CORPUS JURIS — CORRECTEUR
Vy reçus généralement dans l'Église. Le travail de Gratien, imparfait qu'il était, fnt pendant près d’un siècl Code ceclésiastique. Raymond de Pennaforte, par lord Grégoire IX, recueillit et distribua en cinq livres les dé. crets des conciles et des papes qui avaient paru depuis Gratien, Ce recueil, qu’il publia en 1230, sous le titre de Décrélates, passe pour le plus achevé de tous ceux du même genre. Boniface VIII, vers la fin du treizième si fit ajouter aux Décrétales un sixième livre, qui ne fut pas reçu en France, à cause des démêlés avec le pontife, maïs que l'usage fit admettre dans la suite. Une nouvelle collection, formée par Clément V, fut publiée par Jean XXII, en 1317, sous le nom de Clémentines. Quelques années après, le même pape fit paraître un recueil de ses propres constitutions, qu'il nomma ÆExtravagantes, parce qu’elles sem. blaïient errer en dehors (extra vagari ) du droit canonique. Le nom d’Extravagantes communes fut donné aux constitutions qui furent ajoutées aux précédentes jusqu’au quinzième siècle. C’est de ces collections successives, au nombre de six, que se compose le Corps dù Droit Canoniques L'abbé BANDEVILLE,
CORRECTEUR. Dans l'imprimerie, c’est celui qui litles épreuves pour marquer à la marge, avec différents signe$ de convention, les fautes que le compositeur a faites dans l’arrangement des caractères. Rien n’est si rare qu’un bon correcteur : il faut qu’il connaisse bien la langue dans laquelle l'ouvrage est composé; qu'il sache se méfier de ses lumières; qu’il entende bien l’orthographe et la ponctuation, etc.
La tâche ingrate et monotone du correcteur est d’ailleurs bien plus difficile que les ignorants ne pourraient le croire, Indépendamment d’un talent tout particulier, elle exige des connaissances aussi variées qu'étendues, une habileté consommée dans la partie technique de l’art typographique, et surtout une extrême sûreté de coup d’œil, ce qu’en termes de l’art on appelle l'œiZ fypographique, permettant d’apercevoir à la fois toutes les lettres dont un mot se compose sans perdre le sens et la suite d'idées du tout. ,
Dans les temps qui suivirent immédiatement la découverte de l'imprimerie, la correction des épreuves était faite d’ordinaire par l'éditeur lui-même; ou tont au moins, lorsqu'il n'en était pas ainsi, était-elle confiée à des savants capables et souvent célèbres. RobertÉtienne{1526-1559) et Plantin (1555-1589) avaient même recours à la publicité ; avant de mettre un livre en vente, ils en exposaïent les différentes feuilles, promettant une récompense à quiconque y signalerait une faute. Nous mentionnerons ici les correcteurs les plus célèbres d'autrefois, et nous indiquerons en même temps les officines anxquelles ils étaient attachés aïnsi que les ouvrages les plus importants à ia correction desquels ils ont donné leurs soins. Andreas, prévôt à Arles, correcteur de l'imprimerie de Schweynheim et Pannartz, à Rome; Pietro Bembo, correcteur d’Alde Manuce à Venise (l'édition M de Pétrarque de 1514) ; Christophe Berardus, correcteur de Wendelin de Spire, à Venise (l'édition du Dante de 1477 }: le célèbre helléniste Jean-Baptiste Camotins, correcteur d'Alde, à Venise (l'édition d’Aristote en 6 volumes, de 1551-1553); Petrus Castellanus, correcteur de Jean Frobenitis à Bâle; Jean-Antoine Campanus, auparavant évêque de Teramo, correcteur de l'imprimerie d'Ulr'ich Han, à Rome; Démétrius Chalcondyle, correcteur de Merlius à Florence (la pre= mière édition d'Homère, 2 vol, 1484 ); J.-B. Egnalius, correcteur d’Alde à Venise (les éditions de Lactance, 1515 ; de Suétone, 1516, etc.) ; Désiré Érasme, de Rotterdam ; Mareus Masurus, chez Alde à Venise (les éditions de Platon, 1513, d’Athénée, 1514, de Grégoire de Nartanze, 1516, ete, ) ; Jean: Œcolampade, correcteur de Cratander à Bâle; Barthélem Platina, chez Schweynheim ct Pannartz à Rome (l'édition de Flavius Josèphe, 1475) ; F. Raphelengius, chez son heau frère Christophe Plantin, à Anvers, célèbre surtout pour avoir corrigé les épreuves de la grande Biblia polyglotta; Ro:
