‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 387 sur 607 · CORMENIN — CORNALINE · texte numérisé non relu

CORMENIN — CORNALINE

ses écrits littéraires souts le titre de Reliquiæ (Paris, 1868, 2 vol.). j

CORMIER, nom vulgaire du sorbus domestica (voyez SORBIER ).

CORMONTAIGNE (Louis pe), l’un de nos plus célèbres ingénieurs, naquit, vers 1695 ou 1696, à Strasbourg, et mourut le 20 octobre 1752. Entré de bonne heure dans le corps du génie, il devint maréchal-de-camp, après avoir successivement passé par tous les grades intermédiaires et avoir assisté à la plupart des siéges importants qui eurent lieu depuis 1712, c’est-à-dire depuis ceux de Landau et de Fribourg, jusqu’en 1745. En 1734 il avait été chargé, comme ingénieur en chef, de la direction des siéges de Philippsbourg et de Forbach. Les grands ouvrages ajoutés par Louis XV aux places de Metz et de Thionville furent construits sous ses ordres, et on lui est redevable, dans la construction des fortifications, de bon nombre de perfectionnements fmportants. C'est ainsi qu'il réussit à soustraire les escarpes en maçonnerié à la vue de l'ennemi éloigné et à le forcer ainsi à s’en approcher pour les battre en brèche. Il augmenta aussi la saillie des demi-lunes , et donna plus d'importance aux réduits des demi-lunes et des places d'armes rentrantes. Il avait composé un assez grand nombre d’ouvrages, dont on avait fait de nombreux extraits, avant que M. Bayard, officier du génie, en donnât, en 1806, une édition complète en trois volumes, qui forment un manuel complet de l'officier du génie. Le premier est le Mémorial pour l'Attaque des Places; le second, le Mémorial pour la Défense des Places ; le troisième, le Mémorial pour la Fortification permanente et passagère.

CORMORAN, genre d'oiseaux de la famille des totipalmes , de l’ordre des palmipèdes, Cormoran est un nom breton, qui signifie corbeau marin. Ces oiseaux ont été ainsi nommés à cause de la couleur plus ou moins noire qui domine en général dans le système de coloration du plumage de la plupart des espèces de ce genre. C’est Pline, et non Aristote, qui avait désigné sous le nom grec phalacrocorax, c’est-à-dire corbeau chauve, une espèce d'Europe. Les autres dénominations employées par les ornithologistes pour ce même genre sont : {° Aydrocorax, ou corbeau d'eau (Vieillot) ; 2° carbo (Albert) : peut-être, dit G. Cuvier, d’après sonnomallemand, sckarb ; 3° halieus (Iliger), mot grec, qui signifie pécheur. Toutes les espèces de cormorans étant encore très-mal déterminées , leur nomenclature n'offre point l’ordre de leurs affinités réciproques. Les caractères génériques sont : Bec assez long, droit, comprimé, arrondi en dessus, mandibule supérieure sillonnée, trèscourbée à la pointe, l’inférieure plus courte, obtuse et peu courbée; narines linéaires, situées à la base du bec, qui est engagé dans une petite membrane : celle-ci s'étend sur la gorge, qui est nue, ainsi que la face; pieds robustes, courts, retirés dans l'abdomen, quatre doigts réunis par une seule membrane ; l’ongle du doigt intermédiaire dentelé en scie, celui de derrière s’articulant en dedans, l’extérieur le plus long ; ailes médiocres, queue ronde.

Les mœurs des cormorans les rendent à la fois utiles et nuisibles à l’homme. Ce sont de grands consommateurs de poissons , surtout de ceux de rivière et des étangs, dont ils sont le fléau, ce qui ne leur permet pas de séjourner longtemps dans un même lieu. La plupart de ces oiseaux, bons voiliers et grands nageurs, poursuivent les poissons avec une rapidité extraordinaire. Ils recherchent plus particulièrement Panguille, dont ils paraissent très-friands, puisqu'on la trouve souvent dans leur estomac. Pour s'emparer de sa proie, le cormoran fond sur elle, plonge, la saisit avec ses deux rames, la transportejusque auprès de la surface de l’eau. Arrivé là, par une manœuvre adroite, il lance en l'air le poisson, qui tombe la tête la première, et les nageoires couchées e2 arrière, dans le gosier, très-dilatable, del’oiseau. L'habileté des cormorans à la pêche a été mise autrefois à contribution DE LA CONVERS. — T, YI.

