COLLOQUE — COLLOT-D'HERBOIS
Plusieurs des fonctions des colloques tombèrent en désuétude bien avant la nouvelle organisation des Églises réformées de France. On ne tarda pas à renoncer à l’usage ordonné par l’art. 6 du chap. vu de la discipline, ainsi conçu : « À la fin des colloques seront faites des censures amiables et paternelles, tant des pasteurs que des anciens qui s’y trouveront, de toutes choses qu’il sera jugé bon de leur remontrer, » On conçoit aussi combien l’art. 3 dut occasionner de difficultés, et combien il dut soulever d’épineuses discussions d’amour-propre, en exigeant qu’à chaque colloque chacun des ministres présents serait tenu de, prêcher à son tour, « afin qu'on connoisse quel devoir chacun fait de s'exercer en l’estude de l’Escriture et en la méthode et forme de la traitter ». La plupart de ces règlements, promulgués au synode national de Nimes, le 6 mai 1572, portent l’empreinte du zèle profond et de la naïveté de manière des protestants du seizième siècle. La loi organique du 18 germinal an x, qui a réglé fort arbitrairement les affaires des cultes protestants, n’a point donné de sanction légale aux anciens colloques; quelquefais cependant encore aujourd’hui les pasteurs des Églises voisines se réunissent en assemblée de conférence ecclésiastique ; mais ces réunions, dépourvues de sanction temporelle ou spirituelle, n’offrent qu’une bien faible image des colloques si zélés et si fortement organisés de nos pères. Charles CoQuEREL.
COLLOREDO (Famille). Cette maison autrichienne, qui compte de nombreuses branches, passe pour descendre des anciens barons de Walsée en Souabe. Le nom de Colloredo lui vient d’un château situé à peu de distance du bourg de Mels en Frioul, bâti au quatorzième siècle par Glizojus de Walsée, fondateur des trois lignes : Colloredo-Arquin (éteinte en 1693); Colloredo-Bernhard, branche ainée de la famille et subdivisée aujourd’hui en deux rameaux : les comtes de Colioredo- Walsée, dont les possessions sont situées en Bohême, et les comtes de Mels-Colloredo établis dans le Frioul; Colloredo- Weickhardt, qui forment aujourd’hui deux rameaux distincts, la ligne princière et la ligne rudolfine : la première, issue de Jerdme, comfe bE CozLorspo, né en 1674, mort en 1726, dont le fils, Rudolf- Joseph,comte ne Coconero, fut élevé à la dignité de prince de l’Empire en 1763 par l’empereur François I°*, et mourut en 1788, laissant dix-huit enfants. L'un d'eux François de Paule Gundicaire de Colloredo, ayant épousé l’héritière du comté de Mansfeld, prit pour lui et ses descendants le nom de Colloredo-Mansfeld. La ligne rudolfine a aujourd’hui pour chef le comte Fabius-Léandre De CoLroreno-MELSs, marquis de Santa-Sofia et de Recanati, né le 24 mars 1777. Ses propriétés sont situées dans le Frioul.
Parmi les membres les plus distingués de la ligne princière dite, depuis 1789, de Colloredo-Mansfeld, nous citerons :
François-Gundicaire, prince ne CoLLorEDo-MANSFELD, né le 28 mai 1731, ambassadeur de l’empereur à Madrid, de 1767 à 1771, nommé en 1789 vice-chancelier de l’Empire, fonctions qu’il exerça jusqu’à la dissolution de l’Empire d’Allemagne, mort le 27 octobre 1807, laissant trois fils: Rodolphe- Joseph, Jérôme et Ferdinand.
Rodolphe-Joseph, prince de Corroreno-MansFELD, né en 1772, nommé en 1834 grand-maitre de la cour de l’empereur, mort le 28 décembre 1843.
Ferdinand, comte ne CoLLoREDO-MANsrELD, né à Vienne, en 1777, embrassa d’abord la carrière diplomatique, et fut nommé, en 1803, ambassadeur près la cour de Naples, qu’il suivit à Palerme, En 1808 il prit une part active à la création de la Zandwehr en Autriche, et en 1809 il combattit bravement à Aspern et à Wagram avec le grade de major. 11 endossa de nouveau l'uniforme en 1814 et 1815; puis, au rétablissement de la paix générale, il se retira dans ses terres, et plus tard il remplit les fonctions de directeur général des bâtiments : on le vit toujours se mettre à la tête des entreprises marquées au coin de l’esprit de progrès et du
patriotisme. Après les événements dont la ville de Vienne fut le théâtre en 1848, il accepta le commandement de la légion académique ; mais il éprouva une foule de déboires dans cette difficile position, à laquelle il ne tarda pas à renoncer, Il est mort le 10 décembre 1848, dans un profond isolement.
