'Orient surtout savent apprécier le corail. Les fles de l’archipel Indien en recèlent beaucoup, et les côtes de l'Océanie en sont fapissées.
Le corail artificiel, bien inférieur au corail naturel, sous le rapport du poli, de l'éclat, et surtout de la durée, est une pâte quia pour base ordinaire la poudre de marbre cristallin, cimentée avec de l’ichthyocolle, et quelquefois avec une huile très-siccative. On presse dans des moules, on laisse bien sécher et on polit. Cette matière se teint au moyen du vermillon de Chine, mêlé à une très-petite quantité de minium de première qualité. PELOUZE père.
On trouve le corail dans la Méditerranée, près de Marseille, sur les côtes de la Loose, de la Sardaigne, des Baléares, et auprès de Tunis et de La Calle. Ce dernier point est depuis longtemps celui qui fournit la plus grande partie du corail du commerce. Quoique la pêche en soit le plus souvent faite par des Maltais, l’industrie à laquelle elle donne lieu mérite d’être considérée comme française. La Calle, qui fait aujourd’hui partie de nos possessions du nord de l'Afrique, était dès 1450 le siége d’un établissemen( français dont l’objet principal était la pêche du corail. Une compagnie, qui ne devait employer que des marins provençaux, avait le privilége de cette pêche, et le conserva pendant plusieurs siècles. En 179{ on supprima le privilége, et la pêche devint libre pour tous les Français faisant le commerce du Levant et de la Barbarie. Mais les Italiens s’emparèrent bientôt de presque tous les avantages de cette pêche; et, devenus maîtres de l'établissement de l’ancienne compagnie, ils furent employés par l'État moyennant une rétribution en nature. Le 27 nivôse an 1v un arrêté créa pour la pêche du corail une nouvelle société. D’après les nouvelles conditions, la compagnie ne pouvait avoir que des marins français ou des marins étrangers établis ou s’établissant en France. L’armement de tout bateau devait d’ailleurs se faire dans un porttrançais. Mais cet arrêté fut à peine suivi, et en 1802 les Anglais devinrent méme possesseurs de La Calle. Ils donnèrent à la pêche un développement tel qu’ils y employèrent jusqu’à 400 bateaux. En 1816 nous rentrâmes dans nos anciens droits, mais sans que l’établissement eontinuât d'être aussi lucratif, et les hostilités avec la régence d’Alger y suspendirent de nouveau notre dumnination. Depuis 1830 la pêche du corail relève de nouveau de l'administration française.
La pêche du corail effectuée en 1852 sur le littoral algérien a été l’une des plus abondantes que :'un ait vues depuis longtemps. Ainsi il a été pêché en moyenne 230 kilogr. de corail par bateau, soit, pour 156 bateaux corai.
leurs qui ont exploité les parages de Bone et de La Calle, 34,880 kilogr., qui ont été vendus en grande partie à Naples, à raïson de 60 fr. le kilogr., ce qui porte la valeur totale de la pêche au chiffre de 2,152,880 fr. La pêche du corail sur les côtes de l’Algérie était évaluée, en 1864, à une valeur
annuelle de 5 à 6 millions de francs, et n’occupait pas
moins de 325 bateaux, montés par 2,000 marins, la plupart d’origine étrangère, italiens ou maltais. Pour se faire une idée de l'importance de ce commerce, il suffit de savoir qu'on exporte par an de l'Europe pour 15 millions de corail, dont 13 sortent des ports d’Italie et 2 de Marseille.
Quelqüe riche ef agréable que soit la couleur du corail, son emploi dans les parures et, par suite, son cours et ses débouchés sont soumis au caprice de la mode; tantôt le commerce suffit à peine aux demandes, et tantôt il séjourne invendu dans les magasins.
CORALLINE (diminutif de xop&luov, corail). Les productions marines qui portent ce nom ont été le sujet de longues discussions entre les savants de toutes les époques : les anciens n’y voyant que des corps pierreux, des métamorphoses d’une nature à une autre, ou des jeux, des transformations du règne minéral ; les modernes voulant en faire des végétaux , comme Tournefort , le père de la botanique, ou des animaux, comme Peyssonnel, le médecin du roi, qui avait si bien démontré, contre le savant Marsigli, la na- {ure animale du corail et antres zoophytes corticifères. Dans ces derniers temps encore les opinions restaient flottantes; cependant, Lamouroux, l’habile observateur, aussi bien que le célèbre Lamarck, et l’illustre Cuvier même plaçaient les corallines, quoique avec quelque doute, parmi les polypiers, à la suite des cellulaires, avant les corticaux , quand tout à fait de nos jours la question a été enfin décidée en faveur des botanistes d’après les heureuses recherches de MM. Schweïger, Link, Philippi, Zanardini, Meneghini, et surtout Kützing et Decaisne; c’est maintenant un fait bien acquis à la science : les corallines sont rentrées, pour w’en plus sortir, dans le domaine du règne végétal ; elles constituent une petite tribu dans la classe des algues.
Les corallines ont des tiges articulées, portées sur des espèces de racines , divisées elles-mêmes en rameaux également articulés, à la surface desquels on n’aperçoit pas de pores. Les spores sont du plus beau rose, granuleuses à l'intérieur, et assez semblables à celles des genres bonnemaisonia, asparagopsis, etc. Les corallines varient de couleur entre le vert , le rouge et toutes les nuances intermédiaires; souvent elles deviennent très-blanches par leur séjour à l'air, et c’est dans cet état qu’on les trouve fréquemnent sur le sable des côtes maritimes. Ces plantes croissent par touffes plus ou moins fournies sur les rochers du bord de la mer; peu d'espèces sont parasites sur les fucus. On les rencontre dans tous les océans et à toutes les latitudes, mais principalement dans les régions intertropicales. On en connaît dix-huit ou vingt espèces,
Les anciens vantaient beaucoup la coralline comme abwrbant efficace ou puissant anthelmintique. Au commentement du dix-huitième siècle, l'usage de cette plante était presque tombé en désuétude; depuis il a été remis en vogue par la réputation que s’est acquise la mousse de Corse comme anthelmintique. E. LE GuiLiou.
CORAN ou KHORAN, vulgairementnommé ALCORAN, qui est le même mot précédé de l’article arabe al (le), signifie lecture, et par extension, lecture par excellence, ainsi que dans le même sens nous appelons Bible (livre) l’Ancien Testanient,
Le Coran est le livre que les musulmans révèrent comme le recueil des lois divines promulguées par leur prophète Mahomet; aussi l’appellent-ils Kitab-Allah, le livre de Dieu; Ailab-Atziz, le livre précieux; Kelam-Chérif, la parole sacrée ; Musshof, lecodesuprème ; Fourkann, quisert