‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 5 sur 607 · COIFFURE — COIFFURE MILITAIRE · texte numérisé non relu

COIFFURE — COIFFURE MILITAIRE

Mi de Fontanges, ayant vu sa coiffure dérangée par le vent, prit un ruban et l’attacha autour de la tête : le lendemain toutes les dames en portaient desemblables, et ilsreçurent le nom de fontanges ; alors reparurent aussi les hautes coiffures, qui parvinrent à un tel degré d’élévation, que les architectes furent obligés de hausser el d'élargir les portes. On imagina même des ressorts adaptés à ces bonnets monstrueux pour les aplatir et les exhausser à volonté, la première opération devenant indispensable pour s’asseoir dans les carrosses appelés vis-à-vis. Enfin, lan 1699, le roi, ayant témoigné de l’aversion pour les grandes coiffures, elles furent aussitôt remplacées par d’autres plus basses. En 1758 on joua chez Favart Les Amours de Bastien et Baslienne, qui mirent à la mode les coiffes à barbe ou à la paysanne. On nommait, en 1759, cabriolet une espèce de toquet fort commode pour les mères de famille, femmes modestes ou occupées. La coiffure à la grecque, que nous avons vue reparaitre avec éclat en 1832, et mourir depuis, était fort en vogue en 1773. La Marie-Stuart est aujourd’hui également revenue de mode. Tant que dura le règne de Louis XV les coiffures subirent de nombreuses métamorphoses; elles s’abaissèrent ow s’exhaussèrent suivant le goût ou la fantaisie de la favorite en titre, que les dames de la cour et les bourgeoises s’empressaient d'imiter. Mais sous Louis XVI les femmes élevèrent leurs coiffures à une hauteur si exorbitante, que dans les loges elles interceptaient la vue des décorations et des acteurs, au point que, pour mettre fin aux querelles qui en résultaient, de Visme, directeur de l'Opéra, fut obligé de faire un règlement qui leur défendait l'accès de l’amphithéâtre. Elles étaient compliquées, pesantes, incommodes, échafaudées sur des fils de fer et d’argent. On y introduisait une multitude d’objets qui les transformait en parterres, en boutiques de curiosités; il y eut même des frégates, lors du célèbre combat de La Belle-Poule. Beaumarchais, tombant sur le gazetier Marion, donna naissance au Quéraco que détrônèrent les différentes espèces de pouff. Le pouff au sentiment était relatif aux objets qu’on aimait le mieux. Bachaumont nous a laissé une description curieuse de celui de la duchesse de Chartres, mère du roi Louis-Philippe. « Au fond, dit-il, était une femme assise sur un fauteuil et tenant un nourrisson. C’étaient le duc de Valois et sa nourrice ; à droite un perroquet becque- {ant une cerise; à gauche un négrillon; le surplus était garni de touffes de cheveux du duc de Chartres, son mari, du ducde Penthièvre, son père, du duc d'Orléans, son beaupère, etc. Tel était l’attirail dont la princesse se chargeait la tête, »

Maïs la reine Marie-Antoinette s'étant montrée, en 1776, au bal de l'Opéra avec un toupet relevé et hérissé en pointe, fit venir la mode de la coiffure en hérisson. Non-seulement les femmes, mais les hommes l’adoptèrent. En 1778 autre caprice : les femmes relevèrent leurs cheveux très-haut, en forme de toupet, ressemblant à un flocon de poils hérissés ; celle mode passa en quelques semaines : c'était la coiffure à la bichon. Enfin, la coiffure à l'enfant, qui fut mise en vogue vers la fin du dix-huitième siècle, jouissait encore de quelque faveur en 1809, et l’impératrice Joséphine la porta quelque temps. A cette époque s’introduisit pour les hommes l’usage des cheveux à la Tifus, qui dure encore. Quant à nos dames, chaque année, chaque mois, souvent chaque semaine, les voit changer de coiffure, et vouloir en suivre les variations serait se condamner à enregistrer toutes celles de cette déesse inconstante et légère que l'on nomme/a Mode, Le Roux DE Lincy.

