COLLOT-D'HERBOIS -— COLLYRE
Famille patriote, Le nouveau Nostradamus, L'Inconnu, ou le Préjugé Vaincu, Andrienne, ou Le Secret de Famille, Le Procès de Socrate, Les Portefeuilles, L'Ainé et le Cadet. I publia, en outre, quelques brochures politiques, qui passèrent presque inaperçues; il fut plus heureux pour son Almanach du P. Gérard. La société des Amis de la Constitution (les jacobins } avait ouvert un concours pour le meilleur ouvrage populaire destiné à expliquer, à propager les principes consacrés par la constitution de 1791. L’AI- Mmanach du père Gérard obtint le prix. Le titre était heureux : il rappelait le nom d’un député, homme du peuple, vieillard vénérable, d’un sens droit, simple dans son langage comme dans son costume bas-breton.
Le succès de ce petit ouvrage appela l'attention publique sur l’auteur; il avait été admis à la Société des Jacobins. Cet opuscule commença sa fortune politique. Sa taille était moyenne, son teint brun, sa chevelure crépue et très-noire, son regard soucieux et sombre. Il avait contracté à Genève le goût des doctrines républicaines ; il en eût eu les mœurs s’il ne se fût pas habitué aux liqueurs fortes ; ce vice devait lui coûter la vie et le faire mourir avant le temps. Il se fit remarquer à la tribune moins par ses talents que par la force de sa voix et la hardiesse de ses expressions; il se posait à la tribune comme au théâtre. Impatient de se créer une position politique, il imagina de se constituer le défenseur des Suisses du régiment de Château-Vieux , condamnés par les tribunaux de leur pays aux galères pour leur sédition à Nancy. Collot-d’Herbois présenta une pétition à l’Assemblée nationale; il avait associé à son patronage une partie dé la Société des Jacobins. La pétition fut renvoyée au ministre, qui écrivit officiellement aux Cantons : les condamnés sortirent du bagne; Collot-d'Herbois ne les quitta plus; leur voyage à travers la France fut un triomphe. Péthion, maire de Paris, autorisa Collot-d'Herboïis et les commissaires à faire célébrer au Champ de Mars une fête publique, qui fut un véritable contre-sens : la police du château, dirigée alors par Bertrand de Molleville, y prit une part fort active; elle dépensa en piques et en bonnets rouges plus de 20,000 francs. La cour avait renoncé à attaquer la révolution de front : elle ne s’occupait plus qu’à la compromettre par des excès, et n'y réussit que trop bien. Collot-d’Herboïis ignorait sans doute que la contre-révolution s'était associée à la singulière ovation des soldats suisses de Château-Vieux. Cette fête le mit en évidence; son nom fut répété dans tous les journaux. Il devint membre de la municipalité de Paris et du conseil attaché au ministère de la justice, fut un des provocateurs et des panégyristes des massacres” de septembre, présida l’assemblée électorale qui en 1792 nomma les députés à la Convention, et fut un des premiers élus pour y représenter le département de Paris. Là il se plaça sous le patronage de Robespierre.
