‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 400 sur 607 · CORON — CORONIS · texte numérisé non relu

CORON — CORONIS

géographes appelaient Jo/fe de Messénie, est située à deux myriamètres de Modon, non loin du cap Matapan. Elle compte uñe population d'environ 8,000 âmes, et est entourée d'importantes fortifications; mais son port n'offre aux vaisseaux qu’un abri incommode et peu sûr contre les vents du sud,

CORONAL. Voyez FRONTAL.

CORONEE, ville de la Béotie, bâtie sur une colline, au sud-ouest de Chéron ée et à l'ouest du lac Copais, dont il n'existe presque plus de traces aujourd’hui, mais fameuse dans l'antiquité à cause de la fête générale de la ligue Béotienne, qui se célébrait dans un temple de Minerve, situé à peu de distance, de même que par la victoire meurtrière, mais peu décisive, que les Spartiates, commandés par Agésilas, rappelé d’Asie, y remportèrent sur les Thébains, les Athéniens et leurs alliés, l’an 394 av. J.-C.

CORONELLI ( Marc-Vincenr), né à Venise, vers la seconde moitié du dis-septième siècle, entra de bonne heure chez les Mineurs conventuels. Il s’adonna avec passion à l'étude des mathématiques, et surtout à celle de la géographie. La renommée de son habileté s'étant répandue en Europe, le cardinal d’Estrées l’appela en France, où il fut chargé de la confection des deux globes terrestre et céleste qui se voient aujourd’hui à la Bibliothèque Impériale : ces globes ont 3°, 98 de diamètre; leur méridien mobile est en bois recouvert d'un côté d’un limbe de jaiton. Outre les contours des divers pays, Le cours des fleuves, les noms des villes, etc., ils sont ornés de divers ermblèmes ; on y voit plusieurs figures avec les costumes des nations connues de l’auteur. Tous ces objets sont dessinés et coloriés avec la plus grande pureté. C’est en 1683 que ces globes gigantesques furent terminés. Deux ans après, Coroneili retourna dans sa patrie. Il y fit graver deux globes, un terrestre et l’autre céleste, chacun en trente feuilles. Ces globes, les plus gros qu’on ait multipliés par la gravure, avaient 1”,12 de diamètre. On a encore les planches du globe céleste; celles du globe terrestre sont perdues.

Coronelli, élu général de son ordre en 1702, mourut en 1718. Ce savant travaillait avec la plus grande facilité; il a composé plus de 400 cartes géographiques, dont plusieurs sont accompagnées de notes ou de mémoires explicatifs. Il avait formé le plan d'une sorte d’encyclopédie géographique, qui aurait eu 40 volumes in-folio ; maïs les six ou sept premiers volumes qui parurent sont composés ou compilés avec tant de négligence, si peu de goût et de discernement, qu'on n’a pas lieu de regretter que l'ouvrage soit resté inachevé. Les ouvrages de Coronelli, écrits pour la plupart en italien, ne sont plus lus aujourd’hui : si l’exécution de ses globes et de ses cartes lui fait honneur, ses contemporains avaient déjà reconnu que ces diverses compositions manquent d’exactitude, et que l’auteur avait rassemblé des matériaux pris de tous côtés sans critique. TEYSSÈDRE.

CORONER en latin coronator). Ainsi s'appelle en Angleterre un fonctionnaire élu par les francs tenanciers {free holders) de chaque comté pour défendre les droits de la couronne. Sa principale occupation consiste à examiner, avec l'assistance de douze jurés, les cas de mort subite et à commencer l'instruction criminelle contre les individus prévenus de meurtre commis avec préméditation ou de voies de fait et de violences ayant occasionné la mort, Quand il y a suicide, il doit rechercher s’il a été le résultat dun dérangement passager de l'intelligence, ou bien si l’on doit le considérer comme un crime (/felonia de ipso). Tous les biens meubles et immeubles du suicidé, tout ce qui a pu causer la mort de quelqu'un, par exemple, un cheval, une voiture avec lesquels quelqu'un a péri, reviennent au roi à titre de Zeodan d. Le suicidé ne reçoit pas non plus de sépulture honorable. Si, par suite de la négligence avec laquelle elle fait faire sa police, une commune est cause de

amende. Le coroner est encore chargé des enquêtes à faire au sujet des naufrages el du sauvetage des débris qui en proviennent, ainsi que de quelques autres fonctions judiciaires. Il est nommé à vie; mais il peut être prorou à un emploi plus élevé, ou bien destitué pour abus de pouvoir ou négligence dans l'exercice de ses devoirs. !

