CORN-LAWS — CORNOUAILLES
en 1773, au contraire, elle fut rendue complétement libre par la réduction considérable apportée alors dans le taux des tasifs. Mais dès 1791 il fut décidé que ce léger droit ('/, shilling par quarter de blé) ne serait perçu que lorsque les prix seraient montés à 54 shillings; à 50-54 shillings, il devait être de 2'/, shillings; à moins de 50 shillings, de 24 ‘/4 shillings. En 1804 on fixa même, au lieu du chiffre de 50 shillings, celui de 63, et au lieu de 54, le chiffre de 66. En 1815 il fut décidé que le blé étranger entrerait bien en franchise de droits, mais qu'il resterait déposé dans les magasins de la couronne pour n'être vendu qu’autant que le prix du blé s’élèverait à 80 shillings. En 1822 ce prix si élevé fut abaissé à 70 shillings; mais il fut décidé en même temps que le droit serait de 12 shillings quand les prix moyens varieraient entre 70 et 80 sh., de 5 sh. quand ils varieraient de 80 à 85, et de { sh. seulement au delà de 85. En 1898, enfin, on adopta uneéchelle encore plus compliquée, d’après laquelle au prix de 72 shillings le droit était de 2 shillings 8 pence; à 71 sh., de 6 shillings 8 pence; à 70 sh., de 10 sh.; à 66 shillings, de 20 shillings 8 pence.
En 1842 sir Robert Peel présenta un nouveau corn-bill, ayant pour point de départ un droit de { shilling au prix moyen de 73 shillings, et ce droit s’accroissait d'autant de shillings que le prix moyen baissait de shillings. Les prix de 68-66 et de 54-53 étaient les points d’arrêt où le droit restait à 6 et 18 ; 51 shillings étaient le minimum de l’échelle des prix, et le droit de 20 shillings qu’on appliquait alors équivalait à une prohibition absolue. Le prix était fixé par le cours moyen de 150 marchés. Dans ces indications de chiffres, nous n’avons cru devoir mentionner que ceux qui concernaient le froment, nourriture principale des populations, sans nous préoccuper autrement dequelques adoucissements au tarif résultant de certaines modifications adoptées en faveur de diverses colonies à l'effet d’y faciliter l'importation.
Les radicaux voulaient que l’infroduction du blé en Angleterre fût rendue complétement libre; et pour atteindre ce but ils organisèrent la célébre anti-corn-laws League, dont Rickard Cobden devint bientôt l’âme, et qui amena la chute de ce système en 1846. Les whigs ne demandaient que des droits plus modérés, prétendant que l’échelle mobile ouvrait un trop large champ à la spéculation; mouvement auquel les clauses de détail du bill de sir Robert Peel avaient pour but d’obvier. Quant aux ultra-tories, is trouvaientencore beaucoup trop bas les droits fixés par ce bill.
Il était naturel qu’on trouvât souverainement injuste, impolitique et oppressif pour les classes pauvres tout l’ensemble de ce système, dont le résultat était de faire renchérir la base essentielle de la nourriture des populations ; et évidemment l’état de choses qui avait amené un pareil système était vicieux. Toutefois, et sans vouloir faire chorus avec ceux qui n’avaient que des formules d’approbat:on et d’admiration pour ce système, une étude plus approfondie des circonstances déterminantes fait bientôt découvrir quelques motifs qui expliquent et l’introduction et le maintien de cette partie de la législation, en même temps qu’ils sont de nature à modifier la sévérité du jugement que sans cela on serait tenté d’émettre sur ses motifs ct ses conséquences. Nous allons les exposer ici brièvement.
L’Angleterre est un pays fertile ; son agriculture est arrivée à un haut degré de prospérité. La corvée sous laquelle gémit encore une bonne partie de l'Europe, n’est pas moins inconnue dans ce pays quece que nous appelons impôt foncier. Si par conséquent, une industrie agricole placée dans de telles con ditions a eu dans ces derniers temps beaucoup à souffrir de la concurrence étrangère, un résultat d’une telle nature tient à trois causes différentes : à la grande disproportion existant en Angleterre entre la population commerçante et manufacturière et la population agricole, bien autrement faible; au bas prix des arrivages par eau dans toutes les parties du royaume, bas prix qui amène de tous les points du
DICT. DE LA CONYERS. — T, VI
monde des grains sur les marchés anglais ; et surtout à l’extrème bon marché auquel l'argent est partout descendu en Angleterre. La première et la dernière de ces causes sont le produit de l'immense développement qu'y a pris l’industrie. Ainsi un inconvénient en a engendré un autre.
