‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 377 sur 607 · CORDE — COR DE BASSET · texte numérisé non relu

CORDE — COR DE BASSET

supérieure à celle du nombre des fils qui y entrent, car un cerdage de 12 fils ne porte, sans se rompre, que 756 kilogrammes, et il en soutient 1662 quand ilest de 24 fils, et 2138 à 30 fils. La même proportion à peu près existe relativement aux poids, et tout cela est sensiblement proportionnel au carré des diamètres et des circonférences. Ajoutons une dernière observation, c’est que les cordes mouillées perdent environ le tiers de leur force, et que le goudron qu’on est forcé d'employer pour les rendre plus durables, sans les affaiblir à beaucoup près autant que la mouillure, diminue cependant aussi la ténacité. PELOUZE père.

Les cordes sont d’un grand usage pour le fonctionnement des machines. Leur présence apporte de nombreuses modifications aux lois générales de la mécanique théorique, où l'on regarde ordinairement les forces comme transmises par des fils parfaitement flexibles, inextensibles, dont le poids est négligé. Dans la pratique, le poids et l’élasticité des cordes doivent être pris en considération ; leur roideur occasionne également des résistances qui exigent un plus grand effort de la part de la puissance. Ainsi encore lefrottement des cordes sur les poulies diminue sensiblement l’action de ces machines.

On appelle corde sans fin une corde dont les deux bouts

sont joints ensemble, Telle est la corde qui entoure la roue des tourneurs, celle de la machine électrique, etc.

La corde est en général un tortis fait de chanvre et quelquefois de coton, de laine, de soie, d’écorce d’arbre, de poil, de crin, de jonc, et d’autres matières pliantes et flexibles. On étend du linge sur une corde, on retire d’un puits un seau plein d’eau à l’aide d’une corde. Il y a des ponts de corde et des souliers de corde. On met en Branle une cloche au moyen d’une corde, que Santeuil et Boileau auraient voulu voir autour du cou des sonneurs. L'échelle de corde des amoureux est depuis longtemps passée &e mode. On appelle corde de jeu de paume une grosse corde tendue au milieu d’un jeu de paume couvert, et qui est garnie de filets jusqu’en bas, de manière à arrêter la balle qui ne passe pas par-dessus. La corde d’estrapade était celle avec laquelle on guindait jadis ceux qui étaient condamnés à l’estrapade. Dans ce sens donner trois coups de corde à quelqu'un, c'était le guinder trois fois en haut et le laisser aller de toute sa pesanteur à un pied près de terre.

Corde est aussi un gros câble tendu en l'air et attaché par les deux bouts, sur lequel dansent acrobates et funambules, autrement dits danseurs de cordes, avec ou sans balancier; c’est ce qu'ils appellent corde roide dans leur langage technique.

Corde se prend encore quelquefois pour le supplice de la potence dans les lieux où il est resté en usage. Au moyen âge, les grands criminels faisaient amende honorable devant le portail d’une église, tête nue, la corde au cou, avec une torche ardente d’un certain poids à la main droite.

Corde se dit aussi du tortis de chanvre, de crin, ou d’autres matières dont on garnit les ares et les arbalètes pour les bander,

Corde se dit en outre des fils dont le drap est tissu : Un vieil habit tout pelé montre la corde ; il est usé jusqu’à Ja corde. Corde se dit enfin d’une certaine quantité de bois à brûler, qu’on mesurait autrefois avec une corde, et qui équivaut à quatre stères de bois. On appelle le bois neuf bois de corde.