[ Du temps de Shakspeare, on disait crowner. Ce terme se trouve deux fois dans Hamlet. Shakespeare, qui ne se piquait nullement d'observer le costume niles mœurs locales, parle des enquêtes faites par lecoroner de Danemark après la mort de Polonius et d’Ophélie! Suivant les uns, cette dénomination vient de ce que ce fonctionnaire agissait en qualité d'officier de la couronne et de ce qu’il portait en effet une petite couronne sur la baguette qui lui servait d'insigne. Selon d’autres, le coroner a été aïnsi nommé parce qu’il procédait cum corona populi. Nous voyons dans l'exorde du plaidoyer de Cicéron pour Milon le mot corona employé comme synonyme d’audiloire : Non enim corona consessus vester cinctus est, ut solebat.

Depuis quelque temps les tribunaux de police de Londres considèrent l’enquête du coroner comme une superfétation, et refusent d’obéir au mandat en vertu duquel le coroner exige la comparution en personne de l’inculpé devant le jury qu'il a convoqué. L'enquête du coroner se fait publiquement, dans une auberge voisine du théâtre du crime ou de l'accident, et il choisit lui-même les jurés parmi les habitants les plus notables qui se trouvent sur les lieux. Brerox.]

CORONILLE (en lafin coronilla, dininutif de corona, couronne , par allusion à la disposition des fleurs ), genre de la famille des papilionacées, ainsi caractérisé : Feurs disposées en couronne ou en tête terminale; calice à deux lèvres et à cinq dents; gousse grêle, allongée, composée de plusieurs pièces séparées par des cloisons transversales ; une semence dans chaque articulation ; feuilles aïlées, avec une impaire. On en compte une vingtaine d’espèces ; ce sont des arbrisseaux ou des herbes qui croissent en Europe, principalement dans tout le bassin méditerranéen.

La coronille des jardins (coronilla emerus, Linné) est un fort joli petit arbrisseau , très-rameux , ramassé en buisson, orné d’un feuillage léger, d’un beau vert clair; chaque feuille est composée de cinq ou de sept folioles, un peu en cœur. Les fleurs sont jaunes, très-nombreuses, l’étendard un peu rougeâtre en dehors, les onglets des pétales beaucoup plus longs que le calice. Cette plante porte les noms vulgaires de séné bâtard, faux baguenaudier, etc.

La coronille glauque (coronilla ylauca, Linné) doit son nom au vert de ses feuilles, à folioles cunéiformes, tronquées au sommet. Les fleurs, jaunes, odorantes pendant le jour, ont les onglets des pétales à peine plus longs que le calice.

La coronille en jonc (coronilla juncea, Linné), trèsdistincte par sa forme, a le port d’un petit genêt. Ses tiges ressemblent à celle d’un jonc; elles sont lisses , effilées , flexibies, rameuses, presque nues, à écorce fongueuse, Les feuilles sont glauques, distantes, un peu charnues, composées de trois ou cinq folioles, linéaires, obtuses. Les fleurs sont jaunes, disposées en petites ombelles, à l'extrémité d’un long pédoncule axillaire.

Citons encore la coronille bigarrée (coronilla varia, Linné), la plus élégante des espèces herbacées de ce genre. Ses fleurs, environ au nombre de douze , forment véritablement une jolie petite couronne, agréablement mélangée de rose, de blanc et de violet, portée au sommet d’un long pédoncule nu. Les tiges sont longues , rameuses , étalées en guirlande sur la terre, garnies de feuilles distantes, arlées; les folioles sont petites, glabres, ovales.