Outre les soins qu’exige la chevelure, on ne peut se dispenser de faire usage de moyens nombreux et variés pour garantir la tête contre le froid excessif, la chaleur brûlante du soleil, l'humidité et la pluie. A ces premiers moyens il a fallu en joindre d’autres, destinés à protéger la tète contre les chocs des corps extérieurs et des armes offensives,

Les formes bizarres ou agréabics, la nature des substances employées à la confection de tous ces moyens que l’on groupe sous le nom commun de coiffure, n'ont pas toujours été appropriées aux formes de la tête ni au but qu’on se proposait. Le désir de plaire et de se distinguer a porté les deux sexes à se parer la tête d'objets divers, communs ou rares, tissus, fleurs, plumes d’oiseaux, dont la nécessité etles progrès de la civilisation ont amené le perfectionnement. Si sous le nom de coiffure nous comprenons aussi la disposition des cheveux et la forme des vêtements de la têle (voyez Boxer, CASQUE, CHaPEAUx, etc.), il sera facile de constater combien nous avons su gagner de temps, simplifier les soins hygiéniques dela tête etles dégager d’un vain luxe d’ornement et de futilité. Ce résultat s'applique également à la chevelure de l’homme et à celle de la femme dans toutes les conditions sociales, l’art de la coiffure pour remédier à la perte des cheveux employant de nos jours les moyens qui imitent le mieux la nature et satisfont en même temps à toutes les exigences requises pour entretenir la santé et la propreté de la pean du crâne. Le caractère commun de toutes les coiffures ou vêtements de cette partie du corps est, en la mettant à l'abri des influences extérieures, delui conserver sa température vitale, de la prémunir contre les rhumatismes, les névralgies, contre les coups de soleil ou inflammations par l’insolation, et d’affaiblir l’action des corps vulnérants. La constriction, la compression des divers points de la tête, soit par des tresses trop fortement tendues, soit par des bonnets trop serrés, soit par des chapeaux trop étroits, soit par l'application d’un mouchoir sur des papillottes, la fatigue qu’occasionne le poids des casques, des schakos, donnent lieu au gonflement du cuir chevelu, accompagné d’une douleur vive en raison du grand nombre de nerfs qui se distribuent dans cette partie de la peau. Une coiffure quelconque trop lègère ou trop lâchement serrée, qui laisse pénétrer l'air humide, surtout dans des lieux froids et pendant le sommeil, est insuffisante pour prémunir contre les affections rhumatismales, les névralgies et les maux de dents. L’application des tissus de laine, de flanelle, utiles dans certains cas pour guérir ces affections, pourrait, en concentrant la chaleur dans la tête, prédisposer à l’apoplexie ou en déterminer l’attaque. On a attribué à tort aux coiffures la faiblesse de l’action contractile des muscles extrinsèques du pavillon .de l'oreille de l’homme.

Lorsqu'on observe lesoin que la nature a pris de parer la tête de certains animaux de huppes, d’aigrettes, de casques, etc., on ne doit point être surpris que l’homme ajoute des ornements à toutes les coiffures que ses besoins et les divers genres de civilisation l’ont porté à adopter. L. LAURENT,

COIFFURE MILITAIRE. Cette coiffure a subi dans tous les temps et dans tous les pays de nombreuses variations. Les uns l'ont considérée plus spécialement sousle rapport hygiénique, et y ont recherché la légèreté et les moyens de garantir la tête d’une chaleur pénible; les autres lui ont imposé pour condition de préserver le soldat des coups desabre, de ne point le gêner dans le maniement de ses propres armes, et de le mettre à l’abri des injures du temps. Chez nous, cette partie de l'habillement de la troupe non-seulement laisse beaucoup à désirer, mais trop souvent même paraît choisie au rebours du bon sens. « Nous avons eu l’avantage de voir le burlesque chapeau à trois cornes remplacé par le schako, disait un officier général, le baron Fririon, en 1822. C’est déjà un pas fait vers le mieux; mais le schako ne couvre à peu près que la moitié du haut de la tête. Les anciens étaient plus sages que nous sous ce rapport : leur casque était arrondi comme la tête. Il s'emboitait depuis la nuque jusque auprès des sourcils ; il était échancré ou relevé par les bords, de manière à ne pas comprimer les oreilles, à ne pas gêner la liberté des mouvements de la tête, des épaules, des bras, des armes. ]1 ne posait pas immédiate. ment sur la tête, sans quoi les coups seraient devenus trop

Page 1