Jérôme, comte pe CoLLoREno-MansreLn, né en 1775, à Wetzlar, entra au service en 1792, et fit presque toutes les campagnes suivantes. Dans la guerre de 1813 il se distingua d’une manière toute particulière en Saxe et en Bohême, A la suite de la bataille d’Ulm, il reçut le commandement du second corps d'armée. A la bataille de Leipzig, il forma avec ce corps une partie de l’aile gauche de l’armée principale, et en prit le commandement lorsque le prince de Hombourg eut été blessé et le général Merweld fait prisonnier. Les blessures qu’il reçut dans cette journée, et plus tard à l'affaire de Troyes, fucent cause de sa mort, arrivée à Vienne en 1822.
François de Paule-Gundicaire, prince nE CoLLoREDo- Mansreup, fils du précédent, né le 8novembre 1802, à Vienne, entra au service en 1824 comme sous-lieutenant, Parvenu au grade de général-major, il commanda d’abord, en 1848, à Trieste, puis à Theresienstadt une brigade, et contribua à étouffer l’insurrection de Prague. Après avoir pris part, au mois d'octobre de la même année, à l'investissement de Vienne, il fit la campagne de Hongrie avec sa brigade, et assista notamment aux affaires de Kapolna et de Komorn. Créé alors feldmaréchal-lieutenant, il chercha à se maintenir dans l'ile de Schutt, et resta ensuite avec le corps qui cernaif Komorn. Il mourut le 28 mai 1852.
Joseph-François-Jérôme, né le 26 février 1813, est fils du comte Ferdinand, Il est major et chambellan de l’empereur, et siége dans la chambre des Seigneurs.
Uncomte de COLLOREDO-WALDSEE, François, né en 1799. fils d’un ministre de françois Ier, a été un diplomate distingué ; il a occupé les ambassades de Russie, de Londres et de France. Après avoir préparé le traité de paix de Zurich, qui mit fin à la guerre d'Italie, il est mort dans cette ville, le 26 octobre 1859.
COLLOT D’HERBOIS (Jean-Martr), conventionnel, naquit à Paris en 1750. Collot était son nom de famille, d’Herbois son nom de théâtre. Il importe peu de savoir s’il fut bon ou mauvais comédien, et quel était son emploi; il est au moins vraisemblable qu'il était au-dessus de la médiocrité, car il ne joua que sur les théâtres des grandes villes, à Bordeaux, à Lyon, à Genève, où il était directeur de la troupe; à La Haye, etc. Dans cette dernière résidence, le stathouder avait fait renouveler à grands frais le mobilier du théâtre. Collot-d'Herboïs jouait dans Ze Misantlurope; il avait le simple costume de rigueur. Le directeur, qui jouait Oronte, l’homme au sonnet, se pavanait dans un ample haoit de velours cramoisi, sillonné sur toutes les coutures, aux poches, aux basques, de larges galons. Collot-d'Herbois, faisant le geste d’un homme qui veut s’asseoir, se place en se penchant devant Oronte, puis se relevant tout à coup : « Mille pardons, lui dit-il, je vous prenais pour un fauteuil. » Cette saillie appela l'attention sur le mobilier et le vestiaire du théâtre; et le chef-d'œuvre de Molière fut interrompu par une tempête de bravos. Le prince, qui croyait n’avoir fourni que les fauteuïs, s’aperçut alors que le directeur n’avait pas oublié le proverbe : Quand on prend du galon, on n'en saurait trop prendre.
Collot était bien jeune encore quand il voulut joindre au plaisir de jouer des pièces l'honneur d’en faire. Il débuta en 1772 par un drame intitulé Lucie, ou les Parents imprudents; bientôt après il fit représenter Clémence et Monjais, Le bon Angevin, L'Amant loup-garou, Le paysan mayistrat, ou l’Alcalde de Zalaméa, imité de Caldéron, joué avec un succès soutenu sur tous les théâtres de France et mis à l'index par le gouvernement consulaire; Le vrat Généreux, Les Français à la Grenade, Le Benéjice, La