bic,

par l’homme. On dit même qu’en Chine le cormoran domestique rend encore au pêcheur les mêmes services que le faucon au chasseur. Pour l'utiliser, on lui met au cou un anneau assez juste, qui l'empêche d’avaler sa capture, Placé sur l'avant de la nacelle que dirige son maitre, cet oiseau s'élance sur la proie qu’il aperçoit, et la rapporte avec fidélité.

Les cormorans vont par petites troupes, excepté dans la saison des amours, pendant laquelle ils sont constamment appariés. Iis ont la faculté de percher, et c'est dans cette position qu'ils se livrent au sommeil sur les plages désertes. Leurs nids sont composés d’herbes fines, entourées d’un tissu grossier de joncs. Ils les établissent plus fréquemment sur des arbres que dans les anfractuosités des rochers, et font ordinairement trois ou quatre œufs, parfaitement ovales. La chair fétide et noire des cormorans est un aliment de si mauvaise qualité, qu’on n’en à fait usage que dans les cas extrêmes. L. LAURENT,

CORNAC. C’est l'homme qui est chargé de nourrir, soigner et conduire un éléphant. Depuis quelques années, on à appliqué ce nom aux gens qui font le métier de prôner un écrivain, un artiste, soit dans la société, soit dans les journaux. C’est surtout pour ces nouveaux venus que l’emploi allégorique de ce terme est peu flatteur. IL faut être juste cependant, et convenir que cet autre cornac ne se voue pas toujours au service d’une grosse béle. Il est plus d’un homme de talent que l’on pourrait citer, et qui a dû beaucoup au zèle et à l'adresse de son cornac. C’est en pareil cas pour ce dernier, une sorte de profession littéraire; il se crée une petite renommée, qui voyage sur les épaules de la grande, comme le cornac sur le dos de l'éléphant. Celui-ci montre, dit-on, beaucoup de reconnaissance pour son conducteur. Aimons à croire, pour l’honneur de l'espèce humaine, que les cornacs de nos littérateurs et de nos artistes obtiennent le même prix de leurs soins. Oury.

CORNAGE. Sous ce nom, on désigne, dans l’art vétérinaire, le bruit de la respiration de certains chevaux lorsqu'ils courent en trottant, parce qu’il imite le son que rend une corne dans laquelle on souffle. On appelle cheval corneur celui qui est atteint de cette maladie, laquelle est trèsdifficile à guérir si elle n’est incurable.

CORNALINE, pierre siliceuse contenant un peu d’alumine et d’eau, colorée par l’oxyde de fer en rouge plus ou moins intense, passant quelquefois au rose et à Ja couleur de chair; d’une transparence cornée, ce qui lui a fait donner le nom qu’elle porte. Sa dureté varie beaucoup, car il y en à de trop tendres pour être susceptibles d’un beau poli, et qui ne font pas feu avec le briquet, comme presque toutes les pierres siliceuses. Celles de ces pierres que l’on estime le plus, en raison de leur dureté, de leur transparence et de leur couleur, sont appelées orientales par les bijoutiers; celles dont on fait moins de cas sont les occidentales. Les minéralogistes n’admettent point cette distinction, parce qu'ils trouvent en Europe des cornalines dites orientales dans les gisements d’agate, et en Asie, dans des gisements analogues, des cornalines occidentales.

Suivant l'emploi de ces pierres dans la bijouterie, on préfère tantôt celles qui sont d’une couleur et d'une transpärence uniformes, et d’autres fois celles où l’on trouve des arborisations, comme dans les agates. Les graveurs recherchent les premières, et les autres ornent des bagues et différentes sortes de bijoux.

