‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 418 sur 607 · CORRUPTION — CORSAIRE · texte numérisé non relu

CORRUPTION — CORSAIRE

CORSAIRE. La racine de ce mot est course. Le cor saire est le bâtiment armé en course; par extension, on donne aussi ce nom au capitaine du navire, et souvent, dans le langage ordinaire, il reçoit l’acception de forban ou pirate.

Toute puissance navale militaire n’a été à son aurort qu’une réunion de corsaires ; il faut du temps pour qu'une grande société politique s’organise, et que son gouvernement ait en main des forces suffisantes pour protéger tous les intérêts sans recourir à la coopération des particuliers, et le commerce maritime est une proie attrayante pour les esprits aventureux; la fortune, et une fortune rapide, éclatante, s’y montre toujours prête à faire oublier le péril, et la cupidité n’a jamais manqué d'excellentes raisons, basées sur ce qu’on appelle le droit naturel, pour justifier et honorer le pillage. Quand les guerres de peuple à peuple étaient acharnées, on s’est dit : « La nature donne le droit de piller celui qu’on a le droit de tuer; » etles corsaires sont devenus les auxiliaires des gouvernements; puis les mœurs se sont adoucies, la victoire n’a plus conféré au plus fort le droit de vie et de mort sur le vaincu ; la civilisation de nos jours a même été plus loin, elle a refusé le pillage à ses armées organisées ; mais la marine est restée en dehors de la civilisation moderne , et les corsaires ont été maintenus.

Chez toutes les nations, l’existence des corsaires a été reconnue légitime; on en trouve des traces chez les Tyriens , les Carthaginois, à Athènes avant que Périclès soldât une marine nationale, au Japon, dans les mers de la Chine, au milieu des pirates qui ont choisi leurs repaires sur toute la côte de la presqu'’ile du Gange, à Venise, lorsqu'elle avait à protéger son berceau contre les attaques d’ennemis jaloux de sa grandeur naïssante, Qu’était la marine en France même et en Angleterre au temps de la féodalité, alors que les rois et seigneurs suzerains étaient obligés, pour faire la guerre sur mer, d'emprunter des navires aux villes commerçantes, et des compagnies d'hommes d’armes à leurs vassayx? Le corsaire alors , sûr de l’applaudissement des princes dont il avait arboré le pavillon, exerçait la piraterie en grand ; car quel autre nom donner à cette espèce de guerre maritime qui se faisait sur les côtes de Normandie et de Bretagne à l'époque des croisades? Aujourd’hui la loi lui impose des restrictions. Tout en le protégeant, l’excitant même souvent au nom de la patrie à tenter des expéditions avantageuses, elle exige de lui de fortes garanties.

C’est à partir de la découverte du Nouveau-Monde, quand le commerce maritime eut pris un vaste accroissement, quand la navigation de l’Europe eut embrassé le monde en-

tier, que la carrière des corsaires devint grande et impor- …

fante. Le Portugal et l'Espagne n’ont eu que peu d’illustrations en ce genre, Les premiers ils possédèrent de vastes colonies , les premiers ils exploitèrent les trésors des deux Indes, Mais leurs richesses éveillèrent la cupidité des marchands de la Hollande et de la Tamise, qui guettèrent au retour les galions chargés d’or que les colonies expédiaient

particuliers dans ces excursions peu dangereuses excitèrent mille aventuriers à courir les mêmes hasards, et l’on tenta dés entreprises extravagantes : plusieurs hommes de distinction, tels que Raleigh, Drake, Candish, allèrent piller les établissements espagnols jusque dans la mer du Sud, et

enfin, quand les Français entrèrent à leur tour dans cette nouvelle carrière des combats, on vit pulluler sur toutes

les côtes de l'Amérique des corsaires et des pirates, qui fi-

nirent par former un établissement dans l'ile de la Tortue, n

sur la côte septentrionale de Saint-Domingue, et prirent le nom de flibustiers. Le principe qui poussa ces hommes sur les colonies des Espagnes était le même qui avait donné le Nouveau-Monde aux rois de Castille et de Léon; les cruautés que les premiers conquérants avaient exercées sur les Indiens furent vengées par de sanglantes represailles.

| dans la Péninsule ; les fortunes colossales que firent quelques …

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