CORNELIUS — CORNET A BOUQUIN
mais qui ne lui permet pas de sortir tandis que le joueur de cornemuse reprend haleine. Le vent n’a d’issue que par les chalumeaux. Ils ont chacun leur anche à leur partie inférieure; ces anches sont prises dans des boîtes sur lesquelles la peau est bien appliquée. Quand on joue de la cornemuse, le grand bourdon passe sur l'épaule gauche; la peau enflée par le porte-vent est pressée sous le bras gauche; les doigts sont sur les chalumeaux que le vent fait résonner. Le grand bourdon rend l’octave au-dessous du petit, et le petit l’octave au-dessous du chalumeau, quand tous les trous sont bouchés, et la quinzième, quand ils sont ouverts. Ainsi la cornemuse a trois oclaves d’étendue. On peut lui en donner davantage en forçant le vent.
Depuis longtemps la cornemuse est tellement en faveur parmi les Écossais, qu’on peut la considérer comme leur instrument national. On ignore à quelle époque elle fut introduite parmi eux; mais on conjecture que ce furent les Danois ou les Norvégiens qui l’apportèrent aux îles Hébrides, où cet instrument est connu de temps immémorial. Quelle que soit l’antiquité qu’on donne à la cornemuse, elle n’en paraît pas moins provenir de l'antique musette gaélique, à laquelle elle ressemble de tous points, et de même la musette gaélique n’est que le sampunia des anciens Juifs. Cet instrument s’en va d’ailleurs disparaissant de plus en plus.
CORNER,. Ce verbe signifie, au propre, sonner d’un cornet ou d’une corne, et, par dérision, sonner mal du cor. On dit vulgairement : les oreilles me cornent, quand on a des bourdonnements. Au figuré, les oreilles lui cornent, signifie qu’une personne entend de travers ce qu’on lui dit. Corner une nouvelle, c’est la publier. Corner aux oreilles de quelqu'un, c’est lui suggérer quelque chose. Ces dernières acceptions sont du style familier.
CORNET. Ce nom sert à désigner un grand nombre d'objets, savoir : une sorte de petit cor ou de petite trompe; un morceau de papier roulé sous forme conique; un petit vase de corne ou autre substance dans lequel on agite les dés quand on joue; une espèce d’oublie en forme de cône creux ; la partie de l’écritoire où l’on met l’encre et le coton ; un instrument qui sert à ventouser ; l’un des principaux jeux de l’orgue ; toutes les coquilles du genrecône, et quelquelois celles du genre olive; en botanique , les appendices variés, creux et évasés de certaines fleurs irrégulières (asclépiades, ancolie, hellébore). En vostéologie, on donne aussi le nom de cornels à des lames osseuses trèsminces, roulées sur elles-mêmes, qui sont contenues dans les fosses nasales dont elles font partie. Ces cornets, sur lesquels s'étend la membrane pituitaire, servent à l'olfaction en favorisant le développement de la membrane qui est le principal siége de cette fonction ; aussi sont-ils plus développés chez les animaux dont l’odorat est plus parfait. On les distingue en cornet supérieur, cornet moyen et cornet inférieur. Une lame analogue du sphénoïde est aussi appelée cornet de Bertin. L. LAURENT.
CORNET (Musique), instrument à vent dont les anciens se servaient à la guerre. Les cornels faisaient marcher les enseignes sans les soldats, et les érompettes les soldats sans les enseignes. Les cornets et les cla irons sonnaïent la charge et la retraite, et les érompettes et les cornets animaient les troupes pendant le combat.
Jusque vers la fin du dix-huitième siècle, 0 se servit dans les orchestres d’un instrument nommé cornet, appartenant à la famille des clarinettes. Depuis ce nom a été donné, dans la musique militaire, à un petit cor ( voyez CLAIRON).
CORNET À BOUQUIN. C'était autrefois une espèce de grande flûte qui n’avait qu’une octave, et dont on se servait pour soutenir les chœurs ; il avait beaucoup de rapports avec l'instrument connu depuis sous le nom de serpent. Aujourd’hui, on appelle de ce nom une corne de bœuf qui sert aux pâtres pour rassembler leurs troupeaux, et