‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 385 sur 607 · CORIOLAN — CORK · texte numérisé non relu

CORIOLAN — CORK

c'est de voir les Roinains, toujours si fermes dans les dangers de la patrie, se montrer si honteusement pusillanimes lors de l'agression des Volsques commandés par Coriolan En perdant un seul de leurs concitoyens, avaient-ils donc perdu leur valeur? Ils se trouvent sans armée par la défection d’un seul homme; et quoique cet homme n’eût jamaïs été revêtu du commandement en chef, ils n’ont plus de généraux. Cela est difficile à expliquer. Que dire encore des harangues que rapporte Denys d'Halicarnasse , qui les donne comme ayant été tenues au sénat et dans les comices par Coriolan, les sénateurs et les tribuns? La harangue qu’il met dans la bouche de Coriolan est évidemment l’œuvre d’un rhéteur.

Tite-Live, plus judicieux que Denys, est beaucoup plus succinct. Du temps de Coriolan les Romains n'avaient que des fastes très-arides. Mais quand l'écriture fut devenue plus fanilière aux Romains, toutes les familles décorées de quelqueillustration se piquèrent d'avoir les mémoires de leurs ancêtres. On eut alors beau jeu pour fabriquer des exploits, des bons mots et des harangues. C’est dans de telles sources, c’est dans les mémoires apocryphes de la maison Marcia, qu'ont dû puiser les auteurs qui ont écrit l’histoire de Coriolan. Niebuhr ne voit dans toute cette histoire qu’un résumé de la tradition relative aux guerres que Rome eut, de l’an 493 à l'an 459, à soutenir contre les Volsques, lesquels obtinrent effectivement la restitution des terres qu’on leur avait enlevées et devinrent alors les alliés des Romains.

Coriolan a été le héros de huit tragédies dans notre langue; elles sont toutes complétement oubliées et méritent de l'être, depuis celle de Har di, qui fut jouée en 1614, jusqu'à celle de La Harpe représentée en 1784. C’est une maladroite imitation du Coriolan de Shakspeare, qui, s’affranchissant de la règle des trois unités, a renfermé dans sa tragédie toute l’histoire de Coriolan; mais La Harpe, en se croyant obligé d’accumuler dans l’espace de vingt-quatre heures une foule d'événements, qui perdent ainsi tout intérêt et toute vraisemblance, a fait une pièce qui n'appartient à aucune école, et que sa versification déclamatoire:classe dans le genre ennuyeux. La Harpe aurait dû faire son profit de cette réponse qu’adressa Crébillon à nn jeune Lomme qui, en sortant du collége, lui présentait un Coriolan : « Croyezvous que si ce sujet eût été propre au théâtre, nous vous l'eussions laissé! » Charles Du Rozom.

CORISANDE ( La belle). Voyez GRamonr.

CORK , la seconde ville de l'Irlande, à l'embouchure du Lee, qui y est navigable pour des bâtiments de 150 à 200 tonneaux, chef-lieu d’un comté du même nom, dans la province de Munster, le pays le plus fertile en blé de toute l'île, est bien bâtie, quoique sans luxe. Outre l’église cathédrale protestante de Saint-Finbars, elle possède encore sept églises anglicanes, quatre églises catholiques, trois églises méthodistes, une chapelle de quakers, une d’anabaptistes et une de presbytériens. Elle est le siége d’un évêché, et compte 78,382 habitants, dont latrès-grande majorité professent la religion cathoïique. On ytrouve quatrecouvents d'hommes, deux couvents de femmes, deux hôpitaux, un refuge pour les fiévreux, un hospice d’orphelins, une maison d’aliénés et une maison d’enfants trouvés, ainsi que divers autres établissements de charité. Parmi le grand nombre de ses autres édifices publics, on distingue la banque, l'évêché, le collège de la Reine, l'hôtel de ville et la halle au blé. Une association scientifique pour l’encouragement de l’industrie et des arts, notamment de l'agriculture , y a été fondée en 1807, sous la dénominalion de Cork Pnstitution, et est subventionnée par le parlement.

On fabrique à Cork de la quincaillerie, de la toile à voiles, du papier, du cuir, de la colle, et il y existe d'importantes brasseries. Le commerce d'exportation s'y fait dans de larges prop rtions, et a pour principaux objets la viande salée de bœuf et de pore, le beurre, le suif, le savon, les peaux

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