CORAIL — CORAN
à distinguer le bien, le vraï, d'avec le mal etle faux ; et Tanzil, descendu du ciel; car ils eroïent que le Coran, tiré du grand livre des décrets divins, est tombé du ciel feuille par feuille, verset par verset. C’est du moins ce que publiait Mahomet, lorsque dans les moments d'embarras et de perplexité , il lui fallait éclaircir ses prédications, confirmer ses assertions, résoudre quelque problème politique, autoriser un projet, absoudre ou condamner quelqu'un, cvrroborer ou abroger quelque loi, etc.
Le Coran est en même temps le code civil, criminel, politique et militaire des mahométans, qui ne respectent que ce qu’il contient, ce qui est conforme à son esprit, et qui rejettent et maudissent tout ce qui lui est contraire. Il est divisé en 30 sections ou cahiers, composés de 114 chapitres et 1,666 versets. Ces chapitres ne sont point rangés dans l’ordre de leur rédaction ou de leur promulgation. En effet, c’est dans l’année 609 de l’ère chrétienne, la première de sa mission, et la quarantième de son Age, que Mahomet prétendit avoir reçu de l’ange Gabriel les deux premiers chapitres du Coran , qui dans le livre sont les 96° et 74°; et il continua durant vingt-trois ans à recevoir ainsi du messager céleste les autres chapitres envoyés par le Très-Haut.
Ce ne fut que la 13° année de l’Aégire, 635 de J.-C., la seconde après la mort du législateur, que le khalife Abou- Bekr, son beau-père et successeur, fit rassembler les feuillets épars du Coran et en forma un livre, qu'il fit déposer solennellement chez Hafza, l’une des veuves du prophète, Sous le règne d’Othman, le quatrième des khalifes, il en circula plusieurs copies dont le texte altéré et falsifié donna lieu à des doutes, à des disputes, à des controverses sur divers points de la doctrine musulmane, dans plusieurs parties de l'empire. Pour mettre fin à ces désordres, Othmar, l'an 652, fit répandre un grand nombre de copies de l'exemplaire original, et condamner au feu tous les exemplaires apocryphes.
Rien de plus obscur qu’une foule de passages de ce divin livre, malgré les interprétations différentes et souvent contradictoires qu’en ont données Béidhawi (au quinzième siècle de notre ère) et un grand nombre d’autres commentateurs arabes, turcs et persans, moins estimés que lui. Il est d’autres défauts que l’on peut justement reprocher au Coran : l'incohérence des matières dans un même chapitre, le vague dans les dispositions législatives et dans les préceptes religieux, les répétitions, les contradictions, les absurdités. Mais ces défauts tiennent peut-être à la manière dont ce recueil fut mis en ordre et rédigé sous le règne d’Abou-Bekr, par Zaïd-Ben-Thabet, qui pourtant passe pour avoir été l’un des plusintimes et des plus habiles secrétaires de Mahomet. Il recueillit sans choix et sans discernement tous les fragments écrits sur des feuilles de palmier, sur des pierres blanches, sur des morceaux de cuir et d’étoffe, sur des omoplates de brebis, et les prétendues traditions conservées, avec des variantes inévitables, dans la mémoire de divers disciples et compagnons du prophète. Les premiers chapitres sont très-longs, les suivants plus courts, et les derniers ne contiennent que quelques versets. Cette différence vient probablement de ce que le rédacteur après avoir réuni dans les premiers tout ce qui pouvait se rapprocher par la rime ou par la nature du sujet, réserva pour la fin des fragments qui ne se rapportaient à rien, ou qui lui étaient parvenus trop tard. Les parties du Coran qui paraissent être directement l'ouvrage de Mahomet sont supérieures aux autres; mais il est douteux qu'il les ait écrites lui-mêine , parce qu'il ne sut lire que dans un âge assez Avancé, et parce que l'ecriture avait éle récemment introduite dans le Hedjaz, dont le dialecte fut, comme on sait, celui dans lequel fut écrit le Coran. Toutefois, ces parties ont pu être écrites par quelqu'un de ses secrétaires, Le Coran renferme d'excellents préceptes sur la pratique des vertus, surtout de l'humilité, de la charité, de la reconnaissance, du pardon des