‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 410 sur 607 · CORPUS JURIS · texte numérisé non relu

CORPUS JURIS

En admettant à priori une nature ex une tension Giecrniques et des formes primordiales dans ces corpuscules indivisibles, la sciénce a fait de nos jours de grands progrès dans les théories chimiques, physiques, et surtout dans celle de la cristallisation, et l'expérience a confirmé la valeur rationnelle de ces conceptions philosophiques, Quoiqu'il soit vrai de dire que les théories corpusculaires ou atomistiques ont été primitivement aperçues et propagées par les philosophes de la Grèce, ce n’est cependant que depuis Les grandes découvertes de la physique et de la chimie modernés qu'elles ont revêtu un caractère expérimental, et qu’elles tendent à se rapprocher de plus en plus des sciences exactes.

Dans les sciences des corps organisés, on donue le nom de globules, de granules, aux particules les plus déliées dont on peut découvrir la forme à l’aide du microscope, soit dans les tissus, soit dans le sang, le lait, etc. Dans leur état le plus rudimentaire, les végétaux et les animaux les plus grands existent sous forme corpusculaire.

En médecine, le mot corpuscule sert à désigner quelquefois, 1° les petits corps qui semblent exister, se mouvoir et voltiger devant les yeux, dans les affections cérébro-oculaires, soit {ébriles, soit apyrexiques; 2° les premiers linéaments d'une cataracte commençante. Dans ces cas pathologiques , le médecin physiologiste expérimenté doit distinguer ce qui L’est qu'une hallucination de l'illusion, et rechercher l'existence réelle des corpuscules dans les humeurs de l'œil, où l’on a même observé dans ces derniers temps des animalcules vivants. On a aussi attribué la propagation des maladies confagieuses à des corpuscules, soit animés (animalcu-

les), soit inanimés (effluves, virus). L. LAURENT. CORPUS EVANGELICORUM. Voyez Corpus CATHOLICORUM.

CORPUS JURIS. On appelle ainsi le recueil des lois romaines, tel qu'il a été fait sous le règne ct d’après les ordres de l’empereur Justinien. Il comprend quatre parties distinctes : 1° les ?’andectes ou le Digeste ; 2° les Institutes; 3° le Code; 4° les Novelles ou Authentiques.

En 530, Justinien chargea Tribonien, alors questeur du palais, et seize autres légistes, d'extraire des ouvrages des anciens jurisconsultes et de réunir par ordre de matières, sous différents titres, toutes les décisions qui pouvaient être susceptibles d'applications, en évitant toutes les répétitions et rejetant ce qui était tombé en désuétude. Cet ouvrage immense fut terminé en trois ans, et parut sous le nom de Pandectes, ie 16 décembre 533. Justinien interdit en même temps l'usage des écrits des anciens jurisconsultes, et, afin que Ja science du droit ne fût plus ni aussi diffuse ni aussi variabie, ii interdit les commentaires sur cette nouvelle compilation.

Le but qu’on s'était proposé avait été de populariser et de rendre plus facile l'étude du droit; mais en travaillant aux Pandectes ou s'aperçut que ce recueil serait trop volumineux, et l’on sentit la nécessité d’un livre plus élémentaire, Justinien arrêta donc qu’un abrégé des Pandectes serait rédigé en même temps, et il chargea de ce soin les jurisconsultes fribonien, Dorothée et Théophile, qui publièrent leur travail sous le nom d’Instilutes, le 21 novembre 533, c’est-à-dire un mois avant les Pandectes elles-mêmes, Justinien cependant ne s’en tint pas là; lesconstitutions et les édits des empereurs étaient une source importante du droit, et il voulut qu’on suivit à leur égard le même système que pour les écrits des anciens jurisconsultes. Il avait bien déjà publié, i! est vrai, à son avénement à l'empire, un recueil provisoire de constitutions; mais ce recueil avait besoin d’être complété et revu. Tribonien, Dorothée, Menna, Constantin et Jean reçurent, au commencement de 534 l’ordre de réviser l'ancien code, et de le mettre en rapport avec le Digeste el jes Institutes. Celle révision eut lieu dans l’année même, el la nouvelle édition du code fut confirmée le

16 novembre 534, sous le titre de Codex repetitæ prælectionis. .