Proverbialement avoir frisé la corde, c’est avoir couru risque d’être pendu comme un fripon qu’on est, ou avoir été bien près de perdre son procès, de succomber à une maladie, ou en général de tomber dans quelque malheur. Danser Sur la corde, c’est étre engagé dans une affaire hasardeuse, trouver dans une situation embarrassant{e, incertaine, où 1 on risque à tout moment de succomber, Fler sa corde, c'est faire des actions qui peuvent mener au gibet. Mettre

la corde au cou de quelqu'un, c’est le mettre en danger d’être pendu, ou, dans un sens plus général, être cause de sa ruine , de sa perte, Dans ce sens, on se met souvent la corde au cou à soi-même. Dire qu’il ne faut point parler de corde dans la maison d'un pendu, c’est recommander très-sagement de ne point parler, en présence de certaines personnes, de ceilaines choses qui peuvent leur rappeler certains souvenirs peu flatteurs. Avoir de la corde de pendu dans sa poche se dit d’un homme. qui gagne beaucoup, qui gagne toujours au jeu, ou qui se tire heureusement des entreprises les plus hasardeuses, Un Lomme de sac el de corde est un scélérat, un filou, un mauvais garnement, un vaurien. Se rendre la corde au cou, c'est se mettre sans condition à la merci de quelqu'un qu’on à. offensé. Avoir deux cordes à son arc, plusieurs cordes, plus d'une corde à son arc, c'est avoir plusicurs moyens d'arriver à son but. Toucher la grosse corde, c’est parler de ce qu’il y a d’essentiel, d’important dans une affaire: Toucher La corde sensible, c’est parler de ce qui intéresse le plus vivement une personne, de ce qui lui fait le plus de peine ou de plaisir; menacer par exemple de faire un eluprunt à la bourse d’un avare. Ne touchez pas celle corde! c’est faire entendre qu’il ne convient pas de parler de telle chose, soit qu’on s’expose à un danger, soit qu’on craigne de blesser ou d’affliger la personne à qui l’on s’adresse. Montrer la corde, c’est faire voir qu’on est aux expédients, à ses dernières ressources. Cela montre la corde signale une finesse grossière, facile à découvrir ; cela est usé jusqu'à la corde : une ruse, une plaisanterie, un argument qu’on a si souvent employés qu’ils n’ont plus d’attrait et que tout le monde les sait par cœur. Dieu nous garde de ces prétendus hommes d’esprit dont le vieux répertoire est usé jusqu'à la corde! |

CORDE (Géométrie). On appelle corde ou sous-lendante d’un arc de courbe la droite qui joint les extrémités de cet arc. L'arc, ancienne arme de jet, et ses accessoires, ont fourni les dénominations par lesquelles les géomètres désignent une partie quelconque d’une courbe, et presque toutes les droites qui ont des rapports avec elle. Ainsi, pour nous borner aux arcs de cercle, la parlie du rayon comprise entre l'arc et la corde s’appelle vulgairement flèche; cette ligne est pour les mathématiciens le sinus-verse de l'arc sous-double. La demi-corde est ce qu’on appelle le sinusdroit ou simplement le sinus de ce dernier arc.

Les propriétés fondamentales des cordes du cercle, les. seules dont nous nous occupions ici, sont les suivantes : Dans un même cercle ou dans des cercles égaux, les cordes égales soutendent des arcs égaux, et réciproquement. Des cordes parallèles interceptent-entre elles sur la circonférence des arcs égaux. Dans un même cercle ou dans des cercles égaux, deux cordes égales sont également éloignées du centre. Deux cordes se coupent en parties réciproquement pro-portionnelles ; etc.

Les cordes du cercle ont servi à établir des tables qui, pour la construction des angles, donnent plus de précision que l'emploi du rapporteur. Ces tables contiennent les cordes de tous les arcs du quadrant de minute en minute, ou de dix secondes en dix secondes, pour un rayon que l’on suppose ordinairement divisé en 10000 parties. Si l’on demande, par exemple, de construire un angle de 24° 20', on trouve dans la table que la corde de cet angle renferme 49215 de ces parties. A l’aide de cette donnée, rien de plus facile que d'exécuter la construction demandée. 11 suffit deprendre une corde qui soit au rayon dont on sesert comme 4215 est à 10000.