Dans l’orageuse lutte de la Montagne et de la Gironde, tous ses discours se résumaient en ces mots : Soyons jacobins, soyons montagnards, et sauvons la république! Le Moniteur lui attribue l'initiative de labolition de la royauté à l'ouverture de la session de la Convention : cette proposition fut faite par un autre député ; Collot-d’Herbois se borna à l’appuyer, et elle fut votée immédiatement. Envoyé en mission à l’armée des Alpes, en 1792, après la conquête de la Savoie, il était absent lors du procès de Louis XVI, mais il écrivit à l'assemblée qu’il votait la mort sans appel ni sursis. A son retour, il seconda de tous ses moyens Robespierre dans ses incessantes et énergiques attaques contre la Gironde, fut élu président de la Convention le 13 juin 1793, retourna en mission dans les départements du Loiret et de l'Oise, et, après la prise de Lyon, qui s'était révoltée, fut envoyé, avec ses collègues Fouché et Laporte , dans cette ville, à laquelle les vainqueurs imposèrent le nom de Commune-Affranchie, après avoir démoli ses plus beaux édifices et fait couler le sang sous la fusillade, la
mitraille et la guillotine, Sur la proposition de Barrère, Collot-d’Herbnis était entré, avec Billaud-Varennes, au comité de salut public dans le mois de frimaire an n ( décembre 1793 ); il y resta jusqu’au 14 thermidor de la même année. Il n'avait pas attendu que Robespierre fût attaqué pour se séparer de lui; il l’attaqua lui-même avec la plus franche énergie, et n’en fut pas moins poursuivi comme son complice par le parti réactionnaire. La Convention, en vertu d’un premier décret, avait rejeté l’accusation ; mais les thermidoriens s’acharnaïient de plus en plus sur tous les membres du =smité de salut public et de sûreté générale : trois furent condamnés à la déportation : Barrère, Collot-d’Herboïs et Billaud-Varennes. Ils étaient détenus à l’île de Ré en attendant leur embarquement pour la Guyane. L'ordre de départ arriva; Collot-d'Herbois et Pillaud furent embarqués; Barrère avait obtenu un sursis motivé sur sa santé. Le navire qui transportait ses deux collègues avait déjà quitté le port, quand arriva un nouveau décret qni les renvoyait tous trois devant le tribunal criminel de la Charente- Inférieure : Barrère fut sauvé. Collot-d’Herbois, arrivé à la Guyane, fut à tort ou à raison accusé d’avoir provoqué une insurrection des nègres contre les blancs ; il fut enfermé dans le fort de Sinnamari, où il ne tarda pas à être attaqué d’une fièvre cérébrale, 11 but dans un accès de délire une bouteille de rhum, qui lui brûla les entrailles. Il mourut après une épouvantable agonie, tandis qu’on le transférait du fort à l'hôpital, le 18 nivôse an 1v (8 janvier 1796 ). 11 n’était âgé que de auarante-six ans. DurEy ( de l'Yonne }).
COLLUSION, mot dérivé de colludere, se dit de toute intelligence secrète dans les affaires, entre une ou plusieurs personnes pour tromper un tiers. Naguère, dans le jeu du gouvernement parlementaire, la collusion entre les différents pouvoirs était beaucoup plus fréquente que leur coZlision. C'est absolument la fable des deux voleurs et l'âne.
En termes de Palais, co/lusion indique l'intelligence de deux parties qui plaident en fraude d’un tiers. Tel procureur jadis recevait des deux mains, et co/ludait avec la partie adverse. On appelle collusoire tout ce qui se fait dans un procès à la faveur de cette frauduleuse intelligence : une sentence collusoire.
Dans les affairés, une contre-lettre est presque toujours un acte collusoire, ayant pour but, ou d’éluder la loi, ou de préjudicier aux droits d’un tiers. Ch. Du Rozom.
Le code pénal de différents États de l'Allemagne permet, ordonne même au juge d'instruction de décerner des mandats d'amener quand il a lieu de soupçonner l’existence de conventions col/lusoires entre des parties en cause.
COLLYRE (en grec x0))5pt0v, fait de xw?0w, empêcher, et péw, couler ). Cette dénomination irrationnelle sert à distinguer différentes préparations de pharmacie applicables aux maladies des yeux, dont la liste était aussi variée que nombreuse; elle comprenait des cataplasmes, des onguents, des poudres, des substances liquides ou vaporisées. Aujourd’hui cette liste est réduite aux seules préparations fluides qu'on administre, ou en fomentation, ou en injection, ou en bain. On les distingue en collyres simples et en collyres composés. Les premiers sont des eaux distillées, telles que celles derose, de plantain, de fenouil, d'eufraise, de bluet, etc. Elles sont signalées dans divers livres comme très-efficaces ; la dernière a même été appelée casse- Lunettes, somme pouvant dispenser de recourir à l’opticien c’est une réputation imméritée; toutes équivalent véritablement à l’eau pure, et agissent comme moyen détersif, Les décoctions de racine de guimauve, de graines delin, de pepins de coing; les infusions de feuilles de mauve, de guimañve, de fleurs de sureau et de mélilot, sont d’autres collyres simples, dont l’action est émolliente, et qui conviennent dans les inflammations récentes des yeux.
Les collyres composés ont pour véhicules ces mêmes préparations aqueuses dans lesquelles on ajoute des substances