CORNUE — COROGNE
rence, comme moins fragile et moins fusible que la fonte blanche. PELOUZE père,
CORNUEL (Anne BIGOT, dame pe), femme célèbre par son esprit, née à Paris, vers la fin du règne de Henri IV. Ses bons mots sont épars dans tous les ouvrages du temps. M°° de Sévigné en rapporte un grand nombre. Ce fut elle qui donna le nom d'importants aux gens de la cabale du duc de Beaufort, parce qu’elle avait remarqué qu’en quittant une compagnie, ils disaient toujours qu'ils s’en allaient pour une affaire d'importance. Plus tard, elle définit les jansénistes des importants spirituels. C’est elle encore qui disait de l'abbé de Boisrobert : « Quand je le vois monter en chaire, je sens ma dévotion s’évanouir, car il me semble toujours que son surplis est fait d’une jupe de Ninon. » Son mari , Coruuel, trésorier de l'extraordinaire des guerres, en était devenu amoureux à l'enterrement de sa première femme : il l’épousa peu de temps après. A son tour, elle devint veuve en 1650, parvint à une extrême vieillesse, qui ne la priva d'aucune de ses facultés, et mourut en 1694. Tallemant des Réaux dit qu’elle avait été fort jolie femme, passablement galante, et qu’elle avait plus d’une fois donné prise à la médisance.
CORNULAIRES , genre établi par Lamouroux pour un polype à tuyaux, ayant de petits tubes coniques, de chavun desquels sort un polype à huit bras dentelés, comme ceux des alcyons , des gorgones, etc. De Blainville le place dans les zoophytaires tubiporés.
CORN WALL. Voyez CORNOUAILLES.
CORNWALLIS, nom donné à l’une des îles, encore fort imparfaitement connues, de la Géorgie septentrionale, subdivision des terres arctiques occidentales ou anglaises, qui s'étendent à l’ouest de la mer de Baffin et au nord de la mer de Hudson.
Une autre ile du même nom est située dans l’archipel de Broughton.
CORN\V ALLIS (Cnarces MANN, marquis DE), général anglais, fils aîné du premier comte de ce nom, naquit le 31 décembre 1738, et, après avoir fait ses études à Eton ot à Cambridge, entra dans l’armée. Lors de la guerre de Sept-ans, il se distingua de la manière la plus glorieuse en Allemagne, sous le nom de lord Brome. A son retour, il fut promu au grade de colonel, et élu membre de la chambre des communes. Dès 1761 la mort de son père lPappelait à la chambre haute, où il combattit vivement la politique du miaistère, surtout à l'égard des colonies. Cela ne l’empêcha pas de partir à la tête de son régiment pour l’Amérique du Nord, à l’effet d'y appuyer les opérations du général Clinton contre les colonies insurgées, 1i fut ensuite chargé d’occnper le comté de Jersey, s’empara de Charlestown en 1780, et remporta près de Cambden une sanglante victoire sur le général Gates. Son talent et ie honheur qui s’attachait à ses armes semblaient garantir à l’Angleterre la soumission des insurgés, quand, en 1781, plein de confiance dans ses forces, il envahit la Virginie, où, cerné par Washington lui-même à Yorktown, il fut contraint de mettre bas les armes, le 19 octobre, avec les S$,000 hommes placés sous ses ordres. Une vive mésintelligence éclata alors entre Cornwallis et Clinton, rejetant l’un sur l’autre ia responsabilité de ce désastre ; tous deux durent résigner leur commandement et s’en revenir en Angleterre.