COR DE BASSET, corno di bassetto, ou bassethorn, instrument de musique, à vent, à bec et à anche. Le cor de basset est de la nature de laclarinette,et n’en difière qu’en ce qu’il est un peu plus recourbé et qu’il descend une tierce plus bas. C’est le plus riche de tous les ins

truments à vent, Son diapason comprend quatre octaves , qui commencent au second u{ grave du piano. La musique destinée au cor de basset se transpose à la quarte ou à la quinte. Ainsi , les modes de so/ et de fa, qui sont les plus usités dans cet instrument, s'écrivent l’un et l'autre en wé. On se sett de la clef de sol pour le premier cor de basset, et de la clef de fa pour les passages bas qui se rencontrent dans les parties du second et du troisième. Cet instrument n’est en usage qu’en Allemagne , où il a été perfectionné par Antoine Stadler. Mozart l’a employé avec succès dans son Requiem , où il le fait figurer comme instrument à vent principal. Casrir.-BLaze.

COR DE CHASSE. Cet instrument, dérivé de la {rompe, a été lui-même la souche du cor de nos orchestres, du cornet à pistons, et d’une foule d'autres. Malgré le peu de justesse et le son rauque de quelques-unes de ses notes, l'éclat et la force de sa sonorité le rendent très-propre à l'emploi qu’on en fait à lachasse. C’est de cet instrument que nous est venue l'expression chasser à cor et à cri, qui, en termes de vénerie, indique une chasse avec le cor et les chiens. Cette chasse autrefois constituait un privilége. Dans le langage figuré, poursuivre quelque chose à cor et à cri équivaut à vouloir cette chose à toute force.

CORDELIÈRE, nom que l’on donne en architecture à un petit ornement taillé en forme de corde sur les baguettes, ou à un petit liteau qui se met sous les patenôtres.

On appelait aussi autrefois cordelières de petits filets de soie noire ornés de petits nœuds fort propres, à la distance d'un pouce, et que les dames mettaient quelquefois à leur cou en guise de collier. Maintenant on donne le nom de cordelière à de longs cordons faits en passementerie, ornés de glands à leurs extrémités, et que l’on noue autour du corps pardessus une robe de chambre, ou qui servent à attacher d’élégants tabliers.

On appelle enfin cordelière, en termes de blason, le filet plein de nœuds que les veuves ou les filles mettent en guise de cordon pour entourer l’écu de leurs armes. On croit que cet usage remonte à l’époque d'Anne de Bretagne. Cette seine de France, épouse de Charles VIII, qui commença à régner en 1483, puis de Louis XII, qui lui succéda en 1498, voulut, dit-on, instituer une espèce d'ordre en l’honneur des cordes dont Notre-Seigneur fut lié en sa passion, et pour la dévotion qu’elle avait à saint François d'Assise, dont elle portait le cordon. Elle donna à cet ordre le nom de la Cordelière, et pour marque un collier fait d'une corde à plusieurs nœuds, entrelacés de lacs d'amour, dont elle honora les principales dames de sa cour, pour le mettre autour de leurs armes. Herman dit que cette princesse institua cet ordre après la mort de Charles VIII, et qu'elle prit pour devise : j'ai le corps délié, faisant allusion au mot cordelier, parce que la mort de son mari l’avait affranchie du joug du mariage; maïs celte cordelière signifiait plutôt un engagement qu'un affranchissement de lois, et Herman a confondu apparemment cette reine avec Louise de la Tour d'Auvergne, qui après la mort de Claude de Montaigu, son mari, prit effectivement pour devise : J'ai le corps délié. Anne de Bretagne n'a plutôt fait qu’imiter ici son père, qui avait mis un pareil collier à l'entour de l’écu de ses armes, à cause de la dévotion qu’il avait à saint François d'Assise, F Edme HÉREAU.

CORDELIÈRES, ordre de religieuses , variété des Clarisses, suivant la règle de saint François d'Assise et portant, comme les cordeliers, la ceinture de corde nouée, Leur premier couvent à Paris fut situé rue de l'Oursine, au faubourg Saint-Marcel. Elles le tenaient de la générosité de Marguerite de Provence, veuve de saint Louis. Dans un titre du seizième siècle, cet établissement est qualifié d'abbaye du couvent des Cordelières de l'église de Sainte-Claire, Ces religieuses conservaient le manteau royal de saint Louis, qu'elles dépecèrent au dix-huitième siècle pour en faire un

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