Les cornalines sont infusibles, comme la plupart des pierres siliceuses. Une très-haute température leur fait perdre leur transparence, et les noircit lorsque leur surface a été exposée quelque temps à une flamme fuligineuse ou à un courant d'hydrogène carboné. Leur origine est la même que celle des agates, des calcédoines, sardoines et autres pierres siliceuses à cassure conchoïde. Les neptunistes et les vulcanistes se la disputent encore, et chacun cite quelque

faits particuliers en faveur de son opinion; mais si on fait attention à l’analogie de composition chimique entre les silex (pierres à fusil) et les autres pierres dont on vient de parler, on recomnaitra sans peine qu’elles eurent toutes le méme inode de formation, quoiqu’elles puissent appartenir à des époques fort éloignées les unes des autres. Il est donc au meins très-probable que les cornalines, ainsi que leurs congénères siliceux , ont été formées par les eaux, sans que les feux souterrains y soient intervenus d’aucune manière. FERRY.

Notre collaborateur M. Gaultier de Claubry attribue le principe colorant de la cornaline à une matière de nature organique, fait qui offrirait un certain intérêt pour la géologie, en prouvant l'existence de produits organiques dans des terrains trappéens.

Une sorte de calcédoine blanchâtre a reçu dans le commerce le nom de cornaline blanche.

CORNARD, terme bas et trivial, qu’on applique quelquefois au mari dont l'épouse est infidèle, et qui répond au grec xeparopopéc. On a cru longtemps qu’il venait de l’habitude où étaient les fous de cour, les bouffons de rois, de porter des cornes comme marque distinctive de leurs grotesques fonctions, De là l’épithète échue en partage aux époux prédestinés, comme emblème de sottise, d’ineptie, d’innocence ou de stupidité. Mais est né en 1620 le savant médecin Pierre Borel, de l’Académie des Sciences, qui, dans un ouvrage latin fort curieux, a invinciblement prouvé que ce nom dérivait tout bonnement des cornettes des femmes, attendu qu’on a dit d’un mari esclave de sa moitié : il porte Za cornette, comme on dit encore d’une femme qui mène son mari parle bout du nez : elle porte Les culoltes.

Les cornards ou conards, ancienne confrérie de Rouen et d'Évreux, dont l’origine remonte au delà du quinzième siècle, et qui subsista pendant de longues années, n'étaient pas précisément une réunion de maris prédestinés. Les cornards normands étaient de-joyeux compères, associés dans le même but et à peu près avec les mêmes statuts que la confrérie des fous et de la mère folle de Dijon. Ils voulaient poursuivre les vices et les ridicules avec les armes de la plaisanterie; et bientôt leur licence n'eut plus de bornes. Les désordres des prêtres et des moines servaient surtout de point de mire à leurs attaques. Les dignités, les céréinonies des cornards étaient une parodie continuelle des dignités et des cérémonies de l’Église. Si les fous de Dijon avaient un pape, les cornards de Rouen et d'Évreux avaient un abbé mitré et crossé. Tous les ans, le jour de saint Barnabé, cet abbé, monté à Évreux sur un âne, et à Rouen sur un char, se montrait processionnellement sur la voie publique, escorté de son burlesque clergé, qui n’épargnaït pas aux passants les lazzis , les quolibets et les injures.

L'abbé des cornards était électif. C'était un titre fort recherché, que certaines familles notables se disputaient ; car le titulaire jouissait de beaux priviléges, reconnus par arrêt authentique du parlement. A Rouen, les cornards, quiavaient succédé aux cogueluchiers, mointinrent longtemps leur société; mais le scandale devint tel que l'Église en obtint endin du roi l'abolition. A Évreux ils furent remplacés, dès le quinzième siècle, par la confrérie de saint Barnabé, qu’institua Paul de Capranie, évêque de cette ville « pour réparer les crimes, malfaçons, excès et plusieurs autres cas inhumains, commis par cette confrérie de cornards, au déshonneur et irrévérence de Dieu, notre créateur, de saint Barnabé et de la sainte Église ». Si l’on veut de plus amples détails sur celte étrange confrérie, on peut consulter un petit in-12 imprimé à Rouen, en 1587, sous ce litre : « Le Triomphe de l'Abbaye des Cornards, sous le rêveur en décimes Fagot, abbé des cornards, contenant les criées et proclamations faites depuis son avénement jusqu’à présent ; vlus, l’ingénieuse lessive qu'ils ont conardement montrée

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