bert Élienne, de Paris, qui corrigeait lui-même ses épreuves, ei nombreuses qu’elles fussent; Fred. Sylburg; Peter Trecius, qui corrigea, dit-on, plus de 3,000 ouvrages différents ; Adr. Turnebus, imprimeur du roi à Paris, qui corrigeait aussi lui-même tout ce qui sortait de son officine, CORRECTIF, C’est ce qui donne à une pensée, à un mot, le sens vrai qu'on y attache; ce qui explique ce qu'on
a voulu dire ou faire; ce qui modifie, corrige une chose,
une substance. Tout a son correctif. Telle expression qui pourrait paraître bizarre, exagérée , quelquefois injurieuse,
perd ces différents caractères à laide d’un correctif, d'uné
modification, d’un adoucissement, On donne à un mot, à me pensée, son sens vrai, en employant, soit un adverbe, soit une préposition, soit une épithète. Dire d’un homme : « 11 y a de la folie dans tout ce qu’il dit, » ce serait l'insulter grossièrement. Si à cette phrase vous joignez un correctif, elle n’aura plus ni aigreur ni amertume : « Il y a dans tout ce qu’il dit une aimable folie, » L'épithète aimable est ici le
correctif. Les locutions vulgairement connues sous le nom .
de correctifs sont les suivantes : En quelque façon, si j'ose m'exprimer ainsi, pour ainsi dire, s’il m'est permis d'employer cette expression, etc. Ajoutons que le correctif se trouve la plupart du temps dans le tour de la phrase, dans l'inflexion même de la voix, dans le geste, dans la physionomie d’un orateur.
On entend par correctifs, en pharmacie, certains ingrédients des médicaments composés, soit officinaux, soit magistraux, qui sont destinés à détruire les qualités nuisibles ou désagréables des autres ingrédients de la même composition, sans diminuer leurs vertus ou qualités utiles, Ainsi, au moyen de correctifs, on tempère l’activité de certains remèdes, on corrige l'odeur ou le goût de quelques autres. On fait disparaître la mauvaise odeur, en ajoutant au médicament, en forme de correctif, quelque eau, quelque esprit ou quelque poudre aromatique. On corrige le mauvais goût on par l’édulcoration ou bien en renfermant les remèdes solides sous une enveloppe sans goût, ou encore par certaine circonstance de la préparation pharmaceutique.
Édouard LEMOINE.
CORRECTION (du latin correctio, qui a pour racine regere, fait des mots reciè agere, faire, agir bien). C’est l’acte par lequel, dans diverses circonstances données, on cherche à ramener à la pureté matérielle ou morale une chose dans laquelle on aperçoit des fautes. Ainsi, on dit qu’un enfant, un esclave, un mauvais sujet a besoin de correction, lorsqu'il a fait une faute contre l’éducation, le trayail ou la morale. Le père a le pouvoir correctionnel sur ses enfants, le maître sur ceux qu’il emploie. Un poëme, un ouvrage historique ou littéraire, peut être hien pensé, bien conduit, mais il peut manquer en même temps de correction. Une pièce de théâtre est souvent reçue à correction, £’est-à-dire que, bien qu’admise par le comité, elle est rendue à l’auteur pour y faire les changements et corrections indiqués par l'administration. En matière d'imprimerie , on envoie une épreuve à l’auteur pour qu’il y fasse des corrections. Il y avait autrefois dans les chambres de comptes un bureau que l’on nommaïit la correction ; c'était celui où se tenaient les correcteurs des comptes, que l’on nomme aujourd’hui référendaires.
Correction, en termes de pharmacie, est la préparation que l’on fait subir à un médicament pour corriger ou diminuer la violence de son action.
Dans les arts, en peinture spécialement, le mot correction n’est pas synonyme de pureté. Une figure peut être correcte sans être belle. Il y a des figures de Rubens d’un dessin correct et savant, quoique les formes n’en soient pas d’un beau choix. On ne peut pas accuser d’incorrection une figure difforme : ainsi un peintre peut représenter un bossu, un boiteux, sans manquer de correction, puisqu'il a suivi correctement le modèle que lui offrait la nature et qu'il
DICT, DE LA CONVERS, — ©, Vs