CORNET A BOUQUIN — CORNETTE
spécialement les chèvres et les boues, qui sont plus sujets à vagabonder. Cet instrument grossier apparaît aussi tous les ans, dans nos villes , à l’occasion des réjouissance du carnaval. Enfin, le cornet à bouquin joue un grand rôle dans tous les charivaris. Edme HÉREAu.
CORNET ACOUSTIQUE, instrument employé dans la faiblesse de l’audition : il est destiné à rassembler les rayons sonores et à augmenter l'intensité des sons, pour suppléer à la dureté de l’ouie. C’est en général une sorte de cône en or, en laiton, en argent, en fer blanc ou même en gomme élastique, dont la base est dirigée vers la personne qui parle et le sommet dans l'uorifice du conduit de l'oreille de celui qui écoute. On a donné à ces cornets acoustiques diverses forues : tantôt celle du pavillon d’une oreille humaine, tantôt celle d’une spire, celle d’un cor de chasse ayant un support, tantôt, enfin, celle d’une trompette ou d’une trompe, soit simple, soit à douille, soit aplatie.
CORNET À PISTONS, instrument de musique construit de la même manière que le cor à pistons. Mais, ainsi que l'indique son nom , il est réduit à des porportions moins étendues et monté sur un diapason plus élevé. Il est fort en vogue aujourd'hui pour les airs de contredanse, quoique le son en soit quelque peu sec et dur. Mis à la mode par un artiste qui en jouait d’une manière extraordinaire, aux concerts Musard, il occupe aussi une place éminente dans les musiques militaires. Il joue sans transposer dans les tons qui n'ont pas plus de deux accidents à la clef, et peut, comme le cor ordinaire, modifier son diapason par des tubes de rechange. E Ch. BecHem.
CORNET CHAMBRE , CORNET DE POSTILLON, CORNET DE SAINT-HUBERT, noms vulgaires d’un mollusque du genre spirule. ù
CORNETIER , artisan qui refend les cornes de bœufs tués, les redresse et les vend pour en faire des peignes et autres ouvrages (voyez Corne [ Technologie |).
CORNETO, petite ville de la province italienne de Civita-Vecchia, avec4,070 habitants, siége d’un évêché, est célèbre par les nombreuses antiquités que les fouilles pratiquées dans ses environs ont fait découvrir. C’est près de là qu’étaient autrefois situées les villes étrusques de Tarquinii, Corioli, Pulci et Graviscæ , dont le prince de Canino surtout est parvenu à remettre en lumière les nécropoles. Ce sont les fouilles ojérées dans la nécropole de Tarquiniü, tout près de Corneto, qui ont donné les plus importants résultats. On y trouva 593 hypogées. Parmi les objets ainsi remis en lumière, on remarque surtout un bouclier d’un mètre de diamètre, richement ciselé et représentant des figures d'hommes et d'animaux, une grande quantité de vases, de précieuses mosaiques et une foule de petites figures de dieux ressemblant beaucoup à celles d'Égypte. Sur plusieurs monuments existaient encore des peintures fort bien conservées. Les archéologues Fosseti et Manzi ont également réussi à découvrir les ruines de trois temples étrusques et des thermes de Tarquinii.