11 était impossible à l’agriculture anglaise de soutenir sans droits protecteurs la concurrence contre l'étranger. On le: lui accorda, et tout aussitôt on lui vit faire des efforts pro digieux et augmenter dans des proportions tout à fait extra ordinaires tant la culture du sol que ses produits, Mainte. nant, disait-on , supprimez les droits protecteurs, et vou verrez une grande partie des terres à blé redevenir des pàturages ou même des landes incultes ; très-certainement o# cultivera moins qu'aujourd'hui. Or, comme royaume insulaire, l'Angleterre a un double motif pour se rendre autant que possible indépendante de l'étranger en ce qui est de la production des blés. On faisait d’ailleurs valoir encore cette considération que l’échelle mobile maintenait une certaine constance dans les prix, et que les dépôts de grains dans les magasins de la couronne assuraient les approvisionnements au meilleur compte possible.
Inutile sans doute d’insister sur les motifs politiques tirés de l'importance qu’a la propriété foncière dans le mécanisme constitutionnel de l’Angleterre , et qu’on pouvait aussi faire valoir pour recommander le maintien du s{atu quo. En ce qui touche le reproche fait aux corn-laws d’être aussi oppressives que fatales à la prospérité du pays, les optimistes répondaient encore qu’il fallait que les choses n’allassent pas si mal qu’on voulait bien le dire, puisque le peuple anglais w’avait pas encore pu se déterminer à manger du pain de seigle, et que les cultivateurs manquaïent souvent d'ouvriers ; que d’ailleurs le propriétaire restituait une partie de son bénéfice sous forme de taxe des pauvres et de surélévation des salaires ; qu’un abaïssementi dans les droits d'entrée prélevés sur les grains amènerait probablement une baisse corrélative dans le prix du travail ; enfin, que la moyenne du droit frappé en Angleterre sur le froment étranger n’atteint pas à beaucoup près l'élévation de charges qui résulte, en Prusse par exemple, du droit de mouture pour le froment indigène, sans parler de l'impôt sur le sel, de l'impôt foncier, du droit d’abat, des corvées et des rentes de rachat, lous impôts inconnus à l’Angleterre ; qu’en France les droits dont la propriété est grevée sont bien autrement considérables, et contribuent nécessairement à faire renchérir ses produits.
L'industrie du continent aurait dù faire des vœux pour le maintien de l’ancienne législation anglaise en matière de céréales ; car il devait suffire à l’Angleterre de supprimer les droits d’entrée sur les grains étrangers pour neutraliser à l’instant même tous les efforts de nos systèmes protecteurs de douanes, et en même temps pour enlever à celles de nos industries rivales des siennes leur plus puissant élément de succès : le bas prix dessalaires. C’est évidemment cette considération , lorsque les hommes d’État de la Grande-Bretagne en ont enfin compris la justesse, qui a dû les déterminer à renoncer au système de protection de l’agriculture nationale et à donner gain de cause aux publicistes qui depuis si longtemps, et même bien avant Cobden et son anti-cornlaws League, réclamaient, sinon l’abrogation totale, du moins une profonde modification des corn-laws.
CORNOUAILLES. Ce nom, qu’on traduit en latin par ces mots : Cornu Galliæ, qui en sont probablement l’étymologie, était celui d’une petite contrée de la Bretagne, avec titre de comté, comprise aujourd’hui dans les départements des Côtes-du-Nord, du Finistère et du Morbihan, et qui autrefois correspondait aux diocèses de Quimper-Corentin et de Saint-Pol-de-Léon.
