CORNE — CORNE D'ABONDANCE
cessifs, qui ont amené ces feuilles au degré de ténuiïté qu’on désire, il ne reste plus qu’à en polir les surfaces restées rugueuses, qu’on peut d’ailleurs préalablement beaucoup adoucir en les comprimant de nouveau entre des plaques de laïton bien polies.
La corne est susceptible de se fondre à une chaleur humide, douce et longtemps continuée. Par ce moyen, on peut la mouler de toutes façons pour une infinité de petits meubles. On emploie ordinairement à la confection des tabatières, des branches de lunettes, des boutons, etc., de la râpure de corne ainsi ramollie. La corne se teint profondément et avec beaucoup de facilité et même de rapidité. Le chlorure d’or, dont on imprègne légèrement la surface de la corne, lui communique une belle couleur rouge, et le nitrate d'argent un brun très-foncé, presque noir, d’une teinte chaude. PELOUZE père.
CORNÉ, ce qui est de la nature de la co rne, ce qui en a l’apparence. Le tissu qui forme les ongles est un tissu corné. On appelle substance cornée la matière animale qui, sous des formes très-variées, prend les noms d’épiderme, d'épithélium, de drap marin, d'épiphlose, de poils, de soies, de cheveux, de piquants, de plumes, de laine, de crochets, de chdtaignes, d'écaille, de becs, de fanons, d'ongles, de griffes, de sabots, d’opercules, de cornes pleines, de cornes creuses. Cette substance est un mucus albumineux, secrété par des organes du derme ou par ie derme lui même. Ce sont les formes diverses de ces organes et du dyrme qui président à la formation d’un si grand nombre dé produits, dont la matière principale, identique dans tous, se trouve plus ou moins condensée, combinée avec des proportions variables de matières colorantes, et paraît avoir subi une modification particulière dans l’intérieur de l’axe ou tige des plumes et des piquants.
En pathologie, les calus ou callosités ou durillons, les cors, les cornes même naissant de la peau, sont des productions cornées morbides, auxquelles il faut joindre celles qu'on observe dans l’ichthyose cornée, maladie qui a fait donner aux individus qui en sont affectés le nom d'hommes porcsépics.
En termes de pêche, les harengs cornés sont ceux prêts à frayer, dont la chair est molle, la laite petite, et qui deviennent coriaces dans le sel.
Lune cornée ou argent corné est le nom que les anciens chimistes donnaient au sel qui porte dans la nouvelle nomenclature celui de muriate d'argent. L. LAURENT.
CORNE D’ABONDANCE. Les poètes désignent sous ce nom (de Cornucopiæ )une corne d'où sortaient toutes choses en abondance, par un privilége que Jupiter avait donné à sa nourrice, qu’on a feintavoir été la chèvre Amalthée. D’autres disent que c'était une des cornes d’Achéloüs, transformé en taureau, laquelle, lui ayant été arrachée par Hercule dans la lutte où ce dernier demeura vainqueur, fut remplie par les nymphes de fleurs et de fruits, et consacrée à la déesse Abondance. Cette fable fait allusion à une partie du territoire de Libye, fait en forme de corne de bœuf, très-fertile en vins et en fruits exquis, qui fut donnée par le roi Ammon à sa fille Amalthée. Ajoutons que, sur un grand nombre de médailles, les cornes d'abondancesont attribuées à toutes les divinités, aux génies et aux héros, pour marquer les richesses, la félicité et l'abondance de tous les biens, procurée par la bonté des uns ou par les soins et la valeur des autres. On en met quelquefois deux pour marquer une abondance extraordinaire. L'architecture moderne s’est emparée de cet emblème, et le reproduit partout sous la forme d’une corne d'où sortent des fruits, des fleurs et toutes sortes de productions de la nature; mais elle n’a fait en ceci que suivre l'exemple de l'architecture ancienne, car on trouve des chapiteaux ioniques antiques dont les volutes sont sculptées en forme de corne d'abondance. Edme HÉREAuw,