CORNALINE — CORNARO
aux jours gras en l’an 1540; plus, le testament d'Omnet, de nouveau augmenté par le commandement dudit abbé, non encore vu; plus, la litanie, l’antienne et l’oraison faite en ladite maison abbatiale, en l’an 1580, »
L'abbé Lebœuf pense que le mot cornards a pu fort bien venir des joueurs de cornet ou de cornemuse, et que l'abbé des cornards n'aurait été dès lors qu’un chef de ménétriers. C'est possible, mais ce n’est pas vraisemblable.
CORNARO, lune des familles patriciennes de Venise les plus distinguées au temps de la république.
CORNARO ( Marco }), célèbre par son éloquence, fut élu doge en 1368, et acheva de soumettre Candie. Sa petite-fille, Catherine Cornaro, née en 1454, épousa en 1468 Jacques de Lusignan, roi de Chypre. Après cinq ans de mariage, elle perdit son époux; et le sénat de Venise, qui par politique l'avait adoptée comme fille de la république (iglia di san Marco), lui contesta pendant quatorze ans la souveraineté de ses États, la retenant même, pour ainsi dire, prisonnière dans son propre palais; de surte que, fatiguée à la longue de cette tutèle , elle renonça au trône en faveur de la république, pour se retirer dans la villa d’Asola, près Trévise. Un descendant de son majordome, Cobertaldi, a écrit son histoire, dont le 14° volume de la Nueva Raccolta di Opuscoli Scientifici e Filologici (Venise, 1766) ne contient qu’un extrait.
[CORNARO ( Lunovico ), naquit à Venise, en lännée 1462. Héritier d’une grande fortune, mais d’une complexion faible et passionnée, ses richesses l’autorisèrent à user sa vie dans mille excès : anssi avant quarante ans avait-il compromis sa fortune et sa santé. C’est alors qu’après avoir inutilement invoqué le secours de fous les arcanes d’une médecine empirique , il devint sage, et si sage même que la régularité de sa vie a seule suffi pour donner à son nom une durable célébrité. Jusque là Cornaro ressemblait à nos petits-mattres : déjeûner tardif au café de sa ville, après un sommeil tourmenté, courses évaporées en char, promenades en gondole, diners truffés sans appétit, soirées d’Opéra et de divan, nuits accablantes, jeu sans frein, richesses dissipées et fol amour, tel était alors le noble Vénitien. Mais déjà caduc à l’âge de l’ordinaire maturité, voici, pour prolonger sa vie, quel régime austère il s’imposa. II réduisit sa pitance journalière à douze onces d’aliments solides (pain, viande, fruits, légumes ) et à quatorze onces de vin (environ un tiers de bouteille). Il rechercha attentivement ce qui convenait à son tempérament, ce qui lui donnait du calme, ce qui l’excitait, ce qui le faisait dormir, ce dont il éprouvait quelque bien-être, etc. Curuaro alla plus loin : il construisit une sorte de balance, où lui-même allait de temps en temps constater combien tel aliment lui faisait gagner, ou combien tel exercice et telle transpiration lui avaient fait perdre. Cet essai de réforme, ce mélange de sagesse et de bizarrerie , lui réussit au delà de tout espoir, Non-seulement il devint plus fort, plus alerte, moins maigre et d’une santé plus solide, maïs son humeur aussi changea visiblement : son irascibililté se métamorphosa en patience, et en bienveillance sa morosité. Enfin, cent ans allaient amener sa relraite d’un monde auquel ses exemples prèchaïent en vain la tempérance , qu'aucune infirmité ne lui présageait la mort ni le détachait de la vie. Ce fut à Padoue qu'il cessa d'exister, en 1566; il s’y éteignit sans douleur, à l’âge de cent quatre ans.
Cornaro, à l’âge de quatre-vingt trois ans, avait commencé d'écrire une sorte de journal d'hygiène et comme un code de salubrité, ouvrage qu’il ne termina qu'à quatrevingl-quinze ans. Cet opuscule, intitulé : Trattato della Vita Sobria ( Padoue, 1558 ; édition plus complète, Venise, 1599), souvent réimprimé, annoté, abrégé, rimé, commenté, a été traduit en toutes sortes de langues, depuis le latin jusqu’à l'allemand. Les traducteurs ent souvent joint . aux trois Principaux livres dont il se compose l'Hygias-