CORBEAU — CORBEILLE
le montaient. On appelait corbeau démolisseur une baseute
armée d’un croc avec lequel on arrachait les pierres des mu- .
railles ébranlées par le bélier.
Au siége de Syracuse, Archimède saisissait et enlevait les vaisseaux des Romains avec des corbeaux. Il est aisé de se faire une idée de ces machines , en se figurant une grosse poutre suspendue en équilibre.par son milieu en travers des murailles, comme le fléau d’une balance. Au bout qui donnait du côté de la mer, était suspendu un corbeau, qu’un homme placé sur la bascule lâchaït sur le vaisseau ; sitôt qu’il était accroché, les assiégés faisaient basculer la poutre en tirant des cordes attachées au bout qui regardait a ville, ou bien ce bout était chargé d’avance d’un poids suffisant. Ces machines servaient encore à enlever des hommes, TEYSSÈDRE,
CORBEIL, ville de France, chef-lieu d'arrondissement dans le département de Seïne-et-Oise, à 33 kilomètres de Paris, sur la rive gauche de la Seine, qu'on y traverse sur un beau pont de pierre à l'embouchure de l'Essonne, avec 6,016 habitants (1872), un tribunal de première instance, une bibliothèque publique de 5,000 volumes , une belle cathédrale romane, de nombreux et très-importants moulins à farine, des tanneries. II s’y fait une fabrication de toiles peintes, d’indiennes, de mousselines, de tissus cachemires, de sangles et de courroies en fil et de tuyaux sans couture, Corbeil possède un grand entrepôt de grains et de farines pour l’approvisionnement de Paris. Il communique avec Paris et Montargis par un chemin de fer.
Au commencement du neuvième siècle, Corbeil n’était que le nom d’un territoire ou la réunion de quelques cabanes de pêcheurs. En 803 les incursions des Normands obligèrent ceux qui possédaient les reliques de saint Exupère et de saint Loup de les transporter au château de Paluau, qui était près de là, et dès lors Corbeil prit un grand accroissement. On y bâtit un château, et jusqu’au temps de Louis le Gros la ville fut possédée par des comtes particuliers. Le premier fut Aymon, dont on voit encore aujourd'hui le tombeau dans la vieille église de Saint-Spire. Le dernier fut Hugues le Jeune, qui céda ce comté au roi de France. Plusieurs reines eurent ensuiteleur douaire assigné sur Corbeil et habitèrent cette ville. Le château était vaste et bien fortifié ; et c’est dans sa grosse tour, fameuse par son élévation, que George d’Am boise fut renfermé. Vainement assiégé par le duc de Bourgogne en 1418, et par les calvinistes en 1570, Corbeil fut pris en 1590 par le duc de Parme, qui lincendia et Le livra aux plus horribles excès.
CORBEILLE, petit ouvrage de vannerie, espèce de panier, fait ordinairement avec de l’osier rond ou fendu, et qu'on remplit de fleurs, de fruits, ou de diverses choses de toute autre nature. Il y a des corbeilles de différentes capacités, grandeurs et formes, lé plus souvent comme nattées, circulaires, et munies quelquefois d’un couvercle de même matière que la corbeille, La corbeille à ouvrage est un diminutif de la corbeille ordinaire, faite aussi en osier, ou en paille, ou en tresse, etc., et dans laquelle les dames serrent leur dé, leur étui, leurs aiguilles, leurs ciseaux, leur fil, leur coton ou leur soie, et leur broderie ou autres menus ouvrages en train. La corbeille de mariage joue un rôle dans les conventions matrimoniales de notre temps. C’est un grave sujet de lutte entre les jeunes fiancées. C’est là en effet que tout prétendant bien appris dépose les bijoux, les parures, les cachemires, ete., qu'il envoie à celle qu'il va conduire à l'autel, Le corbeillon ou corbillon est un jeu innocent, en vogue de temps immémorial, pour lequel on ne risque rien de faire ample réserve de rimes en on, si l'on ne veut pas donner de nombreux gages et subir de nombreuses pénitences.
Corbeille, en sculpture, est un ornement en forme de panier, rempli de fleurs ou de fruits, qui termine quelque décoration, commeles piliers de pierre qui entourent l'oran-