‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 412 sur 607 · CORRECTEUR — CORRECTION · texte numérisé non relu

CORRECTEUR — CORRECTION

a cru nécessaire de placer dans sa composition avec cette difformité, DucuesxE ainé, En littérature, la correction marque une des qualités du style. Elle consiste dans l'observation scrupuleuse des règles de la grammaire. Un écrivain très-corrert est presque nécessairement froid : il semble du moins qu’il y ait un grand nombre d'occasions où lon n’a de la chaleur qu'aux dépens des règles minutieuses de la syntaxe; règles qu'A faut bien se garder de mépriser par cette raison, car elles sont ordinairement fondées sur une dialectique très-fine et trèssolide ; et pour un endroit qui serait gâté par leur chservation rigoureuse, et où l’auteur qui a du goût sent bien qu’il faut les négliger, il y en a mille où cette observation distingue celui qui sait écrire et penser de celui qui croit le savoir, En un mot, on ne doit pardonner à un auteur de pécher contre la correction du style que lorsqu'il y a plus à gagner qu’à perdre. La correction diffère de l'exactitude : l'exactitude tombe sur les faits et les choses; la correction sur les mots. Ce qui est écrit exactement dans une langue, rendu fidèlement, est exact dans toutes les langues. Il n’en est pas de même de ce qui est correct; l’auteur qui a écrit le plus correctement pourrait être très-incorrect traduit mot à mot de sa langue dans une autre. L’exactitude naît de la vérité, qui est une et absolue; la correction, des règles de convention et variables. Dipenor, Dans l'imprimerie, on donne le nom de correction aux changements marqués sur une épreuve, soit par le correcteur, pour rectifier les fautes échappées au compositeur, soit par l’auteur, pour modifier son livre. Après avoir levé les corrections dans un composteur en bois, le compositeur couche sa forme sur le marbre et la desserre; ensuite à opère les changements indiqués, en enlevant les lettres au moyen d’un petit instrument nommé pointe, où bien de petites pinces, ou en faisant repasser dans le composteur les lignes qui ont besoin d'être remaniées.

CORRECTION (Rhétorique), figure qui consiste à corriger ou à expliquer une expression, une pensée qu’on a déjà avancée : elle est très-propre à fixer ou à réveiller l'attention des auditeurs, comme dans cet endroit de Cicéron : « Atque hæc cives, cives inquam, si hoc nomine eos appellari fas est, qui hæc de patria sua cogitant. » Il ya une autre sorte de correction, par laquelle, loin de rétracter une pensée, on la rappelle de nouveau pour la confirmer davantage, la présenter avec plus de force et de véhémence, comme si on n’en avait pas d’abord assez dit. Telles sont ces paroles de Jésus-Christ touchant son précurseur : « Qu’êtesvous donc allés voir? Un propliète? Oui certes, je vous le dis, et plus que prophète! » Cette figure s’appelle autrement épanorthose.

CORRECTION (Droit de). Ce mot signifie le droit qu'ont le père, la mère ou le tuteur d’infliger certaines punitions, dans la limite de Ia loi, à l’enfant qui leur a

En de justes sujets de mécontentement. Ce droit de coru

rection a varié suivant les temps et suivant les lieux, ainsi que la puissance paternelle, dont il est un des aftributs. Les magistrats exercent un droit semblable Jorsque après avoir acquitté des enfants poursuivis pour crime ou délits, parce qu’ils ont agi sans discernement, ils ordonnent néanmoins qu'ils seront détenus pendant un certain temps à titre de correction.