Ainsi fut achevée dans l’espace de quatre ans cette grande entreprise, qui a eu tant d'influence sur les législations européennes. Mais pendant le long intervalle que régna encore Justinien, il donna, depuis 536 jusqu’à 559, une multitude d'ordonnances particulières, par lesquelles il changeait souvent ce qu’il avait publié. Ces ordonnances ont été ajoutées au Corpus, sous le titre de Novellæ Constitutiones. Les savants ont même inséré dans cette quatrième partie du Corpus quelques constitutions des successeurs de Justinien.

Tel est le monument qu’éleva Justinien à la science du droit, et qui rendra son nom à jamais célèbre. Peut-on faire un plus grand éloge d’une législation que de pouvoir dire que pendant des siècles elle a régné en souveraine dans tous les pays de l’Europe ; que l'Italie, la France, l'Angleterre, l'Espagne, l’Allemagne, se sont tour à tour soumises à son joug ;que l'Allemagne, même encore aujourd’hui, en fait l'objet d’études spéciales et profondes, et qu'au moment où les législations de l’Europe moderne ont voulu être natiomales, elles n’ont rien trouvé de mieux que de lui prendre ses bases, ses doctrines, et de copier servilement quelquesunes de ses parties?

Il s’est accrédité longtemps sur la destinée du droit romain une version Singulière : on a cru que pendant le moyen âge il avait entièrement disparu; que le manuscrit unique des Pandectes était resté caché à Amalfñ; qu’en 1135 les Pisans, en faisant le siége de cette ville, s'emparèrent du manuscrit, et que l’empereur Lothaire II, dont ils étaient les alliés, leur en fit présent et rendit une loi qui abrogeait le droit germanique pour le droit romain.

On sait maintenant à quoi s’en tenir sur cet épisode, grâce aux savants travaux de Savigny. Il a très-bien prouvé que le droit romain n’a pas cessé d'exister dans le moyen âge, qu’il s'est constamment associé aux lois des barbares et au christianisme, et qu'il est devenu une des bases fondamentales de notre monde moderne. Il est bien vrai qu'an douzième siècle le droit romain prit tout à coup à Bologne, sous les auspices d’Irnerius, un essor tout scientifique, et que de là il se répandit rapidement dans le monde ; mais la version qui donnait pour fondement à cette école la @écouverte subite des Pandectes est aujourd'hui tout à fait abandonnée des savants, Le Corpus Juris a eu de nombreuses éditions ; mais la meilleure est celle qu'en a donnée Beck (Leipzig, 1825-1837). Cette édition, résultat d’un travail immense, reproduit dans des variantes les différentes versions les plus accréditées; en sorte qu’elle réunit dans un même cadre toutes celles qui font autorité dans la science.

Le nom de Corpus Juris a encore été donné à d’autres recueils de lois : ainsi, indépendamment du Corpus Juris Canonici, il y un Corpus Juris Germanici, un Corpus Juris Feudalis, un Corpus Juris Germanici publici et privali medii ævi, et un Corpus Juris Militaris.

E. ne Cnapnor,

: CORPUS JURIS CANONICI. On appelle ainsi une compilation des lois de l'Église formant la base du droit canon, et faite au moyen âge à l'instar du Corpus Juris Civilis. Gratien, moine italien, de l’ordre de Saint-Benoït, entreprit, vers le milieu du douzième siècle, de rassembler et de mettre en ordre tous les canons, les décrets des conciles, qui avaient été rendus jusque là, et de concilier ceux qui semblaient contradictoires ; mais le succès ne répondit pas à ses efforts : après vingt-quatre ans de veilles et de travaux, il fit paraître son ouvrage, sous le titre de Concordantia Discordantium Canonum, immense compilation, remplie d'erreurs, de décrets apocryphes, etc. Cette collection fut dans la suite corrigée par l’ordre des papes Pie IV, Pie V, el Grégoire XNIT. Malgré ces corrections, comme elle n’est appuyée sur aucune autorité, elle n’a de poids dans la jurisprudence Qu'autant queles canons et les décrets qui y sont cités sont

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