En 1786 Cornwallis fut envoyé aux Grandes-Indes, en qualité de gouverneur général et de commandant en chef des troupes britanniques dans cette partie du monde. En 1791 il attaqua le belliqueux sultan de Mysore, fut vainqueur à Bangalore, assiégea l’année suivante Seringapatam , et contraignit enfin Tippo-Saib, réduit à la position la plus critique, à implorer la paix et à céder à la Compagnie des Indes une grande partie de ses possessions. Cornwallis s’efforça ensuite d'introduire plus d'ordre et de régularité dans l’administration de l'Inde, et mérita bien du pays en y
établissant un système précis d'impôts. En 1793 il revint en Angleterre, et en 1798 il reçut le gouvernement de l'Irlande. Il fit prisonnier les Français qui essayèrent alors d'y opérer un débarquement , comprima l'insurrection, et, par sa fermeté, sa prudence et ses mesures de conciliation, s’efforça de calmer les partis qui troublaient le pays. En 1801 on le chargea de négocier la paix avec la France, et en 1802 il signa le traité d'Amiens. En 1805, lors du rappel du marquis de Wellesley, il accepta encore une fois, quoique souffrant, le gouvernement général des Indes orientales ; mais il mourut le & octobre de la même année à Gazepour, peu de temps après son arrivée. Cornwallis était un caractère aussi distingué comme militaire que comme administrateur. Des monuments ont été élevés à sa mémoire par les populations reconnaissantes , à Madras, à Bombay et à Calcutta, et le parlement lui en fit ériger un dans l’église Saint-Paul à Londres.
CORNWALLIS (Wicziam MANN, comte DE), frère du précédent , amiral distingué, naquit en 1744, et fut de bonne heure destiné à la marine, Jusqu’en 1765 il servit avec succès sur les côtes d'Angleterre contre les Français , puis, lors de la guerre avec les colonies, fut envoyé en Amérique, où, à la tête d’une petite escadre, il soutint dans les eaux de la Jamaïque un glorieux combat contre Lamothe-Piquet. En 1781 il passa aux Grandes-Indes, où, placé sous les ordres de l’amiral Hood, il contribua beaucoup par sa bravoure à la conquête des possessions françaises. Nommé en 1793, à la suite de la prise de Pondichéry, vice-amiral du pavillon bleu, et bientôt après amiral du pavillon blane, il remporta le 23 juin 1795, dans la mer des Indes, une victoire complète sur les forces navales françaises, et, à la suite de ce triomphe, fut appelé au commandement supérieur des forces navales britanniques dans ces mêmes mers. Il revint ensuite en Angleterre, où , sous prétexte de mauvaise santé, mais vraisemblablement par suite d’intrigues, il voulut donner sa démission. Il en advint qu’on le traduisit devant une cour martiale, qui d’ailleurs le renvoya absous ; il ne reprit du service qu’en 1799, fut nommé amiral du pavillon rouge, et en cette qualité prit le commandement en chef de la flotte anglaise dans le canal, commandement qu’il conserva jusqu’à la paix d'Amiens. Depuis lors il vécut étranger au service public, et mourut en 1819.
CORO, chef-lieu de la province du même nom, dans la république de Vénézuéla (Amérique du Sud), sur la Golfete de Coro, partie orientale du golfe de Maracaïbo, et sur l’isthme de Midanos, long de 29 kilomètres et large de 4 kilomètres, conduisant à la presqu'île de Paraguana, dans un climat chaud mais sain, a un port peu sûr, mais très-fréquenté, des rues droites, quatre belles églises, 9,000 habitants, de riches plantations et un commerce considérable en bestiaux, peaux et sochenille. On est obligé d’aller chercher au loin l'eau à boire. Coro, le premier établissement fortifié que les Espagnols aient possédé sur la côte septentrionale de l’Amérique du Sud, bâti à l’origine sur pilotis au milieu de lagunes, et appelé en conséquence Vérézuéla (petite Venise), nom qui passa ensuite au pays tout entier, était autrefois très-riche, et demeura le siége des autorités espagnoles jus< qu’en 1636, époque où on le transféra à Caracas.
La province de Coro comprend 941 liguas carrées. compte 72,321 habitants, et est divisée en 6 cantons : Coro, Paraguana, Casigua, Cumarobo, Tocuyo et San-Luis.
COROGNE (LA), La Coruña, chef-lieu de la province du même nom , qui compte 551,989 habitants, sur la côte nord-ouest du royaume de Galice (Espagne), dans une presqu'ile située à l’entrée de la baïe de Betanzos , est divisée en ville haute et ville basse. La première, située sur le penchant d’une montagne, est entourée de murs et défendue par une citadelle. Les rues en sont étroites et mal pavées. Au contraire, la ville basse ( Pescaderia), pécherie bâtie sur une étroite langue de terre , a des rues larges et propres. L’ar-