La puissance maritale n’emporte plus aujourd’hui droit de correction, et au contraire, tous sévices, tous mauvais traitements exercés par le mari sur sa femme autorisent celle-ci à demander la séparation de corps. Sous la législation romaine, le mari avait le pouvoir d'infliger à sa femme, à titre de correction, un certain nombre de coups de fouet; seulement, s’ils étaient donnés sans juste cause, la femme avait droit, pour dommages-intérêts, àunesommeégalse au tiers de la donation que lui assurait son contrat de mariage. Mais cette décision n’était pas suivie en France, parcs

que, disait-on, bien des femmes se feraient battre pour voir augmenter leur douaire ou leur dot. Que nous sommes loin du temps où les auteurs de l'Encyclopédie écrivaient encore «que le mari devait traiter sa femme avec douceur et avec amitié ; que cependant si elle s’oubliait, il devait la corriger modérément ; qu’il pouvait même, s'il ne trouvait point d’autres remèdes, la faire renfermer dans un couvent, et si elle avait une mauvaise conduite, la faire mettre dans une maison de correction. »

Quant au droit de correction sur les esclaves, dans les pays où l’esclavage subsiste encore, la puissance publique doit considérer comme de son devoir et de son intérêt qu’il n’en soit pas fait abus.

CORRECTION (Maison de). Voyez Prisons.

CORRECTIONNELLE (Police). Voyez POLICE cor- RECTIONNELLE,

CORREGE (Awronto ALLEGRI, dit LE), était né à Correggio, ville du Modénais, en 1475 suivant quelques historiens, et selon plusieurs autres en 1494 : bien que d’après Vasari l’on ait souvent indiqué la première de ces dates, la dernière est généralement admise aujourd’hui comme reposant sur des données plus certaines. Du reste, on ne possède aucun document authentique sur l’origine d’Antonio Allegri, que chaque auteur a fait naître de parents riches ou pauvres, selon l'importance qu'il attachait à cette filiation, sans pouvoir appuyer son opinion sur des faits positifs. Mengs, en prenant un terme moyen entre ces deux versions, n’en a pas mieux résolu le problème ; mais ce qui n’est aucunement contesté ni contestable, c’est la supériorité du chef de l’école lombarde dans une partie de l’art qui ne s’enseigne pas, la gréce : chez lui, cette qualité si rare est native. Ce n’est pas dans l'étude de ses devanciers qu’il a puisé sa manière suaveet grande, c’est à la nature elle-même que le Corrége a surpris le secret de ce charme indicible, que son pinceau moelleux a fondu dans ses œuvres, et dont le caractère particulier n’a jamais été reproduit par un autre émule,

Antonio Allegri ne doit effectivement qu’à lui seul son admirable talent ; il n’est guère présumable qu'il ait eu les maîtres qu’on lui attribue, car, bien qu’à l’âge où l’artiste s’ahandonne aux inspirations de son propre génie, il tende naturellement à modifier, dans leur application , les leçons reçues, on en retrouve néanmoins des traces dans ses productions ; et certes, ni le mode de composition, ni le faire de Laurent, de François Bianchi ou d'André Mantegna, ne se révèlent dans les nombreux travaux de celui qu’on prétend avoir été leur élève, Il paraît constant, en outre, qu’Antonio Allegri n’a point quitté Parme et la Lombardie, où il a laissé de si longs souvenirs, et qu’il n’a pu conséquemment profiter, ainsi que ses rivaux, des grands ensaï gnements offerts à cette époque par les chefs-d’œnvre répandus dans Rome et dans Venise ; ce que l’on a dit comme preuve contradictoire de cette énonciation, en citant l’exclamation du Corrége à la vue d’un tableau de Raphael : Anchio, son pittore! (Et moi aussi, je suis peintre! ), ne peut s'entendre évidemment que d’un travail médiocre de Raphael mis sous les yeux du Lombard luttant contre la misère avec la conscience de ses forces, et ne pouvant admettre une si grande inégalité de position dans une condition que, sans autre donnée, il devait juger au moins égale. 11 n’y a pas le moindre doute qu’il ne se fût montré plus modeste devant les pages sublimes du Vatican, si c’eùt été à Rome même que son noble dépit se fût ainsi manifesté.

La grâce qui distingue si éminemment le pinceau du Corrége tient moins, comme dans les madones dues au crayon divin de Raphael, à la pureté harmonique des linéaments qu’à la disposition de tons harmonieux rendus plus doux encore par des demi-teintes les liant les uns aux autres; aussi, les contours des formes obtenues par cette manière ont Üs un certain vague invitant l'œil à s'associer au peintre

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