CORNETTE. Ce mot désignait autrefois toute sorte de vêtement de tête. On appelait cornette de moines leur capuchon; cornette d'avocat, de docteur, le chaperon que ceux-ci portèrent longtemps sur la tête. La partie de devant de ce chaperon, ou bourrelet, s’entortillait sur l’os coronal, et son nom lui venait de ce qu'après avoir fait quelques tours, ses deux extrémités se réunissaient sur le haut de la tête en guise de petites cornes. Les consuls et les échevins ont aussi porté la cornette comme marque de leur magistrature. Les docteurs en droit s’enroulaient autour du Cou une large bande d’étoffe de soie, pendant jusqu'à terre, qu’on appelait cornette. Enfin, c’était le nom du bonnet pointu qui décorait la tête du doge de Venise. Le P. Lobineau dit, dans son Histoire de Bretagne, qu'en 1495, les ecclésiastiques ayant commencé à porter des coiffures ou chapeaux sans corneftes , à limitation des séculiers, cette
licence fut regardée comme l'indice d’un grave désordre : ordre leur fut donc donné d’avoir des chapeaux de drap noir, avec des cornes honnêtes, et s’ils étaient trop pauvres pour faire la dépense de ces chaperons , d’avoir au moins des corneltes attachées à leur chapeau, « cela sous peine de suspension, d’excommunication et de cent sols d'amende ». Toutes ces distinctions ayant disparu avec le temps, il ne resta plus d'autre coiffure de ce nom que les cornettes de femme, sorte de coiffe de nuit, qu’elles ne gardaient d’ordinaire que dans le déshabillé du matin, mais qui ne laissait pas que d’être souvent pour elles un objet de luxe et de coquetterie, puisqu'on en voyait recevoir leurs visites en cornettes de point ou de dentelle magnifiques. Quelques-unes aussi mettaient sur leur visage des cornelles de toile d’ortie, pour se conserver le teint. Les cornes ou cornetles étaient en usage dès avant Charles V; et Juvénal des Ursins, à propos des dissolutions qui souillèrent l’hôtel de la reine Isabeau de Bavière, dit, dans son Histoire de Charles VI, sous la rubrique de l'an 1417, que, « malgré les guerres et les tempêtes politiques, Les dames et demoiselles menaient un excessif estat ; que leur coiffure se composait de cornes merveilleuses, hautes et larges; qu'elles avaient de chaque côté, au lieu de bourrelets, deux grandes oreilles, si larges, que quand elles voulaient passer par la porte d’une chambre, elles étaient obligées de se baisser et de se tour-, ner de côté. »
De l’usage de ces cornettes, ou cornes, est venue l’ancienne manière de s'exprimer par laquelle on dit d’un honime, qu’il porte cornette quand il se laisse maîtriser par sa femme, ou que, par goût, par un travers d'esprit assez commun encore de nos jours , il se mêle des menus détails du ménage. On s’en sert aussi pour désigner un mari dont la femme est infidèle. De là sont nées une foule d’épithètes, plus ou moins injurieuses, plus ou moins offensantes (voyez Coran ). Edme HÉREAU.
CORNETTE (Marine). Ce nom désignait autrefois le pavillon pointu que lechefd’escadre portait au mât d’artinon quand il commandait. Elle était blanche, et devait avoir quatre fois plus de battant que de guidant, être fendue par le milieu des deux tiers de sa hauteur, dont les extrémités se terminaient en pointes. Elle ne pouvait être portée par le chef d’escadre que s’il était accompagné de cinq vaisseaux, à moins d’une autorisation particulière du roi. Lorsque plusieurs chefs d’escadre se trouvaient réunis dans une même division, le plus ancien seul arborait la cornette, les autres n'avaient qu'une flamme. Plus tard le chef d’escadre prit le pavillon carré, at la cornette descendit au chef de division, qui la porta au grand mât; mais, le mot cornelte emportant l’idée de deux cornes , on donna ce nom à ce qu’on nommait autrefois guidon de commandement, et l'ancienne cornette, à son tour, devint guidon. Enfin, ce même guidon ne se distinguant pas bien de la cornette, on le supprima, et la cornette seule resta maî tresse du terrain. C’est aujourd'hui une sorte de pavillon en étamine, aux couleurs nationales, dont la forme est un carré long; la partie rouge est fendue, et représente deux langués, deux cornes pointues ; la partie bleue est attachée à un bâton, sur le milieu duquel on fixe la corde fine qui sert à l’arborer: La cornette est le signe distinctif du capitaine de frégate, du lieutenant de vaisseau et du lieutenant de frégate commandant une réunion de trois bâtiments de guerre au moins.
