DENNE-BARON
CORINTHE (Aïrain Ge). Voyez AIRAIN.
CORINTHE ( Raisins de). Voyez RaIsiNs SECs.
CORINTIIIEN (Ordre). Voyez ORDRES D'ARCHITE£- TURE, CALLIMAQUE, ACANTHE, CHAPITEAU , COLONNE , etc.
CORIOLAN, surnom sous lequel est connu dans l’histoire le fameux transfuge patricien Caius (et suivant quelques uns CNæus) Marcus, issu de l’illustre maison Marcia, qui avait la prétention de tirer son origine du roi Ancus Marcius. 11 se fit d’abord connaître dans la guerre contre les Volsques; il servait en qualité de tribun de légion sous le consul Posthumius Cominius. Le surnom de Coriolan lui fut alors donné, parce qu’il signala sa valeur devant la ville de Corioli, dont les Romains lui durent la conquête (l'an de R. 262, av. J.-C. 492). La retraite du peuple sur ke mont Sacré, qui avait eu lieu deux ans auparavant, précisément au moment des semailles, avait occasionné la disette.
vs
Gélon, roi de Syracuse, fit passer aux Romains un convoi evnsidérable de blé, dont la moitié était offerte en pur don. Les plus sages et les plus humains d’entre les sénateurs voulaient qu’on distribuât gratuitement au peuple le blé reçu gratuitement, el qu’on vendit à vil prix celui que Gélon avait vendu. Coriolan se montra l’un des plus véhéments parmi ceux qui opinèrent pour qu’on tint tout ce grain à haut prix, prétendant que jamais les patriciens ne retrouveraient une si belle occasion de revenir sur les concessions faites au mont Sacré : il fallait dompter le peuple par le besoin. Les tribuns du peuple, qui venaient tout récemment d’être admis aux délibérations du sénat, dénoncèrent au peuple les propos atroces du jeune patricien. L’indignation des plé- ‘éiens fut à son comble : ils demandèrent vengeance, et les patriciens furent réduits à souffrir que l'ennemi du peuple fût appelé en jugement. Il ne se présenta pas, et fut condamné en son absence par les comices des tribus, qui pour la première fois exercèrent contre un membre du sénat la juridiction qu'ils venaient d'acquérir (an de Rome 264 ). Coriolan quitta Rome en proférant des imprécations contre elle, et se retira chez les Volsques, alors les plus ardents ennemis de sa patrie. Ce fut à Antium, dans la maison d’Attius Tullus , leur roi ou général, qu’il trouva l’hospitalité. Il offrit aux Volsques le secours de son expérience et de sa valeur, fut appelé par eux à prendre le commandement de leur armée, à la tête de laquelle il s’empara d’un grand nombre de colonies et de villes du Latium, forçant les populations à renoncer à l’alliance de Rome et à faire cause commune avec lui. Bientôt il vint établir ses tentes à cinq milles de Rome, où ses troupes dévastèrent la campagne romaine (an de R. 265-266), mais en épargnant avec soin les propriétés des patriciens : et le peuple ne manqua point d’accuser ceux-ci d’être d'accord avec le transfuge. Rome, que cette attaque avait prise au dépourvu, se voit menacée par Marcius de subir le sort de Corioli. Les Romains, dans cette extrémité, implorent la paix : on envoie en députation au rebelle cinq personnages consulaires chargés de lui faire savoir que le sénat et le peuple venaient de le rétablir dans la puissance de ses droits de citoyen. Mais Coriolan exige en outre la restitution de toutes les terres enlevées jusque alors aux Volsques, et, comme Niebuhr l’établit avec quelque vraisemblance, le rappel de tous les exilés, dont il était le chef, accordant d’ailleurs à ses anciens concitoyens un délai de trente-trois jours pour accepter ou rejeter ses conditions. Au trente-unième jour, les Volsques virent arriver à leur amp les sénateurs les plus illustres et les plus vénérables, ..i venaient une seconde fois implorer la mansuétude du veinqueur; mais ils n’obtinrent même pas d’être admis en sa présence. Le lendemain, ce furent les pontifes, les augures, les sacrificateurs, revêtus des ornements sacerdotaux ; mais cette troisième députation est aussi durement accueillie que les sénateurs. Rome semble n’avoir plus de soldats ; toute sa population est sous la pression de l’épouvante. Enfin, le trente-troisième jour, où expire le délai fatal, la mère et l'épouse de Coriolan , Véturie et Volumnie, celle-ci tenant dans ses bras ses deux enfants en bas âge, se présentent accompagnées des dames romaines les plus illustres. L’inflexible transfuge est vaincu par les larmes de sa mère. 51 lève son camp, et retourne chez les Volsques, qui, dit-on, indignés de sa faiblesse, lui donnèrent la mort; mais suivant Fabius Pictor il finit ses jours à Antium, dans un âge trèsavancé, et répétant souvent qu'il est dur à un vieillard de vivre en exil.
Les dames romaines, en l'honneur desquelles la tradition veut qu'un temple ait été spécialement érigé à la Fortune des femmes (Fortuna muliebris ), portèrent, dit-on, son deuil pendant toute une année,
Ce qui donne au récit qu'on vient de lire, et dont nous empruntons les détail: à Tite-Live, à Denys d’Halicarnasse el à Plularque, un caractère frappant d’invraisemblance,