CORONIS, fille de Coronée, fut vainement demandée en mariage par plusieurs rois puissants. Un jour qu’elle se

| promenait sur le bord de la mer, Pluton la vit, et brûla pour

2 mort de quelqu'un, le jury du coroner lui impose une | elle. 11 s’approcha, lui déclara son amour, et, voyant Gu@

ses prières étaient inutiles, il eut recours à la violence ; mais Coronis prit la fuite, et, accablée de lassitude, appela les dieux et les hommes à son secours. Minerve, touchée de compassion, la métamorphosa en corneille, et lui accorda la faveur de demeurer auprès d’elle, parce qu’elle avait conservé sa chasteté. Mais dans la suite elle perdit les bonnes grâces de la déesse pour lui avoir rapporté qu’Aglaure avait enfreint ses ordres ; et l’oiseau de la nuit, ou le hibou, lui fut préféré.

CORONULE (du latin coronula, diminutif de coron« , couronne), genre de mollusques dont la coquille est composée de plusieurs valves rassemblées en cercle au sommet, et qui vivent sur la peau des baleines.

En entomologie, la couronne on demi-couronne qui garnit le sommet du tibia ou du cubitus de quelques insectes a été aussi appelée coronule. L. LAURENT.

COROSSOL, COROSSOLIER. Voyez ASIMINIER.

COROT (JEan-BaPTisTE-CaMiccE ) est né à Paris, en 1796. Au début de sa vie, rien n’annonçait l’artiste que l’avenir réservait à notre génération. Fils de négociants, d’apord négociant comme eux, il ne devait quitter l’obseur magasin du marchand de draps qu’à la vingtième année de son âge, après de longues obsessions; et c'était pour tomber dans l’atelier de J.-V. Bertin, homme de mérite à coup sûr, mais du génie le plus incompatible avec le sien. La poétique de Michallon n’était pas davantage celle qui convenait à son esprit. De telle sorte que M. Corot arrivait à l’âge de produire sans avoir recueilli sur son chemin autre chose que des obstacles. A trente ans il avait tout à faire. L'idée lui vint alors de suivre naïvement son inspiration , et, après avoir inutilement cherché un professeur dans les ateliers, il finit par rencontrer un grand maître dans la nature. Cette instruction pittoresque explique certains vides signalés dans le talent de M. Corot, et donne en même temps le secret de Virrésistible puissance d’une peinture incomplète. 11 n'y a pas d’intermédiaire entre la nature et lui. Aussi, donnez à M. Corot de l’herbe et des feuilles, et il vous fera une églogue tellement attachante, il enveloppera si bien votre pensée de mystère et d'ombre, que, pénétrée de fraîcheur et saturée de pastoral , votre imagination couchera parmi ses personnages idylliques, comme eux appesantie de langueur, sans remarquer que l'artiste l’emprisonne dans un horizon de six mètres carrés, barré par des saules à peine revêtus de verdure, Et Dieu sait le temps que durera cette rêverie, si la plume au bec de fer avec laquelle la critique laboure les colonnes basses du journal ne vient vous reprocher le mol abandon de votre esprit, vous prouver, de par Lorrain ou Ruysdael, combien M. Corot s'éloigne de leur ressemblance, Cela est vrai en effet, et si M. Corot a conquis une place honorable parmi les paysagistes, c’est parce qu’il s’appartient tout entier; sa rare originalité excuse à nos yeux ses incorrections. Le poëte protège le peintre. B. DE Corcy.

M. Corot a exposé en 1827 une Vue prise à Narni, et La Campagne de Rome ; en 1834, une Forét, une Marine, un Site d'Italie; en 1838, Silène; en 1840, La Fuile en Égypte; en 1841, Démocrite et les Abdéritains ; en 1842, la Destruction de Sodome, etc. La froide énumération des titres de ses pay-ages serait sans intérêt; il y a peu d'expositions où l’on n’ait vu et admiré ses œuvres. M. Corot a obtenu, à celle de 1855, une médaille de 1re classe et à celle de 1867 la croix d’officier de la Légion d'honneur. Il n’est pas de l’Académie des beaux-arts.

CORPORAL, linge consacré dont le prêtre se sert pendant la messe, et qu’il étend sous le calice avant d'y mettre le corps de Jésus-Christ, d’où lui vient son nom. II sert aussi à recueillir les particules de l’hostie qui pourraient venir À tomber, soit lorsque le prêtre la rompt, soit lorsqu'il la consume, Suivant quelques auteurs, ce serait le pape Eusèbe qui le premier aurait ordonné l’usage du corporal ; suivant d'autres, ce serait saint Sylvestre, Au rapport de Comines,

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