CORNETTE ( 4r{ militaire). Rien de moins expliqué et de plus confus que le mot cornelte ; il en est de ce terme comme de tous ceux que les militaires ont employés et ont laissé tomber en désuétude. On désignait autrefois sous ce nom en France l’étendard de tout corps de cavalerie et surtout de cavalerie légère (régiment, escadron et même compagnie). Il consistait en une pièce de taffetas carrée, d’environ un demi-mètre de côté, brodée, garnie de franges
d’or, parsemée de fleurs de lis, au chiffre du roi ou du mestre de camp, et de couleur fort variable. C’était aussi le nom de l'officier qui portait cet étendard. Son poste dans une action était en tête du corps, et dans la marche, entre le troisième et le quatrième rang. Il commandait la compagnie après le lieutenant. On disait enseigne des mousquetaires et guidon des gendarmes, au lieu de cornette. Louis XIV les supprima toutes en 1668, à l'exception de celle de la compagnie du colonel général de la cavalerie légère et de celle du mestre de camp général; mais elles furent rétablies en 1672. En 1737 il n’y eut plus que deux cornettes par régiment. Ce nom supprimé en 1790 fut rendu un insfant en 1815 aux étendards des régiments colonels généraux.
La cornette royale s’est aussi nommée cornette blanche de France; elle a succédé au penn on royal ; elle a amené l'usage du blanc, qu’à tort ou à raison on a prétendu être l’ancienne couleur nationale de la France. Charles VII confa, dit-on, comme enseigne royale, une cornette blanche à chacune des premières compagnies de sa gendarmerie, troupe qui composait à cette époque la grosse cavalerie de France. Mais ce sont des ouï-dire : les témoignages aufhentiques manquent. Si Charles VII fit porter devant lui la cornette blanche, comme plusieurs écrivains l’affirment, il ne paratt pas qu'il la considerât comme couleur nationale quand il fit son entrée à Rouen, en 1449, puisqu’un écuyer portait derrière ses pages un étendard bleu , et qu’un autre écuyer portait, dit l’histoire « l’es{endard du roy, qui estoit de satin cramoisy , semé de soleils d’or ». Sa couleur, son étoffe, ses broderies, se répétaient dans les cornettes des casques de ses archers, Laïissons aux antiquaires à décider si l'enseigne bleue, l'enseigne rouge, l’enseigne blanche, ont été simultanément de mode sous ce règne, comme l’enscigne tricolore a été de mode sous Henri IV et sous Louis XIV. D’autres disent que la cornette royale ou cornette blanche de France ne date que de Charles VII : suivant les uns elle était carrée, suivant les autres elle se terminait en pointe. Les uns prétendent qu’elle était semée de fleurs de lis, d’autres le nient, La cornette royale ne se déployait à l’armée que quand le roi y était; elle rassemblait sa domesticité et les seigneurs non revêtus de charges actives. En temps de guerre le porte-cornette, qui était d’ordinaire un général appartenant à quelque ancienne famille, conservait et emportait la cornette chez lui quand le roi quittait l'armée ; maïs en temps de paix la cornette était déposée dans les coffres de la garde-robe, et en campagne elle était derrière le chevet du roi ou du porte-cornette, Un jour d’action elle annonçait par certains signes si le monarque était en danger; elle indiquait s’il fallait avancer ou reculer. En 1587, à Coutras, Henri IV et Joyeuse avaient, chacun de son côté, leur cornette blanche. L'usage de la cornette ruyale se perd sous Louis XIII. G*! Banni.
CORNEUR ( Cheval ). Voyez CoRNAGE.
CORNIANI (Giovax Barrisra, comte), littérateur italien, né à Orzi-Nuovi, dans le Brescian, étudia le droit à Milan à partir de 1759, ainsi que les mathématiques et la littérature classique, et fut reçu membre de l’Académie des Trasformati, qui était alors dans tout son éclat. A l’âge de vingt ans environ il revint à Brescia, où il s’ocenpa de littérature ot de poésie. C’est à cette époque qu’il composa ses deux Libretti d'opéra, L’Inganno felice et IL Matrimonio secreto, dont les partitions furent d'abord faites par Papa pour un théâtre de société de Brescia; de même que ses deux tragédies, Les Décemvirs (1774) et Darius à Babylone, Ces travaux poétiques lui firent faire la connaissance de Caterina Brocchi, devenue ensuite sa femme, 11 devint membre et plus tard président de la nouvelle Accademia di Agricoltura, écrivit divers mémoires sur des questions d'agriculture, et se chargea de divers procès pour des communes de sa province, Après l'invasion française, il remplit