C'est aussi le nom francisé d'un comté, le Cornwall, formant l'extrémité sud-ouest de l'Angleterre. Il est borné à l’est par le comté de Devon, et de tous les autres côtés par l'océan Atlantique, dont les flots viennent se briser
contre ses côtes, vivement échancrées, et baignent le cap Lizard , où s'élève un phare, ainsi que Landsend, le promontoire d'Angleterre situé le plus à l’ouest. Cette presqu'île, qui, en y comprenant les Îles Scilly, qui l’avoisinent, occupe une superficie de 36 myriam. carrés, peuplée de 362,098 habitants (1871), el présente un sol qui s'élève jusqu’à 500 mètres et placé dans les mêmes conditions que celui de la Bretagne, qui lui fait face, c’est-à-dire assis sur un terrain primitif, couvert de rochers dénudés, et vivement échancré sur ses bords. Ses points extrêmes sont le Brown- Willy, haut de 461 mètres, le Carraton-Hill, haut de 417, etle Cadon-Barrow, haut de 337. Les très-basses contrées qui bordent la côte, et où domine l'influence de l'atmosphère maritime, jouissent d’un climat extrèmement modéré, non pas seulement caractérisé par une température moyenne de 12° cent., en été de 15°, et en hiver de 7°, mais encore par cette circonstance que les myrtes peuvent y passer l'hiver en plein air, et l’oranger, la vigne et l’abricotier, pour peu qu’on les enveloppe d’un chaperon de paille. Les hauts plateaux ont un climat plus âpre; la couche de terre végétale y est très-mince, et quelques maigres prairies y présentent seules un terrain favorable à l'élève des moutons.
Le pays de Cornouailles n’est par conséquent ni agricole ni herbager; et cependant de tout temps ses richesses y ont appelé les peuples commerçants de la Méditerranée. Elles consistent en productions du règne minéral, parmi lesquelles figurent surtout le cuivre et l’étain : l’étain, qui autrefois avait fait donner à ‘toute l'Angleterre le nom de Cassiterides, Jusqu'en 1866 ce comté fournissait seul l’étain à toute l’Europe; il faisait un commerce important de cuivre et tirait de grands profits de ses minerais de fer et de plomb. Les mines de cuivre d'Australie et d'Amérique lui font aujourd’hui une sérieuse concurrence, et la découverte de gisements dans les Indes hollandaises a abaissé fortement le prix de l’étain. Cependant la Cornouaille en avait exporté en 1866 pour 22,535,000 fr., eten 1869 pour 30,036,400 fr.
Ce comté a pour chef-lieu actuel Bodmin, qui à 4,662 âmes; l’ancien chef-lieu était Launceston, avec 2,232 habilants. C’est là que les mineurs des comtés de Devon et de Cornouailles tiennent tous les sept ans leur assemblée générale, et qu'on trouve aussi les pierres dites diamants de Cornouailles. Après Pembroke, le meilleur port de toute l’Angleterre, à cause de ses abris naturels, est Falmouth; le grand centre de l’industrie minière et du commerce d’étain est Helston, an sud-ouest du comté. Le pays de Cornouailles eut d’abord ses souverains particuliers, jusqu’à ce qu’au temps du roi Egbert, en lan 823, il passa sous l’autorité des rois d'Angleterre. Toutefois, en 1330, le roi Édouard II lui accorda le rang et le titre de duché, 1] y a trois siècles à peine, on y parlait encore un idiome particulier, dialecte du Kimre ou du gaélique, que les Anglais désignent sous le nom de cornish language, mais qui a présque entièrement disparu aujourd’hui.
CORNOUILLE,. Voyez CORNOUILLER.
CORNOUILLER , genre d’arbres de la famille des caprifoliées. I est caractérisé par un calice à quatre dents, quatre pétales, autant d’étamines, un ovaire infère, un style, une baie renfermant un noyau à deux loges monospermes.
On cultive dans les jardins fruitiers le cornouiller mâle (cornus mascula, Linné), arbre indigène, dont il existe trois variétés perfectionnées par la culture, et qui sont : le cornouiller à gros fruits rouges, le cornouiller à gros fruils jaunes, et le cornouiller à gros fruits blancs , dont ies fruits, appelés cornes ou cornouilles, ne diffèrent que par la couleur et sont de la grosseur d’une olive et un peu plus allongés, Les cornouilles ont une saveur aigrelette, et composent d'excellentes confitures, des liqueurs très-estirmnées. Cet arbre se multiplie par ses semences , par marcotte